‹ Cours de magnétisme animalChapitre 17 sur 44 · ES · texte numérisé non relu

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sions, car je suis loin de croire que l'on puisse agir ainsi, sans faire courir de grands dangers aux patients. Avant la fin de mes leçons, vous verrez, Messieurs, que mes appréhension: n'etaient que trop fondées.

Voilà donc un phénoméne bien constant pour un grand nombre de personnes, il est certain que beaucoup de somnambules perdent avec leur état naturel, leur sensibilité, et la faculté de percevoir physiquement ce qui intéresse leur or ganisalion.

Je vaismaintenant vous démontrer qu'ilest aussi impossible de les faire entendre que de les faire sentir.

Voici de nouvelles preuves de ces phénomènes.

Tous les moyens avaient été employés à lHôtel- Dieu pour faire entendre une somnambule, un bruit aigu et inslanlané ne put rien produire; on pouvait impunément injurier la somnambule, l’insulter, sans que la plus petite émotion se fit apercevoir sur les traits de la malade, et cette malade était une jeune fille de dix-sept ans de la plus grande timidité.

Écoutez le rapport des témoins. (Page 20 d’une brochure qui a été publiée en 1021).

« Catherine Samson endormie au bout de quin-

Se

ze minutes, plusieurs des spectateurs, essaient de se faire entendre de la somnambule, en criant fortement dans ses oreilles, collectivement ou séparément. On frappe à grands coups de poing sur des meubles, on n'obtient aucun signe d’audition.

7 septembre. » La somnambule endormie en trois minutes, M.Récamier luilèveles paupières; la secoue fortement, la prend par les mains frappesur les meubles, pince cinq fois lamalade; la soulève de son siége et la laisse retomber, on n’aperçoit aucun changement, et rien qui puisse faire croire que la malade a entendu ou senti. Le magnétiseur lui parle, elle entend; M. Récamier entrecoupe de ses questions les demandes du magnétiseur, la somnambule reste muette pour lui.

10 novembre. » La malade endormie en une minute, on lui passe aussitôt des barbes de plume sur les lèvres et surles ailes du nez, elle ne sent rien, on lui dit alors, qu’elle s’amuse à tromper, que cette conduite est indigne, qu’elle joue la comédie, et qu’on va la mettre à la porte : on contrefait la voix du magnétseur on ne peutobtenir deréponse,aucune

altération ne se fait remarquer dans ses traits.

10 novembre au soir. « La malade est ma- » gnétisée dans son lit. Au bout de quelques ». minutes elle est endormie, et on la laisse toute » la nuit en somnambulisme, les personnes char-- » gées de la surveiller pendant son sommeil, » remarquent qu’elle n’exécute pas un mouve- » ment, on lui chatouille la plante des pieds, on » lui tire et arrache des cheveux, maison ne re- » marque rien d'apparent. »

Tous ces faits, Messieurs ont été examinés avec la plus scrupuleuse attention et si vous en doutiez, M. Husson, Bricheteau, Delens et une foule de médecins, pourraient les certifier au besoin. J'ai au reste leur témoignage écrit. Les procèsverbaux rédigés par eux-mêmes, ont été déposés chez un notaire à Paris, M. Dubois, l’expédition en a été insérée dans une brochure qui a reçu la plus grande publicité. Au surplus, jamais aucun désaveu n’est venu contester l'authenticité de ces faits.

Je connue :

Voulez-vous de nouvelles preuves de Pextineon de la sensibilité, en voici une que je tre d’unelettre qui m’a été adressée, il y a quelques années, par un de nos jeunes professeurs les plus

distingués, non moins versé dans Pétude des phe-

7 PE nomèênes physiques, que dans les sciences métaphysiques , M. Bouillet, professeur de philosopie au collége de Ssinte-Barbe.

Il rend compte des observations qu'il avait faites, sur une malade somnambule. Sa lettre est du mois de septembre 1823, je l'ai aussi publiée.

