‹ Cours de magnétisme animalChapitre 9 sur 44 · SAR TRE · texte numérisé non relu

SAR TRE

à prodiges; ils apprirent eux-mêmes à magnctiser; ils reconnurent bientôt que ces effets magnétiques se produisaient par une cause naturelle, dépendante de notre volonté: que cette faculté était commune à tous; et que l'abbé Faria ne faisait que la mettre en jeu avec plus d'énergie, mais sans privilége spécial.

Des ouvrages majeurs parurent; le nom de leurs auteurs, la réputation dont ils Jouissaient dans le monde, fixèrent enfin d’une manière durable l'opinion de beaucoup de gens instruits; non que ces derniers crussent pour cela à tout ce qu'on racontait de la faculté magné tique; mais prenant en considération le mérite bien connu des gens qui disaient avoir expérimenté, leur bonne foi et leur désintéressement, ils ne pouvaient sans témérité taxer de mensonges des faits si bien attestés. L’incrédulité fléchit devant la verité : le doute pénétra de toutes parts dans les rangs des corps savans; chacun fut alors plus soigneux de sa renommée, on n’osa plus écrire contre ce que lon ne connaissait pas, on abandonna les épithètes peu honorables dont on se spryait habituellement pour désigner les personnes qui s'occupaient à répandre la connaissance du magnétisme.

re ee

Mais seulement on opposa une force d'inertie désespérante; on se refusait à voir des faits, à les examiner. Îl y avait bien ça et là, quelques individus qui, à force-d’instances, consentaient à voir, mais la majeure partie des savans qui se souvenaient d’avoir été juges dans cette question et de s’être prononcés pour la négative, n’osaient pas courir le risque d’être forcés de donner une rétractation , ils craignaient d’être convaincus et accusés de légèreté.

M. de Puységur leur facilitait pourtant les moyens de revenir avec honneur de leur première décision.

Voici quel était le langage de cet homme estimable. | |

« Toute découverte dans les sciences, disait-il, devant, pour être admise, être revêtu de la sanction des savans; c’est à eux seuls qu’il appartient de prononcer, tant sur l'existence que sur l'utilité du magnétisme animal, certain de la réa. lité des faits que j'ai observés, autant je mets de prix à les en persuader, autant je leur soumets avec docilité tous les aperçus et toutes les conséquences que mon esprit ou mon sentiment en auraient pu lirer. Quelque sévère que soit

leur jugement à mon égard, il ne pourra que sa L re) Le) )

ST

tisfaire au désir que j'ai de n’admettre que des vérités, mais qu’ii n’en soit généralement reconnu qu'autant qu’elles seront sanctionnées par leur lumiere et revêtu de leur autorité. L’utilité des sciences et l'estime que je leur porte me feront toujours être flatté des leçons que je recevrai des savans et n'être affligé que de leur indifférence.»

M. de Puységur est mort sans être parvenu à son but, les savans ont gardé le silence.

Les mêmes hommes cependant se sont enquis avec ardeur des phénomènes de la lumière, de ceux de l'électricité, etc.; et aujourd’hui même ils recherchent avec empressement ceux que présente le galvanisme, et ils ferment opiniätrement les yeux sur les phénomènes qui proviennent de la vie elle-même, ils ont complètement approfondi ou s'occupent à approfondir la nature de tous ces fluides étrangers de la vitalité, et les effets surprenans du fluide vital leur sont entierement inconnus; ces effets si importans à étudier pour parvenirà la connaissance véritable de l’homme, n’ont encore obtenu que leur dédain,

Aussi, nous voyons se confirmer ce que je vous disais en commençant, que c’est aux jeunes gens à propager la découverte du magnétisme, VOUS

verrez qu’au sein même de nos académies se

RE

sont les plus jeunes membres qui se sont pro: noncés pour l'examen, que ce sont eux seuls qui ont expérimenté et reconnu les vieilles erreurs de leurs devanciers et qui ont osé, secouant le joug d’un préjugé, qui pesait sur eux de toute l'autorité de la chose jugée, reconnaître et proclamer hautement la vérité.

Lorsque nous vous aurons convaincus de l’existence du magnétisme animal, nous espérons que vous joindrez votre voix à la nôtre pour en propager la connaissane et l'usage.

