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CHAPITRE XXI

MOTEURS EOLIENS

E DU ¥EIVT

— L*einploi de la force du vent semble remonter en Orient à une haute antiquité. On croit qu'il a été rapporté en Europe par les croisés à la fin du onzième siècle (*). Celte application se recommande par son caractère entièrement gratuit. Mais elle se refuse malheureusement, dans nos climats, à tout régime régulier. Les chômages y durent environ deux fois plus de temps que la marche utile.

Un moyen assez simple d'uniformiser cette action, quand on opère sur une échelle un peu importante, consiste à employer les moulins à vent pour élever de l'eau, comprimer de l'air, ou développer de l'électricité (*). On dépense ensuite à volonté ces nouveaux agents moteurs, soit sur place, soit après un transport à une certaine distance, au moyen de récepteurs appropriés f). Cnc telle superposition de deux fonctionnements ne saurait, il est vrai, être considérée comme économique; mais cette objection perd

(') Le Dictionnaire des origines signale une convention de l'année H05, monlionnant certains moulins Turquois mus par le vent (Tissandier. La Nature^ 20 janvier 1880}.

(*) Emploi des moulins à vent pour la génération de l'électricité. Lumière électrique, t. XXiV, p. 445; t. XXVH, p. 396.

(') On a même élevé, de cette manière, du sable fin qu'on laissait ensuite cmkr sur une roue à palettes {Annales industrielles, 1884, t. I, p. 614).

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beaucoup de sa Vc'ileur dans le cas actuel, où la puissance disponible est complètement gratuite, 11 existe d'ailleurs de nombreuses applications, telles que des épuisements, par exemple, qui comportent sans inconvénient une assez grande irrégularité- En Hollande, on en a entrepris de gigantesques dans ces conditions. Aux Klats-Unis, les moulins à vent se comptent par centaines de mille.

Non seulement la vitesse du vent change très souvent de valeur, mais sa direction est également très variable. Ce n'est pas ici le lieu d'indiquer les lois générales que la météorologie a su y reconnaître, en ce qui concerne les alizés, la rotation des vents, etc. Elles auraient peu d'intérêt pour la question. Il suffit de dire que l'appareil doit pouvoir s'orienter dans le vent; soit à la main, soit par l'action de girouettes, ou d'organes plus perfectionnés que nous ferons connaître.

La vitesse du vent est ordinairement plongeante, et forme avec l'horizon un angle de 8 à 15 degrés. Aussi l'axe des anciens moulins à vent est-il lui-môme incliné de cette manière. Cependant cette opinion a été contestée ; et les appareils plus modernes s'installent autour d'un axe horizontal. Les auteurs qui partagent cette dernière manière de voir, attribuent la pratique constante des anciens constructeurs à l'utilité de faire émerger la roue, dans sa partie inférieure, hors de la proue fluide stagnante qui se forme en avant (le la tour, lorsque le vent vient se fendre au-devant de cet obstacle, pour passer d'un coté et de l'autre. Un arbre horizontal placerait la rotation dans un plan vertical tangent au cylindre; et les ailes recevraient alors des alternatives d'action très fâcheuses de la part du courant aérien, quand elles viendraient s'y replonger à chaque tour, en sortant de la masse stagnante. Les nouveaux appareils à axe horizontal sont montés, non plus sur des tours massives, mais sur de simples mâts qui ne créent plus, comme ces dernières, un obstacle pour le fleuve atmosphérique.

350 — Quant à la force du vent, on la mesure d'après le nombre de kilogrammes que supporte une surface plane d'un mètre carré, opposée perpendiculairement à sa direction ('). Elle est

;*j M. Fines vient d'imaginer un manomètre à maxima, destine ù fournir une mesui'e

directemenl fonction de la vitesse du courant, que nous désignerons constamment par u. Il existe des dénominations un peu vagues, mais graduées cependant d'après un usage assez constant, qui servent à désigner la croissance de cette rapidité. Le tableau suivant (*) présente, en regard de la vitesse exprimée en mètres par secondes, la pi^ession du vent par mètre carré, comptée en kilogrammes.

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