MACHINES ROTATIVES
846 — Généralités. — Nous venons de voir que l'idée de communiquer au cylindre un mouvement d'oscillation a permis la suppression de la bielle. Les constructeurs ont poursuivi, dans la même voie, une simplification du mécanisme plus radicale encore, qui a donné lieu à l'invention des machines rotatives (^).
(') Indépendamment des machines rotatives que nous avons décrites ici, je mentionnerai encore ]es suivantes :
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L'enceinte dans laquelle se produit le travail y présente encore la forme d'un cylindre de révolution. Mais les conditions du fonc-. tionnement y sont totalement changées. Tandis qu'à l'ordinaire cette surface est engendrée par la translation d'un piston circulaire parallèlement à lui-même, elle l'est maintenant par la rotation d'un piston rectangulaire autour d'un de ses côtés (*). Les avantages
p^ 445. — Eve. — Fbdeuer. Scientific American^ 9 août 1890, p. 82. — Fletciieh Reuleaux. Cinémalique, p. 590. — La France — Gallowat. — Galt Cazalat. Armengaud. Traité de» moteur» à vapeur, t. II, p. 108. — Geis«. Propagation indu»trielle, t. V, p. 132. — GoTTAGB. Ibidem, t. III, p. 246. — Graff. — Grat (Armengaud. Traité de» moteur» à vapeur, t. II, p. 162. — Schweiieri»che pot^techni»che Zeitêchrift, t. 1, 1856, p. 140). — Hall. Propagation industrielle, t. lY, p. 340. — Hallt. Thurston. Histoire de la machine à vapeur. Traduction de Uirscb, t. II, p. 143. — Harrix6to!i. Electrical Review, 3 janvier 1885, p. 3. — Hrena'v. — IIice Lecuat. Génie induetriel^ t. XXXII, p. 27. — IloDsoR. La Nature, iuiWei 1882, p. 117. — Holt el Kmnet. Scientific American f 4 octobra 1890, p. 210. — IIudsoiv. Revue industrielle, 1881, p. 00. — Jbhser. — Kaulback. — KiBHL Metbr et Graxt. The electrical World, 12 avril 1890, p. 255. — Kingdon. Scientific American Supplément, 11 septembre 1886, p. 8906. — Kxebel. — KnsTER. Reuleaux. Cinématique, p. 409. — Laeb. — Lamb. Repertory of Patent Invention», 1845, p. 98. — LariviArb et Braitrwaitb. Reuleaux. Cinématique, p. 409. — Lbitcb. The univereal Engineer, 19 juin 1886, p. 226. — Martih (Buchetti. Les machine» à vapeur actuelle», p. 158. — Hirsch. La mécanique à VExponition de 1878, p. 268. — La Lumière électrique, 1884, p. 255). — Massât. — Mehat. — Mirart. Mémoire» de la Société d* émulation du Doutfs, 1889. — Molard (Tresca. Bulletin de la Société d'encouragefnent, t. XIX, p. 49. — Reuleaux. Cinématique, p. 406. — Jury international de l'Exposition de 1868, t. IX, p. 82). — Mostrichard, Machine à piston captant (Armengaud. Publication indu»trielle, t. XXXII. — Portefeuille économique des madiin«s, janvier 1890). — Nubdocx. — Mtbrs. — Napibr. Reuleaux. Cinématique, p. 376. — OuviKR. Les Mandes, t. XXXYIII, p. 13. — Ortlibb. London Journal of art», 4857, t. VI, p. 9. — PIrou. Armengaud. Traité de» moteur» à vapeur, t. H, p. 165. — Pbtau. — PisicnBECE (The Engineer, 25 décembre 1885, p. 487. — Scientific American Supplément, 4 octobre 1884, p. 7296). — Srriis Balian (Tresca. Annales du Con»erva' toire, janvier 1865. — Génie induetriel, t. XXIX, p. 205). — Shaft. Scientific American 15 février 1886. — Simpson et Sbiptuh. London Journal of art», 1850, p. 207. — Smtth. Practieal meehanical Journal, t. XVII, p. 261. — Shevelt. Scientific American, 12 mai 1888, p. 290. — Stocber. Bayerische» ïndu»trie und Gewerbeblatt, 1872, p. 167. — SvDLOw. — Svtalwbl. — Tavbrdon. Hirsch. La mécanique à VExpo»iiion de 1878, p. 267. — Tbomas Jesoprbt. — Thompson. Machine différentielle (Le» Monde», t. XIV, p. 759. — Armengaud. Le» progrès de Vindustrie, 1. 