« Plusieurs personnes {dit M. Bouillet) n'ayant » manifesté le désir d’être témoins de quelques » phénomènes magnétiques, je fis venir chez moi » la somnambule, après avoir réuni plus de vingt » personnes. Ce fut à peu près une répétition des » séances les plus orageuses de l'Hôtel-Dieu ; on » employa tous les moyens de se faire entendre » delle ou de l’empêcher de m’entendre, on là » tourmenta de mille maniéres, sans vaincre son » insensibilité, un jeune homme, M. Alexandre » Bautier, présent à cette séance , voulant faire » une expérience décisive, s'était muni, sans m’en » prévenir, d’un pistolet, et lui tira à l’oreille, » au moment où personne ne s’y attendait ; tous » les assistans, surpris de cette détonation inat- » tendue, tressaillirent, plusieurs dames pous- » sérent des cris d’effroi; pour notre somnam- » bule, elle continua paisiblement une phrase » qu'elie n’adressait, sans se douter de rien.

Cependant le coup avait été tiré de si près ,

LA

Nr » que le bonnet ct la collerette de la pauvre » fille avaient été brülés, et qu’il lui étaient en- » trés dans le cou un grand nombre de grains » de poudre; au réveil, la sensibilité ayant été » rendue aux parties quien avaient été momen- » tanément privées, elle éprouva dans le cou de » vives douleurs qui lui durèrent plus de quinze » jours, et découvrit bientôt, avec indignation » l’état où on lavait mise à mon grand regret. »

Vous le voyez, messieurs, ce n’est plus sur un fait isolé, que vous avez à porter votre attention, mais sur un grand nombre, présentant tous les mêmes caractères. |

On a répandu le bruit qu’il n’y avait que les personnes placées dans une position malheureuse, qui fussent susceptibles de létat somnambulique. C’est une erreur grave, si ce n'est une imposture manifeste. Les lois de la nature ne font acception de personne. Le magnétisme a produit le somnambulisme chez des individus qui par leur caraclère et leur mérite ne le cédaient en rien à des hommes dont on vante aujourd’hui les rares capacités. Dans cet état, véritables automates, ils n'avaient de volonté que celle qu’on leur imprimail; de sentimens que ce qu’on leur en ac-

oné—

cordait. Rien ne les affectait que leur mag

üseur, alors devenu pour eux un centre vers lequel toutes leurs facultés allaient aboutir.

Écoutez encore un témoignage non équivoque,

recueilli pendant les débats de la question du magnétisme, il est de M. Husson, alors président de l’Académie de médecine.

M. Husson , dans son discours , disait à cette

savanté société : « On est parvenu pendant ce

singulier état (le somnambulisme), à paralyser, à fermer entièrement les sens aux impressions extérieures, à ce point qu’un flacon contenant plusieurs onces d’ammoniaque concentré, était tenu sous le nez pendant cinq, dix, quinze mInutes, ou plus, sans produire le moindre effet, sans empêcher aucunement la respiration, sans même provoquer l’éternuement; à ce point que la peau était également d’une insensibilité complète, lorsqu’on la pinçait de manière à la faire devenir noire; bien plus, elle était absolument insensible à la brûlure du moxa, à la vive irritation, déterminée par l’eau chaude très-chargée de moutarde : brülure etirritation qui étaient vivement sénlies et extrêmement douloureuses lorsque la peau reprenait sa sen-

sibilité normale. »

mn 2 N Sens

Je pense que ces preuves doivent suffire, parce qu’elles sont toutes données par des personnes dont les lumières sont généralement connues.

Il sera donc prouvé qu’on peut modifier d’une maniere trés-sensible, lorganisation d’un individu, en face duquel on exécute certains gestes, avec une intention particulière.

J'abandonne, ici, pour un instant, tous les autres phénomènes du magnétisme, pour ne m’attacher qu’à ceux-ci: des individus magnétisés ont éprouvé des effets physiques tellement prononcés, que les lois de la vie qui veillaient à leur conservaiion ont été atteintes et changées ; il y à eu, pour un instant, perturbation d’un grand nombre de fonctions et dans cette tour mente du corps et de l'esprit est apparue une vie physique et morale toute particulière. Que cet état soit du somnambulisme, de l’extase, de la catalepsie, cela ne diminue en rien le merveilleux des phénomenes

Quelle est donc la cause de ces effets si extraordinaires? nous allons commencer l'examen de cette grande question, et tâcher d’en rendre la solution facile.

