‹ Cours de magnétisme animalChapitre 20 sur 44 · JI · texte numérisé non relu

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le coup électrique, et la combustion change entiérement tous les rapports des corps avec les fluides expansifs, tels que leurs facultés conductrices , leurs capacités , etc. Ainsi, pour étudier la nature du fluide magnétique, on ne pouvait pas se dispenser d'exposer les corps magné-. tisés à différens degrés de température et à la combustion méme.

On a donc fondu la cire, le colophane, le soufre, et l’étain magnetisés, et après les avoir versés dans des forines cylindriques semblables à celles qu'ils avaient eues d’abord, on éprouva leur effet sur le somnambule ; il n’indiqua aucune différence dans l'effet avant et apres cette opération, il s'endormit aussitôt qu'il les eut pris dans ses mains.

. Une baguette de fer magnetisée fut mise dans le feu et rougte. Toute rouge elle fut jetée dans une tasse avec de l’eau et présentée au jeune homme par la même personne qui avait fait l’opération. Il s’endormit aussitôt qu’il l’eut dans ses mains. ;

Une grande feuille de papier entorüllée et magnétisée fut brülee sur une assiette de faïence. Le charbon et les cendres qui étaient restées sur

l'assiette , furent présentées au somnambule , qui

en prit autant qu'il put avec sa main et s’endormit en peu de momens.

On fit plusieurs contre-épreuves avec des ob-

jets qui étaient journellement entre les mains de tout le monde. On les lui mit sur les cuisses et dans les mains, mais il n’en fut aucunement af- fecté.

Les objets magnétisés , conservés avec soin, produisirent au bout de six mois les mêmes efets. Ils semblaient x’avoir rien perdu de leur force magnétique.

Toutes ces expériences faites avec le plus grand som par le professeur Reuss et le docteur Loœæwenthal, médecins à Moscou, ont été répétées par moi sur plusieurs sujets magnétiques , avec une légère différence dans les résultats. J'ai reconnu, en outre, que toutes Îles fois qu’un somnambule , éveillé ou endormi, s’'approchait d’un lieu qui recélait des objets magnéuisés, il éprouvait dans son état physique des changemens remarquobles. Dans le plus grand nombre de mes expériences j'avais eu le soin de bander les yeux des somnambules, et dans aucuneil ne m’est arrivé de leur faire connaître le but de mes essais. Un jour, après avoir expérimenté et cherché avec Opi-

niätrelé si quelques corps de la nature n’isolaient

pas le somnambule de Paction de son magnétiseur, je m’avisai de prendre, dans la bibliothèque de la personne chez laquelle je faisais des expériences, un in-folio volumineux. Je magnéüisai le somnambule à travers les couvertures du livre, en dirigeant mes doigts en pointes; bientôt il éprouva les effets de la magnétisation comme si aucun corps n'avait été entre lui et moi. Je magnétisai alors le somnambule à travers l’infolio entier , et bientôt je vis avec surprise que Pépigastre, que je cherchais à actionner n’éprouvait rien, tandis que la tête et les pieds ressentaient Paction magnétique d’une manière visible; ce ne fut qu’en insistant un peu de temps que l’épigasire ressentit à son tour l'effet du magnétisme, mais d’une façon plus faible. Je répétai cette expérience sur d’autres organes et toujours ces organes éprouvérenttrès-peu monaclion, lorsque tout le reste du corps en était convulsé. Des essais répétés dans toutes les circonstances ne me permettent pas le doute sur ce fait extraordinaire ; C'est que ce qui isole le plus de tous les corps connus est le papier superposé en grand nombre de feuilles.

Nous terminerons cette leçon par quelques ré-

flexions Imgénieuses, suggérées par ces dernières

expériences à M. de EÆschenmeter, célèbre phi- Josophe de Tubimgen.

« [ y a donc, dit:l, un principe actif qui résiste à toutes les forces mécaniques, physiques et chimiques, qui s'attache aux corps par un lien indissoluble , qui pénètre dans leur substance comme un être spirituel, et triomphe même de l’action du feu, mais son existence, indubitable par les effets qu'il produit, ne se dévoile pas aux sens de l’homme dans son état ordinaire; il n’y a que cet épanouissement de notre personnalité , effectué par le rapport magnétique , qui nous met à même de voir, d'entendre et de sentir ce principe de vie ; qui reçoit sa vigueur de la volonté de l’homme et agit avec une énergie proportionnée à la force de cette volonté. Quand il agit avec une grande énergie sur un organe doné d'une force égale, mais négative, ce qui suppose toujours l'existence d’un contraste spécifique (comme lorsqu'un homme fort le dirige sur un garçon faible), alors ce principe agit comme l'éclair et paraît anéantir tout-à-fait la vie. Dans l’état de veille ordinaire, l’homme n’est que dans un rapport général avec les êtres qui l’environnent ; 1l défend, dans cet état, l’individualité de

Sa personre par la force de sa volonté contre

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toute influence qui attaque la partie spirituelle de son existence , ct cette volonté tient plus ou moins l'équilibre avec la volonté et l’action des autres créatures. Mais cette résistance ne subsiste qu'autant que le corps et l’âme corservent leur union intime ; c’est dans cet état que nous jouissons de la connaissance parfaite de nous-mêmes, et les notions, les sensations et la volonté ; en harmonie avec le bien-être du corps, conservent aussi entre elles la juste proportion. Dans cet état, qui peut être regardé comme intermédiaire entre celui purement spirituel et celui des animaux, l'homme a devant lui, d’un côté, un monde ideal, de l’autre côté, un monde corporel. Mais aussi longtemps que sa personnalité tient ferme et qu’il conserve la connaissance de iuimême , il ne peut pas réellement entrer ni dans l’un ni dans l’autre de ces deux mondes, il ne peut qu’abaisser son idée en donnant l’empreinte de la vérité, de la beauté et de la bonté à ses nolions, à ses sentimens et à ses actions , mais il n'est pas en état de se transporter lui - méme dans cette région où l’idée parvient à l’état de pureté et de clarte. Ce n’est que libre des entraves du corps qu’elle ÿ arrive. Voilà les deux limites eutre lesquelles se tient l’existence de l’homme dans l’état de veille ordinaire.

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L'existence d’un nouveau rapport spécifique peut changer cet état. Une impulsion quelconque, principalement une volonté étrangére, peut pénétrer dans ce cercle d’indifférence qui détermine l’état ordinaire, elle en ouvre les barrières et en écarte les contrastes, jusqu'à un certain degré ; alors, d'un côté, la partie humaine devient plus spirituelle, elle ne part plus de son premier point de vue, elle ne se contente plus de con- ‘templer la région de l’idée comme une constellation éloignée, mais elle s’y transporte ellemême, elle franchit les limites des sens et acquiert des organes nouveaux. De l’autre côté la partie organique devenue plus matérielle commence à agir comme les fluides impondérables de l’électricité, du magnétisme minéral , etc. Dans cet état de contrastes exaltés homme est capable de recevoir objectivement le principe ? ital même, ou de le voir, de l’entendre et de le sentir; dans l’état ordinaire, c’est impossible, puisqu’alors ce même principe est activement ce qui entend, voit et sent, et ne peut donc être en même temps, entendu , vu etsenti passivement. Dans l’état de veille magnétique, où les contrastes se trouvent exaltés , la partie spirituelle est moins liée à la

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