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ment une généralion profite d’une découverte faite par elle, et que presque toujours celle qui la suit est appelée à en jouir.
Si vous vous rappelez combien d'obstacles ort eu à surmonter la circulation, l’inoculation, l’émétique, vous ne trouverez pas surprenant, que pour le magnétisme , l'esprit de parti ait suivi sa marche accoutumée , et que nous ayons eu à subir nous-mêmes cette dure loi.
Le temps de la justice viendra pour le magné-. tisme comme il est venu pour tant d’autres découvertes méconnues ou discréditées à leur origine ; cette science qui trouve aujour hui tant de détracteurs sera réhabilitée et les attaques de ceux qui ont cherché à l’étouffer, ne resteront plus que comme des monumens attestant les passions des hommes et leur aveuglement.
Mais si, dans l'examen que je sollicite et que vous allez faire, vous veniez à découvrir que ce que nous vous donnons pour une vérité, n’est qu’une erreur de notre esprit, il serait de votre devoir de nous réfuter et de prémunir le public conire une doctrine d’autant plus dangereuse qu elle préoccupe aujourd’hui tous les esprits.
Mais nous sommes loin de redouter cette dernière supposition : les faits ont parlé, nous les
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avons examinés attentivement; ils nous sont LrOp bien prouvés pour que nous ayons à rédouter rien de semblable. D’un autre côté, sil vous est démontré que nous avons tous, sans exceplion , la faculté de développer des effets magnétiques, vous prendrez de plus en plus confiance en nos paroles, et quelles que soient nos assertions, vous vous garderez de les rejeter avant de les avoir vérifiées.
Déjà, Messieurs, cet examen se fait partout. Il n’est pas, sachez le bien, un seul point du nord de l’Europe où le magnétisme ne soit étudié et exercé par des hommes fort habiles , et dont le défaut n’est pas sûrement d’être crédules. Si lutilité de cette science n’est pas encore généralement comprise dans ces contrées , du moins, son existence n’y est point mise en doute. Il y a plus : l'Académie des Sciences de Berlin, Fun des corps savans de l'Europe les plus disiingués , a accordé un prix de 3,300 fr. à un mémoire sur l'explication des phénomènes du magnétisme.
Ce ne sont donc plus quelques enthousiastes qui donnent des théories et qui racontent des faits, ce sont des savans d’un ordre élevé, des médecins célèbres, dont on peut citer les noms, qui pratiquent aujourd’hui le magnétisme ; à
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Groningue,àVienne,à Moscou, à St-Pétersbourg, à Berlin, à Stockholm et dans une foule d’autres villes, on soutient des thèses sur le magnétisme comme on en soutient dans les universités sur toutes les autres sciences.
Frappé de ce mouvement général des esprits, M. Husson-demandait, en 1826, à l'académie de médecine de Paris, si elle n’accorderait pas quelque attention à un ensemble de phénomènes qui avaient fixé à un si haut point l'intérêt et les recherches des peuples que nous avons l’orgueil de croire en arrière de nous, sous le rapport de la civilisation et sous celui de la science.
M. Husson demandait aussi à l’académie de médecine, si elle souffrirait plus longtemps, que le magnétisme fut pratiqué sous ses yeux, par des gens entièrement étrangers à la science, par des femmes que l’on promène clandestinement dans Paris, et qui semblent faire mystère de leur existence?
M. Husson aurait pu donner bien d’autres motfs à l’examen qu’il provoquait: je tâcherai de suppléer ici, à ce qu’il n’a point ditoun’a pas cru devoir dire.
Je vous ferai connaitre, l’état actuel du magné-
RE tisme en france, ses partisans et:ses détracteurs. Je vous signalerai ensuite les abus qu’ont introduit parminous la pratique du magnétisme et du somnambulisme mal dirigés, ainsi que la fausse route où sont entrés quelques fois ses prôneurs.
Je ne marcherai qu'appuyé sur des faits hautement avoués par ceux même qui les ont produits, afin que votre raison puisse constamment vous éclairer sur ce que vous devez croire ou rejeter.
Plusieurs cours ont déjà été faits sur le sujet dont je viens vous entretenir ; nous devons l’histoire du magnélisme aux savantes conférences du docteur Bertrandquien a développéles priñcipaux phénomènes et leur a donné ainsi une certaine publicité. Son exemple a produit de bons effets : plusieurs médecins, dont nous citerons les noms ailleurs, ont recherché, comme lui, la vérité, et ont déposé leurs convictions dans des ouvrages qui sont généralement estimés. Plus tard, un autre médecin de Ja faculté de Paris, sans doute plus hardi que ses confrères, a provoqué lacadémie de médecine et la, pour ainsi dire, forcée à faire une démarche, dont cependant elle redoutait les suites. Vous savez combien les dis-
cussions qui s’élevèrent à ce sujet furent longues
et orageuses: combien de médecins se prononcérent pour ou contre l'examen de la question ; et vous savez aussi que le résultat de cette lutte fut, qu'à une majorité de 35 voix contre 25, une commission de 11 membres serait nommée.