Nous espérons faire pénétrer dans votre esprit la conviction que nousavons acquise, nous som-

Apt

mes certains que les effets produits par la magnétisation sont tous dûs à lémission d’un agent que vous nommerez comme vous le voudrez:

que ce soit l’arche de Yanhelmont, le principe vital de Barthez , le fluide ht reble le fluide magnétique , etc., les faits qui prouvent une influence directe des étres vivans, indépendamment des agens physiques, se sont accumulés et l’on a donné le nom de magnétisme animal à la cause qui les produit.

Feu nous importe le nom qu’on à choisi:

quant à présent, il s’agit de prouver seulement que les explications des antagonistes du magnétisme sont sans fondement.

Développons les hypothèses de nos adversaires:

» Les effets prétendus magnétiques sont dus à

quatre causes : l'imagination, la chaleur ani. » male, l’éréthisme de la peau, et limitation. »

Veuillez me suivre, messieurs, etexaminer avec moi, si les magnétiseurs qui adoptent un agent particulier sont dans l’erreur, ou, si elle n’est pas tout entière du côté de leurs antagonistes.

Reconnaissons d’abord que ces derniers ont pour eux les rapports des anciens commissaires que nous vous avons déjà relatés, disons que ces

rapports doivent inspirer quelque confiance, et

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ajoutons qu'ils ont encore pour eux, de très beaux raisonnemens, nous, messieurs, nous avons simplement les faits, et nous allons les faire parler.

Nous commençons par convie, que limagination, la chaleur animale, limitation, etc., produisent des effets dans certains cas, que ces effets sont mêmes incontestables.

Mhis nous ajoutons, ensuite, que le maoné-

S iisme peut agir, sans qu’ aucune (le ces causes puisse intervenir et expliquer suffisamment les effets qu’il produit.

Voici les motifs de notre croyance. L'action magnétique peut s’exercer de plusieurs manières: quelques magnétiseurs, touchent leurs malades, leur prennent les pouces, les frictionnent, d’autres, au contraire, se contentent de diriger simplement leurs mains en face de l'individu qu’ils magnétisent, d’autres enfin, ne font que les regarder, et penser à eux; tous, cependant, malsré des méthodes si différentes, obtiennent Ja production des mêmes phénomènes.

Maintenant , examinons si ce sont les causes que nous avons spécifiées qui agissent on si ce n’est pas plutôt notre agent. ;

Voyons d’abord la chaleur animale. Mais pour

que celte cause agisse, il faut que lon touche le malade, et nous venons de nous convaincre que cela n’était nullement nécessaire et que lon pouvait agir à plusieurs pas de distance.

Ilen est de même pourl'éréthisme de la peau : pour agir sur cette partie il faut encore la toucher, la frotter ; et les procédés qui enseignaient cette méthode ont cessé d’être employés sans que les effets magnétiques aient disparu.

L'imitation, Cette cause peut agir dans une assemblée, lorsque vous magnétisez plusieurs personnes ensemble; mais, si dans le silence et le recueillement, seul avec votre magnétisé, vous obtenez des effets plus marqués qu’en publie, vous devez encore récuser limitation.

J'arrive à l’imagination, l'argument favori de ceux qui n'ont jamais approfondi la question et qui ont examiné aucun fait.

Je pourrais leur demander d’abord ce qu’ils entendent par imagination, peut-être seraient-ils fort embarrassés de nous donner de ce mot une définition rigoureuse , mais nous voulons leur épargner cet embarras.

Pour agir avec, ou par l'imagination, comme on voudra, pou importe, il faut que l'individu sur

lequel vous voulez agir, soit instruit des effets

Ter 6 ere

que lon compte lni faire éprouver, qu'il soit prévenu que vous avez une grande puissance, il faut qu'il sache que vous pouvez agir sur lui, par des causes occultes, ou bien, que vous lui imposiez,soit par votreattitude, vos regards, etc.;certainementavec chacune de ces circonstances, vous pouvez parvenir à ébranler son imagination. Mais sinous prouvons que l’action que nous exerçons est d'autant plus forte que l'individu sait moins que nous agissons sur lui, si nous établissons par des faits certains, positifs, qu'un individu magnétisé à son insu, même à travers d’épaisses cloisons est sensible au magnétisme ; si nous voyons les enfans en bas age , et les animaux dont l’organisation se rapproche le plus de {a nôtre, éprouver des modifications dans leur état, lorsqu’ils sont soumis à la magnétisation, il faut bien admettre que l'imagination ne peut-être regardée comme cause déterminante de ces phénomênes, et d’ailleurs ce que l'imagination a fait, l'imagination peut le détruire, et jamais les effets magnétiques ne cessent que par la volonté du magnétiseur.

