‹ Cours de magnétisme animalChapitre 18 sur 44 · JOLI · texte numérisé non relu

JOLI

Je vais vous lire la partie du rapport de lAcadémie de médecine qui les contient. « C’est principalement sur M. Petit, âge de 32 ans, instituteur à Athis, que les mouvemens convulsifs ont été déterminés avec le plus de précision par approche des doigts du magnétiseur. M. Dupotet le présenta à la commission le 18 août 1826, en lui annonçant que ce M. Petit, était très-susceptible d'entrer en somnambulisme , et que dans cet état, lui, M. Dupotet, pouvait à sa volonté, et sans l'exprimer par la parole, par le seul approche de ses doigts, déterminer dans les parties que la commission aurait indiquées par écrit, des mouvemens convulsifs apparens. Il fut endormi très-promptement; et c’est alors que la commission, pour prévenir tout soupçon d’intelligence, remit à M. Dupotet, une note redigée en silence à l'instant même, et dans laquelle elle avait indiqué par écrit les parties qu’elle désirait qui entrassent en convulsion. Muni de cette instrucuion, il dirigea d’abord la main vers le poignet droit qui entra en convulsion; il se plaça ensuite derrière le magnétisé et dirigea son doigt en premier lieu vers la cuisse gauche;puis, vers le coude gauche, et enfin vers la tête. Ces trois par-

ües furent presque qu'aussitôt prises de mouve -

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mens convulsifs. M. Dupoiet dirigea sa jambe gauche vers celle du magnétisé, celui-ci s’agitade manière à ce qu’il fut sur le point de tomber. M. Dupotet dirigea ensuite son pied vers le coude droit de M. Petit, et ce coude droit s’agita ; puis il porta son pied vers le coude et la main gauche, et des mouvemens convulsifs très-forts se développèrent dans tous les membres su périeurs. Un des commissaires, M. Marc, dans l'intention de prévenir davantage encore toute espèce de su- | percherie, lui mit un bandeau sur les yeux, et les expériences précédentes furent répétées avec une légéredifférence dans lerésultat!..MM.Thillay et Marc dirigèrentles doigts sur diverses parties du corps, et provoquerent quelques mouvemens convulsifs; ainsi M. Petit a toujours eu par l'approche des doigts, des mouvemens convulsifs, soit qu’il ait eu ou qu’il n’ait pas eu un bandeau sur les yeux , et ces mouvemens ont été plus marqués quand on a dirigé vers les parties soumises aux expériences , une tige métallique ne fut-elle qu’une clef ou une branche de lunette. »

Je magnétisai il y a quelque temps un personnage distingué dans la société, il éprouvait des effets très-sensibles de mon action magnétique, le somnambulisme se déclara au bout de quelques

jours de traitement; je convoquais encore des membres de PAcadémie pour leur faire constater quelques phénomènes physiques que j'avais remarqués, ils commencèrent par s'assurer de l’état du pouls du malade, puis je le magnéetisai devant eux, bientôt il fat en somnambulisme:

Je dirigeai alors mes mains sur son cerveau, à plusieurs pouces de distance, et nous vimes Île cuir chevelu et les oreilles agités de mouvemens convulsifs , tandis que les muscles de la face étaient dans une immobilité complete.

Le pouls remarqué fit appercevoir un changement sensible dans sa fréquence. Le procésverbal des faits a été signé par toutes les personnes présentes.

Je dois vous donner connaissance, ici, d’une autre expérience également faite devant les membres de la commission chargée de l'examen du magnétisme et sur l’un des commissaires;voici ce que dit le rapport : «. Une action magnétique » prononcée a été observée sur un membre de » la commission, M. Itard, magnétisé par M. Du- » potet, le 27 octobre 1827; il a éprouvé de Pap- ») pesantissement sans sommeil, un agacement

» prononcé des nerfs de la face, des mouvemens

> convulsifs dans Îles ailes du nez, dans les mus-

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cles de la face ét des mâchoires, un afflux dans la bouche d’une salive d’un goût métallique, sensation analogue à celle qu’il avait éprouvée par le galvanisme. Les deux premieres séances ont provoqué une céphalalgie qui a duré plusieurs heures, et en même temps les douleurs hahituelles ont beaucoup diminué. »

Aprés ce fait, le rapporteur ajoute : « Ce n’est point sur des hommes de notre âge, et comme nous toujours en garde contre les erreurs de notre esprit et de nos sens, que l'imagination, telle que nous l’envisagcons ici, a de la prise : elle est, à cette époque de la vie, éclairée par Ja raison, et dégagée de ces prestiges qui séduisent si facilement la jeunesse, c’est à cet âge qu’elle se tient en éveil et que la défiance, plutôt que la confiance, préside aux diverses Opérations de notre esprit. Ces circonstances se sont heureusement rencontrées chez notre collègue, et l'Académie le connaît trop bien pour ne pas admettre que ce qu'il dit avoir

éprouvé, il ne lait réellement éprouvé, etc. »

. Vous est-il possible d'admettre dans tous ces

faits, que je pourrais multiplier à l'infini, les

causes adoptées* par nos adversaires ? non, au-

cune d'elles ne saurait leurêtre applicable. Ils on1

menti à la science ; ils ont écrit sur des choses qu'ils avaient peu vues ou mal observées; et, par Jeurs fausses connaissances ou leur incurie volontaire, ils ont retardé les progrès importans que le magnétisme eut pu faire. S'ils eussent été animés de moins de préventions , et d’une bonne foi plus entière , peut-être cette science serait aujourd’hui l’une des découvertes les plus utiles à l’humanité. Les faits sont plus forts que tous les raisonnemens. N’a-t-on pas argumenté contre la rotondite de la terre et contre les faits les mieux établis aujourd’hui ? Vous savez qu’on écrivit que, s'il ÿ avait des antipodes, ils auraient nécessairement la tête en bas, ce qui semblait le comble de la déraison ; on sait à quoi s’en tenir aujourd’hui sur ces assertions.