Moi-même je ne suis pas resté inactif, au milieu de ces grands débats; jai constamment, comme vous le verrez bientôt, sollicité les membres de académie de médecine, et des sciences, d'être témoins de faits que j'offrais de leur montrer, pour former leur opinion. Plusieurs savans distingués ont répondu à mon appel, et je puis me rendre le témoignage d’avoir contribué pour quelque chose au succès que les partisans du magnétisme ont obtenu.
Plus tard j'ai développé mes opinions sur le magnétisme dans un cours public, qui a été suivi par un grand nombre de jeunes médecins. Plusieurs d’entre eux ont magnétiisé, et obtenu des effets magnétiques remarquables. Jai des rapports. “écrits qui ne laissent aucun doute sur cet heureux résultat. Constamment à la tête des magnétiseurs, je leur ai appris à ne pas reculer devant une démonstration publique en présence dincrédules. Ils avaient banni ces
derniers de leurs expériences : je les ai appelés
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aux miennes : Les magnétiseurs expérimentaient dans l'ombre; j'ai, moi, expérimenté au grand jour : ils ne magnétisaient que des femmes faibles ou des hommes malades; j'ai magnétisé des hommes robustes, et j'ai prouvé qu’ils n’étaient pas moins susceptibles que les premiers, des effets magnétiques.
Les magnétiseurs s’adressaient timidement aux médecins et leur demandaient humblement quelques uns de leurs malades, pour les traiter par le magnétisme ; moi, je suis allé les provoquer jusque dans leurs sanctuaires, et je n’ai pas eu à me repentir de mon audace.
Au récit de mes expériences dans les hôpitaux, un grand nombre de jeunes gens m'imitérent et obtinrent des phénomènes dignes de fixer l’attention des médecins qui en ont été les témoins, l’Hôtel-Dieu, la Salpétrière et la Charité seraient là pour appuyer de leur témoignage mon assertion. |
Je pourrais encore rappeler;à votre mémoire une foule de faits magnétiques consignés depuis quelques années dans des ouvrages estimés; je pourrais vous citer les recherches faites sur le même sujet par les docteurs Rostan et Georget. À des témoignages si respectables, je
pourrais joindre celui de beaucoup de jeunes professeurs de médecine qui ont pris dans leurs cours la défense du magnétisme: je pourrais vous dire enfin, qu’il y a deux ans, le docteur Filassier a soutenu, sans trop encourir le blâme de la faculté, une thèse sur la science que nous 6étudions. (*)
Mais j'aurais trop à faire si je voulais vous citer tous les témoignages que nous avons en notre faveur; ceux dont je viens de parler sont, jose le dire, plus que.suffisans pour établir que le magnétisme existe réellement.
Comment se fait-il donc que le public montre encore tant de tiédeur, pour une vérité qui a trouvé des défenseurs si nombreux et si éclairés ? à quoi attribuer, dans un siècle de lumières tant d'indifférence pour une découverte destinée à étendre si prodigieusement le cercle desconnaissances humaines ?
Et vous, messieurs, redouteriez-vous encore le ridicule qui s'attache si mal à propos à ceux
(*) Les principaux phénomènes sur lesquels s’appuyé cette thèse, ont été fournis par une de mes anciennes somnambules, magnétisée depuis par plusieurs magnétiseurs et notamment par M. Chapelain.
out GARE qui étudient et qui pratiquent le magnétisme ? s’il en était ainsi, vous ne resteriez pas longtemps sous l'influence de cette crainte; j’aurai bientôt à vous citer des noms auxquels vous ne craindriez pas d’associer les vôtres.