Pour achever de dissiper vos doutes à ce sujet, nous disons que de nombreuses expériences

faites par nous sur des individus dormant du

MO —sommeil naturel, nous ont fourni des preuves suffisantes pour nous faire penser que cette disposition, toute passive, était la plus favorable, pour le développement le plus prompt des effets magnétiques.

Pour réfuter tous les argumens de nos adversaires, je ne suis qu'embarrassé du choix des preuves; je me bornerai néanmoins à vous citer des faits scrupuleusement vérifiés, des faits reproduits souvent dans mes expériences. Je laisse de côté les guérisons bien attestées d’une foule de maladies que imagination ne guérit point et n’a jamais pu guérir.

Écoutez d’abord la lecture d’une déclaration que j'ai faite et signée; cette déclaration est entre les mains de la commission chargée de vérifier les faits magnétiques,et, quoiq'uelle soit trés-importante, celte commission ne Ma jamais SOmMmé de la justifier par des faits, ce qui peut faire présumer qu’elle n’a pas besoin de cette nouvelle preuve pour être convaincue du magnétisme.

J'ai déclaré que les individus dormant du sommeil naturel étaient tres-sensibles au magnétisme et que cet agent produirait sureux des effets physiques, semblables à ceux produits par jes autres agens de la nature, le galvanisme, par exemple,

OP avec cette différence, cependant, que le contact n'etait nullement nécessaire.

Si j'ai bien observé, dites-moi, messieurs, où trouverez-vous dans ces faits d’action à distance sur des gens passifs et qui ne peuvent savoir que vous agissez sur eux,dites-moi où vous trouvez la moindre preuve en faveur des causes précitées; si vous n’adoptez l'hypothèse d’un agent, tout vous manque pour donner une explication raisonnable des phénomènes ainsi obtenus.

Mais puisque cette découverte dernière n’a pas été généralement vérifiée par ceux qui se sont occupé de magnétisme, je dois la laisser de côté et vous citer des faits qui aient reçu la sanction de quelques savans.

J'avais assuré à beaucoup de membres de l'Académie de médecine que je possédais un som nambule doué d’une telle mobilité qu’il sentait mon approche ou mon éloignement, et que placé à douze ou quinre pas de lui, je pourrais, quand je le voudrais, et sans qu'il en fut prévenu, lui donner des convulsions. Vous pensez bien qu’il avait été convenu que les observateurs prendraient toutes les précautions qu'ils Jugeraient convenables pour que les expériences fussent

conciuantes et que la bonne foi du somnambule

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et la mienne ne pussent être mises en doute.

Aussi, dès que celui-ci fut arrivé à Académie de médecine, on me pria, de Pendormir; on commença alors à lui tamponner la cavité des yeux avec des gants,puis on lui mit plusieurs bandeaux autour de la tête, et ces bandeaux couvraient parfaitement toute la face; pour plus de sûreté, on résolut de ne pas proférer une seule parole et de faire par écrit les propositions d'expériences, je me soumis à tout : les expériences commencerent. —Eh bien, messieurs ! à toutes les injonctions je répondis en accomplissant les faits dont, par écrit, l’on m'avait demandé la production.

Pour prouver que dans cette circonstance, il n’y avait pas en moi plus de sorcellerie que dans les examinateurs, je mis ceux-ci à même de produire des phénomènes analogues en agissant mentalement comme je venais de le faire, et ils y réussirent complètement.

Après plusieurs heures d'essais, je réveillai le somnambule dont le système nerveux était violemment agacé par les excitations nombreuses produites par ce genre d’expérimentation. Ces faits ont été attestés de la manière la plus formelle par MM. Husson, Marque Tillay, Fouquier, Guenau de Mussy, etc.

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