Je vais vous citer encore quelques faits dégagés de toutes les circonstances qui pourraient paraite douteuses, afin de ne laisser dans votre esprit aucune incertitude , et de vous convaincre que si nous adoptons l’existence d’un moteur particulier, comme cause des effets magnétiques, notre croyance est fondée sur des faits scrupuleusement observés.

4 novembre 1820.— Expérience de l'Hôtel-

Dicu.

Nous étions tous rendus dans la salle ordinaire de nos séances, la malade exceptée ; M. Husson, méde cin de cet hospice, me dit : Vous endormez la malade sans la toucher et cela très-promptement. Je voudrais que vous essayassiez d'obtenir le sommeil sans qu’elle vous vit et sans qu’elle fut prévenue de votre arrivée ici. Je répondis que garantissais pas le succès de cette expérience, parce que

je voulais bien essayer, mais que je ne

l’action à distance , à travers des corps intermédiaires , dépendait de la susceptibilité particu- Bière de individu. |

Nous convinmes d’un signal que je pourrais entendre. M. Husson qui tenait alors des ciseaux à la main, choisit le moment où ils les jetterait sur la table. On n'offrit d'entrer dans un cabinet séparé de la pièce par une forte cloison, et dont la porte fermait solidement à clef. Je ne balançai pas à m'yenfermer, ne voulant éluder nulle difficulté et ne laisser aucun doute aux hommes de bonne foi ni aucun prétexte à la malveillance. = On fit venir la malade, on la plaça le dos tourné à lendroit qui me recelait: et à trois ou quatre pieds environ. On s’étonna avec elle de ce que je n'étais pas encore venu. On conclut

de ce retard que je ne viendrais peut-être pas:

que c'était mal à moi de me faire ainsi attendre, enfin on donna à mon absence prétendue, toutes les apparences de la vérité.

Au signal convenu, quoique je ne susse pas où et à quelle distance était placée Ml, Samson. Je commençais à magnétiser, en observant le plus profond silence, et évitant de faire le moindre . mouvement qui put l’avertir de ma présence. Il était alors neuf heures trente-cinq minutes: trois minutes après elle était endormie, et dès le commencement de la direction de ma volonté agissante, on vit la malade se frotter les yeux, éprouver les symptômes du sommeil, et finir par tomber dans son somnambulisme ordinaire.

Je répétai cette expérience le sept novembre suivant, devant M. le professeur Recamier.

Celui-ci prit toutes les précautions possibles et le résultat fut en tout conforme à notre premier essal.

Voici les détails de cette expérience :

« Lors de mon arrivée, à neuf heures et un quart, dans le lieu de nos séances, M. Husson vint me prévenir que M. Recamier désirerait être présent et me voir endormir la malade à iravers la cloison. Je m’empressai de consentir à

ce qu'un témoin aussi recommandable fut admis

sur le champ. M. Recamier entra et m’entretint en particulier de sa conviction touchant les phénomènes magnétiques. Nous convinmes d’unsignal; je passai dans le cabinet ou l’on m’enferma. On fait venir la demoiselle Samson ; M. Recamier la place à plus de six pieds de distance du cabinet, ce que je ne savais pas, et y tournant le dos. Il cause avec elle et la trouve mieux;on dit que je ne viendrais pas; elle veut absolument se retirer.

» Au moment où M. Recamier lui demande st elle disère la viande (c'était le mot du signal convenu entre M. Recamier et moi) je commence de la magnétiser ; il est neuf heures trentedeux minutes, trois minutes après, M. Recamier la touche, lui lève les paupières, la secoue par les mains, la questionne, la pince, et nous acquérons la preuve qu’elle est complètement endormie.

Mais ce n’était pas assez de ces deux faits pour admettre un phénomène aussi étrange; nous voulümes encore multiplier Îles expériences en les variant, en changeant les heures et les circonstances accoutumées.

Voici ce que nous fimes.

Je me rendis,un soir, accompagné de M. Husson et autres médecins, dans la salle où était la malade. L’on me fit mettre à plusieurs lits dé

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distance, en observant le plus grand silence de manicre à ce que je ne pusse être vu. Je magnétisai la malade à sept heures huit minutes : à sept heures douze minutes nous nous approchons tous, einous nous assurons que le sommeil et Pinsensibilité qui le caractérisait habituellement existent au plus haut dégré.

Il est inutile de dire que le jour d’expérimentation avait été choisi par le médecin en chef et non par moi; qu’on s'était assuré, avant l'expérience, que la malade ne dormait point, et enfin que mon action avait été dirigée à vingt pieds de distance environ.

Messieurs, pour détruire toute espèce d’incerlitude sur le résultat de cette action prodigieuse, voici ce que nous fimes ou plutôt ce qu’on m'’ordonna de faire.

M. Bertrand, docteur médecin de la faculté de Paris, avait assisté aux séances. Il ÿ avait dit qu il ne trouvait pas extroradinaire que la magnétisée s’endormit, le magnétiseur étant placé dans le cabinet, qu’il croyait que le concours particulier des mêmes circonstances environnantes aménerait sans ma présence, un semblable résultat; que du reste la malade pouvait y

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