1, pi. 13). — Ublbr. Armengaud, Traité des moteurs à vapeur, t. II, p. 163. — Vilant. Bulletin des arts et de Vindustrie, novembre 1884, p. 972. — V?att. InvetUion» of WaU, — West (Buchetti. Us machine» à vapeur actuelle», p. 137. — Engineering, 0 juillet 1875, p. 28). — Whitlbt. Buchetti. Les machines à vapeur actuelles, p. 137. — Wittt. Severvi» Abhandlungen, 1826, p. 62. — Wood. Bataille ei Julien. Machines à vapeur, t. I, p. 447. — WooDcocK. Reuleaux. Cinématique, p. 396. — Yulb (Bataille et Julien. Machines à vapeur, t. I, p. 449. — Reuleaux. Cinématique, p. 375. — Berliner Verhandlungen, 1839, p. 233. ^ Génie induetriel, t. XXXY, p. 82). (*) M. de Polignac a proposé, sous le nom de pislon^pendule, une machine qui reste
i20 MACHINES A VAPEUR.
que Ton peut espérer de celle transformation sont nombreux et importants.
En premier lieu, le mécanisme se trouve tellement réduit qu'il s'est pour ainsi dire évanoui. Il ne subsiste plus que Tarbre tournant, et le piston lui-même, directement monté sur cet axe qui traverse les deux fonds du cylindre dans des colliers élanches. La tige, la bielle, la manivelle ont disparu.
On évite donc les effets refroidissants produits dans les conditions ordinaires par la sortie et la rentrée alternative de cette tige, ainsi que les condensations correspondantes.
On atténue les vibrations, bien plus accusées avec le mouvement de va-et-vient que pour une rotation continue.
On supprime les points morts, et les inconvénients qu'ils entraînent au point de vue du démarrage. En effet, le point mort résulte ordinairement de la superposition en ligne droite de la tige, de la bielle et de la manivelle, qui sont absentes toutes les trois de la nouvelle combinaison.
Le système est, de lui-même, complètement équilibré, lorsqu'il se trouve établi autour d'un axe vertical.
On obtient, pendant la pleine pression, une constance absolue du moment moteur; et sa valeur ne se modifie que par la détente et l'échappement, ce qui est inévitable dans n'importe quel système. Avec les machines ordinaires, au contraire, il s'adjoint aux variations de la force celles du bras de levier, qui croît à partir de zéro jusqu'à un maximun égal au rayon de la manivelle.
Les machines rotatives sont essentiellement à simple effet, et peuvent, à ce titre, prétendre aux avantages que nous avons reconnus à cette donnée (n** 837). Elles permettent, en raison de leur grande vitesse, de concentrer une grande puissance sous un faible volume.
comme celles des moteurs ordinaires, à mouvement alternatif, mais dont le piston est animé d'un déplacement circulaire autour d'un axe fixe. Il est difficile d'apercevoir les avantages de cette complication, avec laquelle on perd les qualités des machines rotatives, tout en introduisant dans le type habituel des difficultés spéciales d'exécution. (Armengaud. Traité des moteurs à vapeur ^ t. H, p. 598). — Une machine analogue est due à H. Deyraud (Reuleaux. Cinématique^ p. 397. <— Berliner Verhandlungen, 1872, p. 248].
