‹ Cours de machinesChapitre 76 sur 77 · CHAPITRE LU · texte numérisé non relu

CHAPITRE LU

FROTTEHEIVT DANS liES HACHINEft

918 — Les lois du frottement sont classiques; et bien que, sur quelques points^ elles semblent appeler une revision, ce n'est pas ici le lieu d'en reprendre l'étude (*). Il s'attache au contraire un réel intérêt à faire connaître dans ce Cours quelques essais de synthèse de l'influence des résistances passives pour l'ensemble d'une machine en mouvement.

De Pambour avait admis, d'ailleurs sans preuves, que l'expression de la perte de travail doit être la somme d'une constante (à laquelle il donnait le nom de frottement à vide), et d'un terme proportionnel à la pression (appelé par lui frottement en charge), qu'il fixait à 14 7o du travail développé.

Ce principe a été longtemps accepté sans contrôle. Tout au plus s'élevait-il quelque discussion sur la valeur numérique du coefficient. M. Zeuner, tout en se rattachant à ce point de vue, en a modifié la forme (*). Il ajoute à une constante un second terme proportionnel au travail disponible, et non au travail effectif.

M. Delafond a soumis ces énoncés à la sanction de Texpérimën-

(*) Hhton delà Goupilliére. Tratiédes mécanismes, p. 351. — Bochet. Du frottement de glissement. Annales des Mines, 5* série, t. XIII, p. 175. — Goodmann. Association des Ingénieurs de Manehesler^ 1890.

0 Zeuner. Théorie mécanique de la chaleur. Traduction Arnihal et Cazin, p. 499.

tation, dans ses essais effectués sur une machine Corliss du Creu* sot (*). Ses expériences lui ont montré que le travail effectif (*) T, et le travail indiqué (') T, étaient reliés par Téquation linéaire :

T. = ATr— B,

Il ajoute que cette formule n'est qu'approximative, et que les coef» ficients A et B varient avec la pression ; la relation paraissant perdre sa forme linéaire pour les faibles puissances.

Le professeur Thurston (*) a été conduit par une étude très approfondie aux énoncés les plus inattendus. La grande autorité du nom de l'auteur doit appeler sur ces résultats l'attention des praticiens. Toutefois une rupture aussi caractérisée avec les idées reçues provoquera peut-être des discussions et de nouvelles expé^ riences.

D'après M. Thurston, avec une bonne lubrification, le frottement de la machine reste sensiblement constant et indépendant de la charge. En d'autres termes, le coefficient de frottement des substances en contact, au lieu de rester invariable, irait en décroissant quand la force transmise augmente. L'effet nuisible parait d'ailleurs s'accroître avec la vitesse.

919 ~ Indépendamment du résultat total, M. Thurston a étudié

[*) Annales des Mines, septembre-octobre, 1884, § X.

(*j Travail disponible sur l'arbre du moteur.

(') Travail de la vapeur mesuré à l'indicateur dans le cylindre.

(*) Thurston (On Ihe distribution of intcraal friction of Engines. Journal of Franklin InsiUule, décembre 1886, novembre 1888. — On variables load internai friction and engine speed and work. Scieniific American Supplément, 27 octobre, 5 novembre 1888. — Friction and lost work in machinery and mill work, New-York, 1883. — New déterminations of the coefficients» etc. Journal of Franklin Insiitute, novembre 1871, p. 289. — Engineering, t. XLYII, p. 48, 68. — Génie civil, 1«' mars 1800. — Revue universelle des mines et de la métallurgie, 1889, t. lY, p. 218). — Gustave Richard^ Jievue industrielle, 1890, p. 50, 04, 84. 108, 129, 149, 168. — Deprez. Comptes rendus de V Académie des Sciences, 1884, 2* semestre. — Général Pétroff. Élude tliéorique et expérimentale sur le frottement médiat. Revue générale des chemins de fer, mai 1888, p. 280. — Expériences du capitaine Douglas Galton sur les variations du coefficient de frottement. Ibidem, septembre 1878, février 1879. — Meeting de P Association britannique, 16 août 1878). — Meeting de V Institution des Ingénieurs mécaniciens, 25 avril 1878.

la répartition des effets résistants entre les principaux organes des machines. 11 a dressé à cet égard le tableau suivant, qu'il serait désirable de voir étendre de nouveau ; car les types y sont encore peu nombreux, et les variations sont notables de Tun à l'autre, ce qui est du reste très naturel.

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