INSCRIPTION DES MOUVEMENTS VIBRATOIRES COMPOSÉS
Théorie.
Supposons que deux corps vibrent à la fois et que leurs mouvements se superposent : le nombre des vibrations par seconde du premier corps sera, par exemple, briy le nombre
du second, an; après un temps -> le premier aura fait by le
second a vibrations, et ils se retrouveront dans la même situation respective qu'à Torigine. Pendant une seconde, cet accord se présentera n fois, et il produira autant de concordances et de discordances pendant lesquelles les déplacements s'additionneront ou se retrancheront. Cette combinaison des mouvements parallèles, qui donne naissance aux sons résultants et aux battements, peut être rendue visible et même inscrite : c'est l'objet de cette manipulation, dont nous empruntons l'idée à MM. Desains et Lissajous.
Description.
Un même appareil se prête à la combinaison parallèle et à la combinaison rectangulaire des mouvements vibratoires.
Deux diapasons de grandes dimensions {Jlg. i64) sont disposés l'un en face de l'autre, parallèlement ou rectangulairement, sur un banc de fonte; l'un est fixe et porte une petite lame de verre noirci; l'autre est mobile, et l'une de ses branches est armée d'une pointe fixe. Un chariot permet de faire glisser rapidement le second diapason au-dessus du premier; sa pointe effleure la glace et y trace le mouvement composé qu'on veut étudier.
Le diapason porte-lames donne généralement Vut^ : deux contrepoids à glissière remplacent la boule de cire par laquelle, autrefois, on déterminait le ton exact des diapasons; une petite masse de métal fait équilibre sur la seconde branche au poids de la lame de verre.
494 CHIP. XVni. — ACOCSTIQUB.
Le diapason inscrivant donnera ut,, sol,, ou ut^, soit 128, 191 ou 256 vibrations simples par seconde, si l'on admet le premier nombre pour Viiti. Le chariot peut être tiré à la main ou bien on le mettra en mouvement par la chute d'un poids/mais le premier mode comporte une exactitude suRisante.
On ne doit employer pour ces expériences que ries diapasons (le grande longueur, dont les branches aient une forte épaisseur : de la sorte, l'amplitude pourra être assez considérable et le son restera simple, ainsi que l'a fait observer M. Kœnig.
Manuel opératoire.
Celle expérience ne présente aucune difficulté : MM. Lissajous et Desains ont Tait de beaux tracés en tenant le diapason mobile à la main. L'instrument que nous avons décril, d'ajpréB un modèle de M. Lancelol, facilite singulièrement l'opératioDr qui est dès lors mise à la portée de tous. Nous crofom JlooWfois devoir prévenir les élèves que, pour obtenir deslioartet bien nettes, ils auront à appliquer tous leurs soios ettoote leur vigilance ; les pointes doivent être fines et moyennemeot élastiques; elles appuieront légèrement et normalement sur le verre; le dépôt de noir, obtenu par une lampe à alcool mêlé d'essence, sera fort mince et très régulier, etc..
Voici la suite des opérations à effectuer :
i* Les diapasons étant parfaitement assujettis et bien bon> zontaux, on les attaque vigoureusement par un archet.
XCVI" M. — MOUVEMENTS VIBRATOIRES COMPOSÉS. ^gS
-a" Le diapason mobile est déplacé d'un raouvemeiil rapide, ussi uniforme que possible.
3" On ri\e le tracé sur le verre par do l'essence de térélienine dissolvant un peu de gomme laque.
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Résultats.
On voit sur la fig. i65 le résultat de la comljinaison des viiralions parallèles.
La première ligne correspond à l'oclave «(,, «f, ; la qu*i-
1S96 CBKV. XVItl. — ICOCSnQUE.
trième à la quiiiie «'i, sr)/,; ia huiliêmc et la neuvième aui
rapports -^ el r^-- Ces derniers intervalles s'obliennent sans •^^ 24 80
peine par un dëplacciaenl des curseurs des diapasons à l'unisson.
Ces tracés, relalifs aux uoles ijui diffèrent d'un derai-too ou d'un coma, sont les plus inléressants qu'on puisse obleuir, et ils peuvent servira accorder les diapasons.
En combinant des mouvements l'eclangulaires, on obiieut* les courbes de Va Jig. 166, dont les formes enchevôlrées elsiftrl gulières sont fort remarquables.