847 — Il est regrettable qu'un aussi remarquable programme ait été jusqu'ici à peu près frappé de stérilité par des défauts, en apparence accessoires, tels que l'action des parois, les fuites et les frottements. Ou bien les machines perdent, ou les frottements deviennent trop intenses, quand on veut, par le serrage, assurer Tétanchéité (*).
En réalité quelques rotatives ont eu leur moment d'engouement; mais on les a vues à peu près toutes disparaître successivement de la pratique. Il n'en est pas moins fort intéressant d'étudier ici ce sujet, qui reste à l'ordre du jour auprès de nombreux chercheurs, et qui a donné lieu à certaines combinaisons cinématiques extrêmement ingénieuses (').
848 — Machine Pecqueur. — L'une des plus simples parmi les machines rotatives, et l'une de celles qui ont eu le plus de succès, est le moteur Pecqueur ('). On pratique dans la paroi du cylindre deux logements diamétralement opposés (fig. 520). Des cloisons peuvent y rentrer, quand elles se trouvent refoulées par le passage du piston; mais des ressorts placés au fond de ces cavités les repoussent ensuite à l'extérieur. II y en a donc toujours au moins une au contact de l'arbre, lors de l'arrivée du piston dans leur plan; et toutes les deux s'y appuient à la fois, en dehors de cet instant précis.
La capacité du cylindre se trouve d'après cela partagée par les cloisons en deux hémicycles. L'un de ces derniers est à son tour divisé par le piston en deux compartiments : deux conduits pénètrent suivant l'axe de rotation, et se coudent pour déboucher en a et b. L'un d'eux établit la relation avec la chaudière, l'autre avec
('} On en a eu parfois des exemples frappants. A l'Exposition de Philadelphie, quelques expériences effectuées sur diverses rotatives ont montré que la meilleure d'entre elles consommait 45 kilogrammes de vapeur par cheval-heure, et la plus mauvaise 180. On peut assurément en appeler de pareils chiffres, en faveur de certains types ; mais aucun cependant n'a encore réussi & conquérir une place durable dans l'industrie.
(*) M. Rouleaux, dans sa Cinémaiique (Traduction Debize, cliex Savy, 1877), a donné une classification de ces mécanismes, dont il a décrit un grand nombre d'exemples.
C) Armengaud. Traité de» moiurê à vapeur, t. II, p. 158. — Bulletin de la Société d encouragement, t. XXXIX.
réchappcmeiit. L'une des chambres se trouve donc pleine de vapeur et la seconde vide. Dès lors la pression différentielle pousse le piston. Quand il approche du plan médiant, il refoule la cloison, et le conduit d'évacuation pénètre dans l'autre hémicycle, qui était resté jusque-là plein de vapeur. Le vide s'y produit au-devant du piston, et le conduit d'alimentation continue à y fournir le fluide à l'arrière de cet organe.
La détente s'obtient à l'aide d'une soupape qui coupe la vapeur
Fig. 5S0. — Machine rotative Pecqucur (coupe transversale).
avant son entrée dans le tourillon. On peut la faire varier en conduisant cette soupape à l'aide d'un manchon à bosses (n^ 805). Le renversement de la marche est réalisé au moyen d'un commutateur, qui échange entre les deux conduits acib les fonctions de l'admission et de l'échappement.
849 — Machine Behrens. — Le moteur Behrens (*) est également un de ceux qui ont eu le plus de vogue. Il est destiné à faire marcher des pompes rotatives. Les deux appareils, hydraulique et à vapeur, sont montés sur les mômes arbres, que l'on place bout à bout dans deux enceintes distinctes et presque contiguês. L'intervalle qui les sépare est occupé par un train de roues dentées égales entre elles, qui assurent aux deux axes des vitesses angulaires iden-
(') Ledicu (La machine Behrern et la êtabilité des machinée marine*. — La machine rotative américaine Behrens, in-4*).
tiques et de sens contraires. La figure 521 représente une coupe transversale de la machine motrice pour une première position des roues à vapeur, et les figures simplifiées 522 à 525 nous les montrent dans quatre phases subséquentes de la même demi-révolution.