Vous accuserez la tiédeur des savans et surtout des médecins, car rien de ce qui intéresse la vie des hommes ne doit leur être indifférent, de laisser dans l'oubli une vérité aussi importante que Pest celle du magnétisme ; appelés chaque jour, pour prononcer sur des effets dont la cause leur échappe, chaque jour, ils se voyent réduits à la nécessité malheureuse de corriger la nature, qu'ils ne connaissent point par les procédés d’un art qu'ils ne connaissent pas davantage, chaque jour ils ont donc des souhaits à former, pour qu'une révolution avantageuse au progrès des sciences développe enfin quelques germes de vérité, sur le sol ingrat qu’ils

cultivent depuis silong-temps, avectant de cons-

lance et si peu de succès. (*) Vous vous plaindrez hautement de les voir reculer devant un examen sérieux et attentif.

Vous Imterrogeant, vous vous demandez sans doute, pourquoi l’Académie de médecine n’a pas encore pris de résolution sur ce sujet, bien qu'un rapport, où tous les intérêts de corps ont été menagés, lui ait été lu le 28 juin 183r, par M. Husson, nommé rapporteur par la commission du magnétisme.

Vous chercherez les motifs d’un semblable refus d’examen! d’un semblable déni de justice ! et votre étonnement sera grand lorsque je vous donnerai connaissance des faits que contient ce

(@%) « On lit dans la plupart des livres modernes qu’à » l'époque du renouvellement des sciences, la médecine » s’est perfectionnée ; que les découvertes immenses qu’on » à faites en anatomie, en physique, en chimie, ne per- » mettent pas de révoquer ses progrès en doute; qu'elles » Ont appris aux praticiens des routes nouvelles ; qu'elles » lui ont fait voir de nouvelles forces ; que l’économie » animale est mieux connue et qu’il est plus aisé d’en » rétablir les ressorts lorsqu'ils sont dérangés. Mais si » Cela est vrai, pourquoi donc, malgré les secours d’une » théorie lumineuse, la pratique a-t-elle si peu changé? » guérit-on plus sürement? prévoit-on mieux la termi- » naison des maladies ? »

DESEZE, d. m.

ne

rapport: ils sont d’une telle nature que la commission composée de 11 membres de l’Académie s’est déclarée convaincue, bien que la plupart des membres de ceite commission fussent incrédules avant l’examen.

Vous verrez que l’un des commissaires soumis lui-même à la magnétisation (*) en a éprouvé les effets les plus évidens, et les moins contestables, non seulement dans une séance mais dans plusieurs, tonjours devant ses confrères et dans des circonstances qui n'étaient cependant nullement favorables aux expériences.

Tous ces faits que je vous signalerai ont été consignés dans des procès verbaux qui furent signés par tous les membres de la commission.

Vous penserez que ce n’est pas remplir son mandat que de taire une vérité qui peut être utile à l’avancement de la science, et à notre bonheur , s’il est vrai toutefois, que l’action magnétique exerce une influence salutaire sur l’économie animale.

Négliger d'approfondir la théorie du magnéüsme et les moyens de rendre ses effets plus sen-

sibles, ne point chercher si son influence plus ou

(*) C’est moi qui le magnétisais.

moins grande, ne pourrait déterminer le Siege de nos maux, c’est ressembler aux habitans d'Éphèse. — « Si parmi nous, disaient-ils, quelqu'un veut exceller ou trouver un nouvel art, qu’il soit banni; qu’il aille porter ailleurs sa su périorité et ses lumières: » |

Ce langage est dur mais, la conduite des savans et des médecins semble le justifier complètement, car quels sont done les mous qui pourraient s'opposer à ce que lon adopte le magnétisme ? serait-ce parce qu’on a crié au miracle en apercevant quelques phénomènes étranges.

