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avec lequel ils donnent de fortes commotions ; commotions quelquefois si violentes , qu’elles peuvent tuer, à une certaine distance , d’autres poissons, ou même des hommes.
» La gimnote électrique , le silurus electricus , le tetraodon, le torpedo unimaculata , marmorata, et beaucoup d’autres, possèdent cette faculté. |
« On est parvenu à apprécier la quantité et la
qualité de leur fluide électrique , au moyen
d’électroscopes et d’électromètres très- sensibles ; on s’est assuré que ce fluide était secreté par le cerveau de ces animaux, puisqu'en enlevant celui-ci, ou les nerfs qui se rendent à l'appareil, on anéantissait les effets électriques, ce qui n’avait pas lieu en enlevant les organes de la circulation. |
» Ainsi , il est bien démontré que , dans quelques animaux, le cerveau secrète du fluide électrique ; que la contraction musculaire peut avoir lieu par un excitant électrique, etc. ; considérations qui nous 1ont fortement présumer que l'agent nerveux est du fluide électrique, ou un fluide ayant avec celui-ci une grande analogie.
» Nous passons sous silence les preuves que
» l’on pourrait tirer de l’accupuncture et du per- » kinisme. »
Vous le voyez, Messieurs, toutes ces probabilités sont puissantes, et peuvent faire admettre la circulation d’un agent nerveux (1).
« Mais cet agent ne s'arrête pas aux muscles » ou à la peau, ils’élance encore au dehors avec » une certaine force, et forme ainsi une véritable » atmosphère nerveuse, une sphère d’activité » absolument semblable à celle des corps élec- » trisés, »
Cetie opinion est celle des plus habiles physiologistes de nos jours, Reil, Autenrieth, et M. de
Humboldt.
(1) J'ai toujours été, Je l’avoue, très-porté à penser que l'électricité modifiée par l’action vitale, est l'agent invisible qui parcourt sans cesse le système nerveux. ....
Cabanis.
Les êtres organisés, et spécialemeut le corps de l’homme, composés par l'assemblage d’un grand nombre de substances hétérogènes en contact, nous présentent de véritables appareils électriques compliqués, dans lesquels le principe dont les ner!s sont les conducteurs, semble. agir d’une manière analogue à celle de l’électricité.
Physiologie de Richerand, 1. 2, p. 265.
= "au piee
Dès lors , tous les phénomènes du magnétisme nous semblent susceptibles d’une explication plausible.
L’atmosphèrenerveuse, active, du magnétiseur, augmentée sans doute par limpulsion que lui donne sa volonté, « se mêle, se met en rapport » avec l'atmosphère nerveuse, passive de la per- » sonne magnétisée », et vient augmenter cette dernière , a tel point, que dans certains cas , il semble y avoir une véritable saturation du système nerveux , susceptible, lorsqu'il y a excès, de se mettre, par des décharges, en équilibre avec les corps ainbiants; et l’on ne pourrait expliquer, par une autre hypothèse, les secousses au’éprouvent par fois les magnétisés.
Le système nerveux du magnétisé, ainsi influencé, et éprouvant des modifications en raison de sa sensibilité particulière, expliquerait toutes les perturbations que lon observe, et rendrait parfaitement raison de la communication des désirs, de la volonté, des pensées même de celui qui magnétise.
« Ces désirs, cette volonté, étant des actions » du cerveau, celui-ci les transmet au moyen des » nerfs jusqu’à la périphérie du corps et au- » delà. » Et pourquoi ce principe ne conserve-
ADS
rait-1l pas chez le magnétisé quelques-unes de ses propriétés ? Cest ce que nous croyons en particulier.
« Dans cet aperçu, nous n’avons peut-être pas » dévoilé le vrai mécanisme de la production » des effets magnétiques. Cependant , notre hy- » potbèse, qui ne s'éloigne pas beaucoup des » faits physiologiques et physiques généralement » adoptés , expliquerait d’une manière assez sa- » tstaisante la majeure partie des innombrables » effets que produit ce que l’on appelle, le ma- » gnétisme animal, et peut-être sera-t-on conduit » un jour, par cette voie, à la révélation com- » plète des mystères les plus admirables de la » vie animale. »
Cette explication est due en partie au docteur Rostan, médecin fort estimable; mais, Messieurs, on peut dire dès à présent qu’elle n’est pas entièrement fondée : le magnétisme a une autre manière de procéder , un autre mode d’action ; et d’ailleurs, le magnétisme n’est pas le somnambulisme (1).
(1) Dès qu’on admet dans les volontés créées une puissance d’agir sur les corps et de les remuer , il est impos-
AD Mais cependant, d’après tout ce qui précède,
on peut reconnaître que le magnétisme n’est pas
sible de lui donner des bornes, et cette puissance est indéfinie. En effet: « Dans le mesmérisme, l'instinct animal » monte au plus haut degré admissible dans ce monde. » Le chairvoyant est donc un pur animal , sans aucun mé- » lange matériel; ses opérations sont celles d’un esprit. » [l est semblable à Dieu ; son regard pénètre tous les se- » crets de la nature. Si son attention se fixe sur des ohb- » jets de ce monde, sur sa maladie, sa bien aimée, » ses amis , ses parens , ses ennemis ; en esprit, il » les voit agir, il pénètre les causes et les suites de leurs » action: ; il devient médecin, prophète, devin, etc. » OckEN, Instructions sur la Philosophie de la nature.
