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Vous dire, Messieurs, comment Mesmer parvint à reconnaître l'existence de lPagent dont nous poursuivons létude, cela nous paraitrait difficile ; fût-ce par la force seule de son génie, comme il semble le faire pressentir , ou avait-il lu les auteurs qui longtemps avant Jui avaient traité cette matière ? C’est ce qu'il nous importe peu de savoir : quoiqu'il en soit, Mesmer mérite toute notre reconnaissance pour avoir rappelé les esprits vers l’étude du magnétisme.
Cependant sa doctrine ne fut mise en pratique que vers l’année 1775, époque vers laquelle il publia une partie de son système.
Les principes de Mesmer n'étaient pas, au fond, aussi différens de ceux des autres médecins qu'on pourrait se le figurer.
Mesmer pensait que tous les mouvemens internes et externes qui s’opérent dans notre corps, soit en santé, soit en maladie, ont lieu par l’action des nerfs : or, ce que Mesmer pensait les autres médecins le pensaient aussi. Mesmer pensait que laction des nerfs dépendait elle-même de action d’un fluide tres-subtüil , les autres médémie de Berlin lui fit la grâce de lui répondre et il ré-
sultait de cette réponse très-laconique : « qu'il n’était
qu'un vissonnaire.»
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decins le pensaient aussi. Mesmer pensait que ce fluide était lui-même soumis à différens agens dont les uns, comme les corps qui nous environnent , sont en dehors de nous; les autres, comme les différentes affections de notre âme, no‘re volonté, nos passions, l’organisation de notre machine; or, les autres médecins pensaient également cela. |
Mesmer pensait que l’état normal de nos fonctions, duquel dépend la santé , s’entretient par l’action réguliére de nos nerfs ; les autres médeeins le pensaient aussi.
Mesmer prétendait que la guérison de nos maladies s'opère par des coctions et par des crises ; les autres médecins le prétendaient aussi,
En quoi Mesmer et les médecins de son temps différaient - ils donc ? Le voici : Mesmer croyait avoir trouvé le secret de diriger à volonté, et par des moyens faciles, le fluide qui met nos nerfs en actions et par là de leur procurer celles dont ils ont besoin, soit pour la conservation de la santé, soit pour la guérison des maladies. Mesmer croyait connaitre mieux que les médecins de son temps et que ceux qui l'avait précédé, la nature du fluide nerveux ; et c’est
là ce qu’on lui contestait.