L'enceinte en question se compose de deux cylindres mordant l'un sur l'autre, mais réduits, comme espace engendré par le mouvement des pistons, à des couronnes circulaires, en raison de la présence de noyaux intérieurs. Ceux-ci sont eux-mêmes échancrés en forme de plat à barbe, pour permettre les mouvements respectifs. Des conduits fixes A et B établissent la communication avec la chaudière et avec le condenseur, suivant le sens marqué par les flèches.
Les deux roues s'évitent mutuellement dans leurs rotations opposées. A chaque instant, l'une d*elles est motrice, subissant sur une de ses faces la tension du générateur, et sur l'autre celle de l'échappement. Pendant ce temps la seconde est équilibrée, ayant ses deux faces à la même pression : soit celle de la chaudière, soit celle du condenseur. Mais les rôles s'échangent alternativement, d'une demi-révolution à la suivante. La communication établie par les roues dentées transmet d'ailleurs d'une manière incessante l'efTort moteur. Aussi ce changement périodique de fonctions exige-t-il dans les engrenages une grande précision, pour éviter les à-coups.
850 — Sur la figure 521, la roue M^N^ est motrice, subissant en Mj la pression de la chaudière, et en N, celle de l'échappement; V^Q^ est équilibrée par la libre communication de ses deux faces avec le générateur.
Le piston M,N, (fig. 522) continue à être moteur, et P,Q, à être équilibré, avec cette différence toutefois que, depuis que P a dépassé l'angle de A, la communication n'existe plus avec le générateur, mais la vapeur confinée entre P, et Q, continue à exercer des efforts égaux entre eux.
Sur la figure 523, M,N, est toujours moleur et P^Q, équilibré, mais dans des conditions encore difl'érentes. Depuis que Q a dépassé l'angle de B, l'échappement s'est produit, et c'est la
434 HACDINES A VAPEUR.
tension du condenseur qui s'exerce également sur P, et sur Q,.
La roue M,N, (fig. 524) continue à être motrice, par la libre communication de M, avec la chaudière, et l'emprisonnement, sur la face N,, d'une atmosphère raréfiée à la pression du condenseur, depuis que N a dépassé l'angle de l'échancrure du noyau central inférieur.
Sur la figure 525, les rôles sont dorénavant intervertis. L'organe P,0, est devenu moteur, depuis que Q a échappé l'angle de l'éclian-
Fir. SSl. — Machine rotative Behrens (coupo Imuienale).
crure du noyau central supérieur. Cette face subit maintenant en effet la pression du générateur, tandis que P, continue h être en relation avec le condenseur. Au contraire M^N, est maintenant équilibré, depuis le même instant qui a mis ses deux faces en communication l'une avec l'autre.
A partir de ce moment, une phase identique à la précédente se développe, sauf cette interversion, durant la seconde demi-révolution, jusqu'à ce que les deux roues, reprennent respeclivemenl, pendant le tour suivant, les mêmes fonctions.
DISPOSITIFS GÊNÉHAUX. 425
851 — Machine Fielding et Platt. — La rotative de Fielding (')
fonnlionne dans le système compound. Sa distribution se fait à
t'aide de robinets. Elle est fondée sur le principe du joint univer-
Fig.Selse. — Kaebine
(coupci Iransrerules).
tel ('). Le croisillon de ce joint (lig. 526) est formé par l'ensemble de quatre pistons, et ses bras par leurs cylindres circulaires. Les
(■j Bicbard. La Lumière iUeIrique, 25 juillet 1885, p. 166. — Senncdf. TA« meehant'ei of MackintTf, p. SIS- — Engineering, juillet 1S85. — Tht Engiuefr, jiniier 1885. (') Hllon de )t Goupillitre. Traité da méeanitmei, p. SOS.
