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CHAPITRE XXXVIII

ADMISSION — ËTRANCLEHENT

649 — Généralités. — Les deux chapitres qui précèdent sont relatifs à la théorie géométrique de la distribution par tiroir unique. Nous consacrerons celui-ci à la théorie dynamique du Tonctionnement de la vapeur. Nous étendrons d'ailleurs cette étude à des types de distribution à peu près quelconques, de manière à n'avoir plus à y revenir par la suite à l'occasion de chacun d'eux.

La marche d'une machine à double effet comporte deux points de vue distincts. On peut en premier lieu s'attacher constamment à une môme face du piston, en considérant successivement dans la double course qui correspond à une révolution de l'arbre, la course directe ou motrice^ et la course rétrograde ou résistante^ lesquelles se trouvent placées dans des conditions complètement différentes l'une de l'autre.

On peut également embrasser à la fois par la pensée l'ensemble des phénomènes qui s'accomplissent simultanément sur Tune et l'autre face du piston; et alors toutes les courses simples, quel que soit leur sens, seront identiques entre elles.

Si nous adoptons comme plus analytique la première manière de voir, nous aurons à distinguer dans chacune des deux courses

128 MACULNES A VAPEUR.

simples iroh phases successives; soil un total de six périodes pour la course double :

f AumSSIO.N PROPREMENT DITE,

Course directe. . . | Détente,

Echappement anticipé ;

i Echappement proprement dit, ^ Course rétrograde ; Compression,

Admission anticipée.

Les fondions fondamentales accomplies par la vapeur se réduisent d'ailleurs à quatre :

Admission, Détente, Echappement, l Compression.

Seulement dçux d entre elles sont centrales, et se terminent dans une môme course simple : à savoir la détente dans le sens direct, et la compression en sens rétrograde. Les deux autres sont chevauchantes et réparties, bien que d'une manière inégale, sur les deux trajets opposés. L'admission se développe pour la plus grande partie de sa durée dans la course directe, après avoir commencé vers la fin de la course rétrograde. L'échappement se place au contraire pour sa partie prépondérante dans la contre-course, tout en prenant naissance vers la fin de la première.

Atlachons-nous successivement à l'étude de chacune de ces six périodes.

B50 — Influence du laminage. — On admet souvent à première vue que la phase de pleine pression s'effectue sous la tension même qui règne dans la chaudière. Cependant un tel résultat est impossible en rigueur. Nous savons en effet que tout écoiilement d'un fluide d'une enceinte dans une autre à travers certains passages :

orifice, valve (*), tuyauterie (*), suppose nécessairement une pression supérieure en amont, inférieure en aval. La différence, appelée peiie de charge, varie d'ailleurs avec la nature géométrique des communications, et les conditions thermiques offertes à Técoulement. Ce phénomène porte les noms iiélranglemeniy étirage, laminage de la vapeur. 11 présente une grande importance, et je crois utile d'y insister avec quelque développement.

II semble que, puisque Ton a fait le nécessaire pour produire une certaine pression dans le générateur, au prix d'une suffisante solidité de cet organe en ce qui concerne la dépense de premier établissement, et d'un déboursé quotidien pour le combustible, la perte qu'elle subit avant d'attaquer le piston doive être considérée comme un inconvénient pur et simple. Telle était en effet autrefois la manière de voir unanimement admise, et tous les efforts étaient dirigés en vue de diminuer ce résultat. On peut ajouter que c'est encore l'opinion dominante, mais qu'il est cependant nécessaire de la tempérer par certaines atténuations (').

651 — On ne faisait pas, dans l'origine, assez attention à ce que si le travail transmis au piston a diminué par le fait de l'abaissement de la pression, la consommation de vapeur, et par suite celle du combustible, se trouvent réduites d'une manière corrélalive. En effet, pour chaque lourde l'arbre, le volume engendré sous Tin-

(*) Voy. p. 56, nolcl.

{*) Pour déterminer cette dernière, on emploie à Indret la formule :

a = 0,055 AV ;

qui fait connaître la section a qu'il convient de donner à la conduite de yapeur, en fonction de celle A du piston et de la vitesse V de ce dernier. Si l'on admettait conmie pour un liquide l'équation de continuité :

av = AV,

cette formule coiTespondrait à une vitesse de 28" ,57 pour l'écoulement de la vapeur dans le tuyau. Quand la conduite doit dessei'vir à la fois plusieurs cylindres, on n'ajoute pas intégralement toutes les aires distinctes fournies par ce calcul, car les manivelles sont ordinairement croisées, et le maximum du débit n'est pas atteint simultanément par tous les pistons (Widmann. Étude de la conttruction des machines marine», p. 22).

('; Pasquier. Élude des machines à vapeur, Louvain. 1885, p. 00.

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