« Les facultés des somnambules sont des mystères qui nepourront Jamais êtreexpliqués par des moyenshumains. Indiquer des remèdes convenables pour opérer les effets qu’on désire, n’avoir dans son état de veille la connaissance d’aucun de ces remèdes, ni même des mots qui servent à les désigner ; découvrir, à l'instant qu'on y porte sa vue, ce qui se passe dans des pays éloignés. en détailler toutes les particularités , composer ou exécuter, dans ce sommeil des sens, des œuvres que l’on serait incapable de faire dans l’état organique de veille ordinaire ; ces exploits merveilleux de l’âme humaine, cette universalité de connaissances, cette grande puissance de vouloir , à quelle cause les attribuer , sinon à celui qui possède en lui-même l’universalité de la puissance souveraine, et qui peut. en départir un rayon à qui lui plait ? »
us 451 Se uni remède contre nature, qu’il est au contraire la nature elle-même, la nature augmentée et di-
rigée, la natnre en plus.
Messieurs, je ne me suis pas appesanti-dans ce Cours sur une multitude de phénomènes que présentent le magnétisme et le somnambulisme. Je n’ai voulu que vous donner le goût de Pétude de cette découverte, en vous signalant les phéno- mènes merveilleux qui s'offrent à l'observation de celui qui cherche à les connaître et à les faire naître, et vous faire juge des raisons de ceux qui se refusent à tout examen. Si j'ai gardé le silence sur beaucoup de phénomènes magnétiques, connus peut-être par quelques-uns d’entre vous, ce n’est pas que j'ignore leur existence ; mais comme ces phénomènes semblent sortir du cercle que nous nous sommes tracés, NOUS avons jugé prudent de ne pas vous en entretenir, attendant pour cela que la croyance au magnétisme Soit plus généralement répandue et que plus d’hommes, dans le silence du cabinet, aient médité sur ses résultats.
Mais ma réserve ne doit pas vos empêcher
re Me
d'examiner; loin de là, elle doit vous faire entrevoir une mine féconde, qui, bien exploitée, enrichira la science, car tout n’est pas découvert en magnétisme, nous ne possédons pas même toutes les découvertes faites en des temps antérieurs.
Je vous ai signalé les écueils qui vous attendaient dans cette étude. Vous pourrez maintenant les éviter et faire de plus rapides progrès sans compromettre la santé des individus confiés à vos soins, et sans être alarmés, vous-mêmes, sur les suites de vos explorations. |
Si vous ne magnétisez que pour guérir, rap pelez-vous encore que le magnétisme peut devenir entre vos mains un instrument rival de la nature, portant dans économie animale un trou= ble qui favorise le retour des crises que la médecine ordinaire ne saurait produire ; Hyppocrate lui-même en avait désespéré : ce grand-homme a bien trouvé et décrit la marche des crises dans les maladies aiguës; mais il s’est arrêté là. Dans ces maladies, dit-il, la nature seule guérit. Elle a de la force, elle fait elle-même la plus grande partie de louvrage: il n’y a qu’à l'aider ; mais dans les maladies chroniques, il ne vit que les bornes de son art. En cifet, les retours périodiques y sont trop variés el Lrop incerlains pour
= 403 — ètre saisis, trop longs et trop compliqués pour être étudiés, trop faibles pour être aperçus. Tandis que la nature ne fait que des efforts insuffisans pour retourner à la vie, elle ajoute chaque jour un autre pas à ceux qu’elle a déjà faits vers la mort. Toujours trainans, toujours languissans nous nous voyons mourir sans savoir comment nous mourons. Aussi, dans ces cas malheureux et trop fréquens, Hyppocrate défendait-il expressément les remèdes et ne prescrivait-il que régime, exercice, bains, frictions et patience. Depuis sa mort rien n a été ajouté à la médecine. Par sa découverte, Mesmer, aura porté le système des crises, dans le champ des maladies chroniques, ce dont Hyppocrate avait désespéré. Nous voyons en effet que l'agent magnétique renforçant la nature, accélère et redouble ses efforts, et la force à reprendre une marche progressive vers un retour à la santé. Tous les effets magnétiques nous prouvent cette vérité et quelle plus grande preuve peut en exister pour nous que de voir successivement disparaitre les affections sympathiques déterminées par la maladie principale ; de voir se localiser cette dernière, devenue bientôt aprèsle foyer d’une action parti-
culiere qui tend sans cesse à sa destruction.
ARE Ainsi, on peut le dire avec certitude, le magnétisme employé comme moyen de traitement est, en dernier résultat, l’action constante de la force qui conserve, sur la cause qui détruit. Faisons donc, Messieurs, que le magnétisme, qui est aujourd’hui le dernier moyen de guérison réservé à l'homme souffrant, en devienne le premier. Nous suivrons l'indication de la nature et nous aurons bien mérité de nos sem-
blables.