436 HACUINES A VAPEUR.
deux arbres comprennent un angle de 157 degrés, ce qui entraîne
pour la Iransmtssion une irrégularité d'environ 15 7*- Tous les organes sont enveloppés dans une chambre cylindrique.
TIIKBINES A VAPEUK
85S — Généralités. — Au milieu des transfoimations radicales à travers lesquelles nous venons de suivre la machine à vapeur, nous avons vu s'évanouir successivement la bielle, la tige et la manivelle. Le piston subsistait seul. Dans les turbines à vapeur il disparait à son tour ('). Bien entendu il n'en faut pas moins, pour
(■) D'aulres lenutlves ont ûté faites i diverses époques pour II suppression du piston, mais aucune n'est devenue industrielle. On peut citer notammeat les sui-
Biuici. Roue ù ctioc (Delaunaj. Court élémentaire de mécanique, 1851, p. 61Ù).
BouKouy. Hacliinc i tube manomëtrique nciil>le (Ualon de la Goupillière. AtataU» det minea. juillet-août 1879, p. 1G3].
RicGE. l'cndule t vapeur d'alcool {Bulletin de la Société d" encouragement, 3* a^ie, L V, p. W).
Bill, l'ulsomèlre (llaton de la Goupillière. Couri d'exploitation dei minet, t. Il, p. 3Sfl]. — Cet engin, dans lequel aucun piston solide ne refoit l'action d« I
recueillir le travail, qu*il subsiste dans le syslème quelque surface mobile contre laquelle la vapeur vienne exercer son action. Mais c'est actuellement Tenceinle elle-même qui vienl jouer ici ce rôle. Elle est autant cylindre que piston; ou, pour mieux dii*e, il n'y a plus ici ni l'un ni l'aulre, et le fonctionnement de l'ancien moteur à pression se trouve définitivement dénaturé. Il a cédé la place à la machine à réaction. C'est la même différence que celle qui sépare, dans le domaine de l'hydraulique, la machine à colonne d'eau (*) de la turbine (*).
Il a sufC pour cela de revenir à deux mille ans en arrière, et de remonter à la première tentative que l'histoire ait enregistrée pour l'utilisation de la force de la vapeur. Je veux parler de l'éolypile de Héron d'Alexandrie ('), dont l'invention est restée sans imitateurs pendant ce long intervalle, et à juste titre, car il fallait, pour la rendre industrielle, tout à la fois la perfection de l'outillage actuel et le besoin des énormes vitesses destinées à la commande directe des dynamos.
Nous avons vu en effet (*) que des pressions notables produisent pour la vapeur des vitesses d'écoulement gigantesques; et d'un autre côté (^) que, pour utiliser convenablement la force vive du fluide qui circule dans une turbine, il faut communiquer à celle-ci des vitesses du môme ordre. Celte propriété des turbines à vapeur constitue pour la pratique leur véritable raison d'ôtre (').
vapeur, rend de bons services, bien qu'il soit peu économique, mais uniquement pour un objet spécial : l'élévation de l'eau.
(«) Voy. t. I, p. 3H.
(*) Voy, t. I, p. 280.
(') Héron d'Alexandrie. Let Pneumatiques. Traduction de A. de Rochas. Bulletin de la Société de etatittique^ det êciencea naturelle» et des arts industriels de V Isère ^ 5* série, t. XI, 1882. — Ilaton de la Goupilliére (Bulletin des sociétés savantes, t. IV, p. 158. — Revue des cours scientifiques^ 27 juin iH06, p. 144). — Thurston. Histoire de la machine à vapeur. Traduction de llirscb, t. I, p. 4.
(*) Voy. t. I, p. 805.