« Eh! messieurs, il n'yarien de merveilleux » dans lè magnétisme animal. (C’est un agent » naturél, encoreinaperçu, inoui pour plusieurs » et volià tout: Il ny a de merveilles, de mi- » racles que pour les sots. Plus les peuples sont » ignorans et plus il y à de miracles, parce que » ignorant la plupart des phénomènes de la na- » ture, il y à un plus grand nombre de faits qui » échappentrà leurs connaissances, et leurs pa- » raissent étrangers à ses loix : plus les peuples » s’instruisent, plus leurs connaissances s’éten- » dent, et moins il existe de faits qui les sur-

» prennent. Lorsqu'ils en rencontrent de nou-

LR

veaux, ils ne s’étonnent plus, il ne crient pas au miracle, ils ne les nient même pas, mais ïls les étudient et les rapprochent d’autres faits analogues déjà connus. Ainsi s’accroit par des anneaux successifs la chaîne des connaissances

humaines Il est à remarquer que tout ce qui

est nouveau et surtout inaccoutumé, excite en

nous le rire, le mépris ou l'étonnement. Le sage ne doit ni mépriser, ni s'étonner, il doit examiner.

» La plupart des phénomènes de la nature sont tous au moins aussi surprenans que ceux du magnétisme animal : certes la lumière parcourant 4 millions de lieues par mirute, nous

donnant la faculté de reconnaitre existence

d'objets placés à plusieurs milliards de lieues de nous, et cela dans un instant, faisant pénétrer le spectacle de l'immensité de la nature entière par une ouverture de la grandeur d’une tête d’épingle, est un miracle bien autrement surprenant que l'influence d’un imdividu sur un autre à la distance de quelques pieds.

» L’attraction régissant lunivers, se faisant sentir sans intermédiaire à des distances é= normes d’un astre à un autre, maintenant ainsi dans leur cours les globes célestes , n’est-elle

nn UÉÉ =

» pas encore une merveille bien autrement sur » prenante? et cependant qui fait attention à la » magie de la lumière et de l'attraction? À peine » quelques hommes s’en occupent-ils; le reste » jouit de leurs bienfaits sans s’en étonner et » même sans y songer. Pourquoi ? parce que ce » sont des choses habituelles. »

Îl est téméraire, il est même insensé de vouloir imposer des bornes à la hature, et il n'y a plus aujourd’hui que Phypocrisie qui se serve de ces moyens pour arrêter lessor du magnétisme, car rien dans ses effets ne viole les lois de la nature. On a dit et répété que le magnétisme favorisait la superstition. Eh! messieurs, qui ne reconnait que celte assertion est un mensonge intéressé. Le magnétisme, au contraire, détruit toute espèce de supeïstition.et c’est un de ses grands bienfaits. Mais que ne dit-on pas d’une chose dont on ne veut pas reconnaître l'utilité?

Vous vous livrerez done, messieurs, à l’examen que nous venons vous proposer, vous y apportierez cet esprit de doute qui consiste à ne croire Où à nier que lorsqu'on à eXamINÉ, vu,appliqué ses sens. C’est la seule régle, la seule cause de toute connaissance positive el de tout progres dansles sciences.

Messieurs, la pratique du magnétisme nous dis: pose à la philosophie; non à cette philosophie orgueilleusequi veut dominer l'opinion, mais à cette philosophie douce et tranquille qui rapprecheles hommes, qui nous fait voir un frère dans celuiqui a hesoin de nous, qui, après les devoirs que nous avonsäremplir,nousinspirele besoin de consacrer nos momens de loisirs à des actes de charité; qui nous éloigne des discussions politiques, nous porte à ne pas nous attacher a des systèmes,mais àrectifiernotrejugement par desfaits;quinous démontre la spiritualité de l’âme, la puissance de la volonté, l'usage que nous pouvons faire de cette volonté ; qui nous détache des plaisirs frivoles et nous inspire le goût des bonnes mœurs; qui nous montre enfin que les hommes sont fils d’un même pére, unis par des relations physiques et morales ; qu’ils sont comme les membres d’un même corps, qu'ils sympathisent les uns avec les autres, et qu'ils peuvent tous exercer une influence salutaire sur leurs semblables.

On peut ajouter que l'étude du magnétisme joint à la vérité de l'histoire l'intérêt du roman et le merveilleux de la féérie ; qu’il produit les effets les plus curieux, les plus intéressans et les plus utiles; qu’il procure les plus grandes

Page 1