Et, après tout, le ridicule ou la honte, ne pourrait retomber que sur ceux qui nient ou qui calomnient sans preuves ! Demandez-leur, quand ils vous affirment effrontément que le magnétisme n'existe pas, s'ils ont vu des faits? s'ils ont expérimenté ? ils vous répondront qu'ils n'ont rien observé, rien vu; car il est au dessous d'eux d'étudier ce qu'ils appellent une jonglerie. Dés témoins de tous les rangs et de toutes les conditions viennent-ils en foule dire au publie « nous avons examiné, nous avons vu » on leur répond hardiment; « vous n'avez pas examiné, » vous n'avez pas vu; on vous a trompés !» Les malades se présentent-ils eux-mêmes, avec des signes certains d’une guérison complète ? on les regarde; on sourit; on leur dit aussitôt : vous w'aviez point de mal; votre imagination vous a guéri | (*) Quelquefois même on trouve plus commode de subs-
tituer à la calomnie un mensonge formel : c'est ainsi que
M. Recamier erût devoir annoncer un Jour, en pleine
Messieurs, serait-ce par cette assurance de langage, et à l’aide de S! grossiérs moyens, que Jon espérait vous détourner de l'étude dn masnétisme? je suis loin de le penser: vous avez une autre méthode, et surtout une autre logique : vous comprendrez qu'entre des gens qui disent « nous avons vu, nous avons fait» et d’autres qui répondent « ce que vous prétendez avoir « vu ou fait ést impossible; vous êtes les jouets » d’une illusion » vous comprendrez, dis-je, que les seconds doivent inspirer plus de défiance que les premiers; et vous ferez justice d’un pareil Système; car il ne peut être que celui des sots, ou des gens de mauvaise foi. |
Vous vous graverez dans la mémoire ces paroles de Montaigne :
« De condamner, comme impossibles, des choses » peu vraisemblables témoignées par des gens » dignes de foi, c'est se faire fort par une té- » méraire présomption de savoir jusqu'où va la » possibilité. »
académie, que la fille Samson, que j'avais déclaré avoir guérie par le magnétisme était morté à l'Hôtel-Dieu! malheureusement pour le détracteur du magnétisme, la fille
Samson à affirmé et publié depuis qu’elle se portait fort
bien.
Avant de vous parler, messieurs, de l'état actuel du magnétisme en France, je dois remonter à son apparition parmi nous, et vous faire le récit des évènemens qui l'ont accompagné et suivi: je serai très court, car il n’entre pas dans mon plan de vous entretenir d’une foule de particularités que vous pouvez lire dans les divers ouvrages quitraitent del’histoire du magnétisme dans les premiers temps.
Je n’observerai pas, non plus, rigoureusement l’ordre des dates, parce qu’il me faudrait pour cela un temps qui sera plus utilement employé à vous entretenir d'expériences et de résultats.
Antoine Mesmer à qui nous devons la découverte du magnétisme animal, naquit à Vienne en 1740. Il fut reçu docteur-médecin de la faculté de cette ville en 1766. Sa thèse inaugurale est intitulée de l'influence des planètes sur le corps humain.
Porté par son génie à s'éloigner de la route tracée, reconnaissant le peu de certitude de l’art de guérir, il voulait létablir sur des bases plus vraies. Le besoin de connaître la vérité se faisait sentir vivement à son esprit; il la cherchait avec ardeur; et je ne saurais mieux vous en donner
une juste idée, qu’en vous citant ce qu'il
écrivait lui-même, dans le moment où il était le
plus absorbé par une grande pensée :
« Le système qui m’a conduit à la découverte du magnétisme animal, dit-il, n’avait pas été l'ouvrage d’un jour. Les réflexions s’étaient successivement accumulées dans mon esprit.
Je ne devais qu’à la constance, le courage né-
cessaire pour attaquer les préjugés de la rai-
son et de la philosophie, sans être à mes propres | yeux coupable de témérité.
« Le froid accueil que lon fit aux premières notions dont je hasardai la publicité, m’étonna comme si Je ne l'avais point prévu. La dérision surtout me parut excessivement déplacée de la part des savans, et particulièrement de celle de médecins, puisque mon système dénué de toutes preuves, aurait encore été aussi raisonnable, que ceux au’ils honorent tous les jours du nom de principes.
» Ce mauvais succès me porta à discuter de nouveau mes opinions. Loin de perdre à cet examen, elles en sortirent revêtues des couleurs de lévidence. En effet, tout me disait qu'il existait nécessairement dans les sciences, des principes négligés ou non aperçus, autres
que ceux que nous admettions. Tant que les
principes des sciences, me répétais-je à chaque
instant, seront faux ou incertains, les efforts
desplus beaux génies seront infructüeux pour le bonheur ou l'instruction de leurs semblables.
» Je comparais les médecins à des voyageurs hors de leur route, qui s’égarent de plus en
» plus, en courant toujours devant eux, au lieu » de revenir sur leurs pas, pour se reconnaitre.
» Une ardeur brülante s’empara de mes sens; » je ne cherchais plus la vérité avec amour , je » la cherchais avec inquiétude : la campagne, » les forêts, les solitudes les plus retirées eurent » seules des attraits pour moi : je m’y sentais plus » près de la nature. |
» T'outes autres occupations me devinrent im- » portunes : les momens que je leur donnais me » paraissaient autant de vols faits à la vérité.
ÿ Insensiblement le calme revint dans mon » esprit. La vérité que j'avais poursuivie si ar- » demment ne me laissa plus de doute sur son » existence ; elle était obscurcie ; mais Je voyais
> distinctement la trace qui menait à elle, et je
» ne m'en écartais plus. Ces ainsi que j’acquis la -