(■) Voy. t. I, p. 305, équation 106. Cette formule ne peut d'ailleurs être prise ici que comme un simple aperçu. La théorie des turi>ines hydrauliques ne saurait en cfTct convenir au cas de la vapeur, en raison de la dilatation que subit cette dernière, par opposition & l'incompressibilité de l'eau.
(^ Indépendamment des turbines i vapeur que nous avons décrites ici, je mentionnerai encore les suivantes : Allaibb et Gautiiibr. Bulletin technologique de la Société des anciens Élèves des Écoles d'arts et métiers^ octobre 1890. — AvEnsEMO. Journal
Le mouvement continu de ces appareils présente en outre l'avantage de ne donner aucune prise aux condensations si nuisibles, qui sont dues essentiellement au mouvement alternatif des moteurs ordinaires (n* 589). On réalise également la constance absolue du moment moteur ; l'action exercée toujours dans le même sens ; la suppression de lespace nuisible; et celle du laminage, les passages restant perpétuellement ouverts en grand.
On peut reprocher à ce système la délicatesse des organes; l'énormité des forces centrifuges, qui croissent plus rapidement avec la vitesse qu'avec le rayon; des consommations élevées; enfin la difficulté d'appliquer à leur fonctionnement l'emploi du condenseur. Les grandes vitesses du fluide déterminent contre les parois des frottements intenses ; toutefois Ténergie disparue se transforme, au moins en partie, en calorique, qui tend à contrebalancer le refroidissement par l'air extérieur.
853 — Turbine Dumoulin. — La turbine Dumoulin (*) est formée d'une enveloppe calée sur l'arbre mobile (fig. 527), et divisée en quatre secteurs par les conduits d'admission et d'échappement. Dans chacun d'eux, la vapeur passe successivement du disque fixe à la couronne de l'enveloppe mobile, pour revenir de celle-ci au disque par de nouveaux passages. Elle parvient à l'échappement après avoir épuisé son action en huit impulsions successives sur les aubes de la couronne, et s'y être détendue presque jusqu'à la pression atmosphérique.
854 — Turbo-moteur Parsons. — L'attention est surtout fixée en ce moment sur la turbine à vapeur de Parsons (*), que construisent les ateliers Weyher et Richemond (Gg. 528).
des MineSy 1878, p. 261. — Burdin. — Girard. — William Gormax. Rankine. Manuel de la machine à vapeur. Traduction Richard, p. 565. — Ikvrat. La Lumière électrique^ i*' juillet 1885. — Last. — Rutwbeh. — Tourxaire (Dictionnaire des arts et manufactures, 1877. — Râteau. Compte rendu mensuel des séances de la Société de Vinduslrie minérale de Saint^Étienne, 1800, p. 30).
(') GuslaTC Richai*d. La Lumiire électrique, 6 janvier 1883, p. 27; 3 avril 1886, p. 15.
(*) Sauvage. Annales des mines, 8* série, t. XVU, p, 530. — Limousin. Bulletin de la Société d'encouragement, 10 janvier 1800. — Râteau. Compte rendu mensuel des
DISPOSITIFS GÉNËRâUX. 430
Cette machine est au fond à expansions successives très multi-
Fig. BZ7. — Turbine 1 va|>eur DuiDDolin (coupe).
pliécs, car la vapeur y traverse des capacités de plus en plus
Fig. SIS. — Turba-mateur Paraonj |vac perspective),
grandes, de manière à y accomplir sa détente. Le moteur et ta dy-
t&aneei de la Société dt lindiutrte iniaémU de Saiiil-Êtienne, 1800, p. SO, 73. — U. Ridurd. La Lumière éltctriqat, IS lodt 1S84; S5 avril, 8 mai, juin ISKSi 19 juin
Fig. 529. — Turbo-moteur (figure schématique) .
430 MACIirNES A VAPEUR.
namo qu'il conduit reposent sur le même bâti. L'appareil consiste en une centaine de disques fixes et autant de couronnes mobiles intercalées, formés chacun d'aubes ou de contre-aubes, et parcourus de proche en proche par le fluide. Celui-ci est lancé par les contre-aubes fixes sur les aubes mobiles, après quoi il rentre dans une nouvelle couronne directrice. Cette série de disques est montée sur l'arbre moteur à Tinlérieur d'un long cylindre horizontal.
On a soin de diviser dès l'origine le courant de vapeur en deux ramifications distinctes, qui agissent respectivement sur des turbines disposées dans des P sens inverses (fig. 529 ) . De cette manière, on équilibre les efforts sur l'arbre, en le laissant libre sous Faction de son poids, qui seul contribue à déterminer la valeur du frottement.
En sortant par de larges conduits de chaque couple de disques, après l'échange d'énergie dû au principe des roues à réaction, la vapeur se trouve à peu près dépouillée de sa vitesse, en raison de la décroissance très graduée de la pression à travers ces cent couples. Elle reprend un élan nouveau en passant par des buses étroites, pour agir sur la roue suivante. Toutefois ces alternatives se succèdent avec la plus grande rapidité. Un cinquantième de seconde suffit au fluide pour traverser l'appareil dans toute sa longueur. L'allure est couramment de iOOOO tours par minute. On Va poussée parfois à 20000, et l'on a cité des essais de 30000(*) révolutions.
Pour réaliser de telles vitesses, il était évidemment nécessaire d'apporter des soins minutieux au centrage des pièces, et de les
1886; 0 mars 1880; 17 janyier 1801. — Hirsch. La mécanique générale à rExpasUUm de 1880. Conférence, p. 434. — Portefeuille économique des machines, 3* série, t. Xf?, p. 54. — Bulletin de la Société internationale des électriciens, décembre 1888. — Loukine. La Lumière électriqiie, t. XXXVI, p. 524, 576. ~ Électricité russe, 1800, n* 7. — Institution of mechanical Engineers, octobre 1888. — Engineering, l*' mai 188's p. 440; 1888, t. U, p. 478.— Zcitschrift des Vereines Deutscher Ingénieurs, 1880, p. 606. (*) On les mesure d'après la tonalité du son émis, ou à l'aide du compteur Deschiens;
équilibrer exactement afin d'éviter des battements destructeurs. La construction des coussinets a exigé des artifices spéciaux (fig. 530). L'arbre tourne dans une douille en bronze doux, qui n'est liée au bâti d'une manière invariable que sur une très faible longueur, à savoir l'épaisseur d'une première bague en ncier. D'autres bagues se succèdent, au nombi'edc28, sur 1,0 à 1,5 millimètres d'épaisseur. Un ressort en comprime l'ensemble, et permet plus ou moins d'élasticité. Ce coussinet sert d'intermédiaire entre l'arbre et la douille en bronze adhérente au bâti. Les frottements de ces bagues entre elles servent à éteindre les chocs et les vibrations, lis sont
(coupo longitudinale).
adoucis par la présence d'un bain d'huile permanent, qui est incessamment renouvelé sous l'influence d'une petite vis d'Archimède. La consommation du lubrifiant dans ces conditions n'est que le tiers de celle d'une machine ordinaire. Un régulateur analogue h celui de Larivière (n* 807) sert k garantir contre les afTollements de l'allure.
Indépendamment de la réalisation des plus grandes vitesses connues, et des avantages généraux qui correspondent au principe des turbines (n" 852), on attend du lurbo-moteur Parsons une puissance élevée sous un faible volume; beaucoup de légèreté ('); la diminution du frottement, si ingénieusement équilibré; la sup-
0 Une turbine Wejher et »■ djniino, sufllainte pour 350 limpea de 16 bougies, tiennent d«iu un pirallâlépipide de 3- ,30 sur 0-,45 et 0-,W. EUe pè«e MO kilogrammet.
pression du danger, tous les organes étant enfermés et mis dans l'impossibilité de saisir un ouvrier. La consommation a pu déjà être abaissée de 30 à 15 kilogrammes de vapeur par chevalheure.
— Turbine Dow. — Une nouvelle turbine a été présentée par M. Dow (^). Ce constructeur adopte le type centrifuge, substitué au principe parallèle f ) . Il attend de ce dispositif plus d*efficacité. Il annonce une vitesse de 2 000 tours, ou d'environ 150 mètres par seconde à la circonférence.
856 — Moteur-bouteille Siemens. — A côté de la brillante réalisation industrielle que présente la turbine Parsons, nous donnerons ici un souvenir à une conception originale qui avait été présentée par Siemens à l'Exposition universelle de Vienne, beaucoup moins sans doute en vue de l'exploitation effective de ce moteur, que pour fixer l'attention sur des vues fort justes relatives à l'adiabaticité. Cette machine-bouteille C), ainsi nommée à cause de sa forme extérieure, constitue au fond une turbine à vapeur, dont la trajectoire est continue au lieu d'être morcelée, et gauche au lieu d'être plane.
L'auteur s'était attaché essentiellement à réaliser, sur tout le trajet qu'accomplit la vapeur à travers la machine, un équilibre de température aussi parfait que possible entre elle et la paroi; afin de réagir contre les pertes considérables qui sont dues, dans les moteurs ordinaires, aux effets de contact. Il en avait cherché naturellement la solution dans la substitution du régime permanent à l'allure alternative qui caractérise les moteurs à piston, et même les machines rotatives.
En outre, il supprimait les pertes de chaleur emportées au
{') Sauvage. Annales des mine*, 8* série, t. XVII, p. 532. — Râteau. Compte rendu mensuel des séances de la Société de l'industrie minérale de Saint-Élienne, 1800, p. 74. — The Engineer, 14 mars 1800. — Rail Road Gazette, 24 juin 1800.
(*) Voy. 1. 1, p. 280. — Tout récemment H. Parsons a établi son appareil dans le type centripète.
(') Revue industrielle, 4 février 1874, p. 0. — Revue universelle des mines et de la métallurgie, t. XXXV, p. 1.
dehors par Teau que l'on rcjcUc après son fonctionnement; et, [>our cela, il enfermait ce liquide une fois pour toutes dans l'appareil, à l'intiirieur duquel une provision, toujours la même, accomplissait indéfiniment un cycle fermée On introduit cette oaii par un orifice. On la porte à l'ébullition pour chasser l'air, on bouche l'ouverture, et le liquide se trouve dès lors confiné dans l'appareil poury exécuter son évolution.
Le moteur se compose d'une enveloppe en tôle A (fig. 551), inclinée à l'horizon, et susceptible de tourner sur un axe B qui lui est assemblé à ses deux extrémités, mais sans se prolonger dans l'intérieur. Cet espace est occupé par un organe hélicoïdal C, dont le
pas est croissant du bas veis le haut. Le noyau axial est vide, et d'un diamètre qui croit proportionnellement à celui de la bouteille, dont il lorme environ le quart. A la partie supérieure, cethélicoîde communique avec un serpentin D, destiné à présenter une grande surface de contact avec l'air extérieur.
L'eau se rassemble par son poids à la base de ce système, qui est préservé par une enveloppe réfraclaire, et soumis à l'action d'un foyer. La vapeur se forme, s'élève en agissant sur l'hélicoïde, dont elle détermine la rotation, et en subissant progressivement une détente prononcée, d'après l'amplification du volume des spires. Klle s'engage dans le serpentin, s'y condense, et reprend la forme
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d'eau liquide, laquelle, remonlée par la rotation jusqu'au goulot d*après le sens des spires, redescend de là au pied de la bouteille. En raison de la continuité, le Système tend vers un état stable de températures, aussi rapproché que possible de Taccord cherché entre celles du fluide et de la paroi.