CHAP. VI. — GA2 ET VÀPEUBS
r.onimandé par le volant V permet de faire croître lentement la pression, qui peut atteindre 3oo«*™; on la mesure par un manomètre métallique.
Le gaz est renfermé dans une éprouvetteT, à pointe effilée , qui plonge dans le mercure, tandis que la partie supérieure reste visible : c*est là que se produit la liquéfaction du gaz. Ur manchon cylindrique de verre P entoure le tube; on peut ^ introduire un mélange réfrigérant liquide ou bien le faire tra verser par un courant d'eau à température constante, de ma nière à faire varier la température de — io<» à -h ^o^.
L'éprouvette de verre est mastiquée à la glu marine dan: un ajutage métallique A qui forme le joint supérieur du réser voir à mercure; on l'assujettit par un écrou.
Pour opérer le remplissage du tube, on en brise la pointe P, puis on y introduit une goutte de mercure qui vient se pla-
Fig. 33.
cer en G {ftg. 33) : un tube de caoutchouc H amène le gaz sec et pur.
On le fait passer jusqu'à ce que tout l'air ait été balayé, puis on referme la pointe en la fondant au dard du chalumeau. Le tube étant alors dressé verticalement, le mercure rempW la partie recourbée et empêche la déperdition du gaz ou son mélange avec l'air extérieur.
En portant l'éprouvette sur le mercure de la cuve, il faut avoir soin de l'y enfoncer lentement et de faire écouler d'abord la couche d'eau qui se trouve à la surface, de crainte qu'il n'en l)énètre dans le tube; l'orifice A' aura été préalablement ouvert dans ce but.
Après avoir vérifié enfin que les joints sont munis de leurs rondelles de cuir gras, on serre les écrous, et l'appareil se irouvc monté pour l'expérience.
XXV* M. — ÉTUDE DE l'ÉTAT CRITIQUE. Io3
Manuel opératoire.
!• Le tube étant amené à la température à laquelle on veut opérer, on donne d'abord quelques coups de piston', en agissant sur le levier L, de manière que le mercure devienne visible dans le tube, puis on réduit peu à peu le volume du gaz en tournant le volant V. Bientôt on voit le ménisque mercuriel se déformer légèrement et se recouvrir de liquide : on "Ole à l'instant même la pression et la température.
2"> On répète la même opération à diverses températures : partant de o*», on peut échelonner les observations (le 5» en 5«; la pression de liquéfaction croît rapidement.
3« A une certaine température, le gaz devient incoercible : • apparition caractéristique des stries, coïncidant avec les résultats négatifs de l'expérience aux plus hautes pressions, (lémontre que le point critique a été dépassé. On attend alors <iue, la température s'abaissant par le refroidissement, le liquide redevienne visible; la température à laquelle on verra poindre la première goutte est assez exactement celle du point trilique.
Cette expérience réussit fort bien avec l'acide carbonique, leprotoxyde d'azote, l'acétylène et même le bioxyde d'azote, ^ontle point critique est situé entre — ii<> et S'» : le mélange ''éfrigérant le plus favorable est formé de 3 parties de chlorure 'le calcium fondu préalablement à i27<> et de 2 parties de "eige; d'après M. Pfaundler, ce mélange peut descendre à-5i<».
On pourrait étendre considérablement le champ de ces observations en adoptant un dispositif qui permît l'application 'lu chlorure de méthyle au refroidissement du tube, car les lûélanges réfrigérants ordinaires sont d'un emploi pénible par 'léfaut de transparence, et ils ne permettent pas de graduer 'es températures comme il le faudrait.
En comprimant à 20*^'"* vers i4** un mélange à volumes ^gaux de gaz acide chlorhydrique et d'hydrogène phosphore pur, on forme une combinaison qui apparaît à l'état liquide <^u cristallin, suivant les conditions de température et de près-
J04 CHàP. VI. — GAZ ET VAPEURS.
sion; cette expérience très élégante, due à M. Ogier, pe être répétée facilement à la suite de cette manipulation.
Résultats.
M. Andrews a donné le Tableau suivant, qui résume s remarquables expériences sur Tacide carbonique :
Pression Température. de liquéfaction.
o atm
A ce moment, on voit apparaître les stries : la liquéfaction est dès lors impossible.
Le point critique de Tacide carbonique est donc à 3o% 82, mais il suffit de Taddilion de îV d'air pour l'abaisser de plusieurs degrés.
Voici, d'après M. Roth (*), les températures et pressions critiques de quelques gaz :
Tcmpératur Pression
Gaz. critique. critique.
o atm
Protoxyde d'azote 36,4 73 ,07
Acide sulfureux i55 ,4 78 ,90
Chlorure d'éthylc 182,6 52,6
Éther 190,0 36, 9
(•) Annales de JViedemann, XI, p. i; 1881.
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XXVIP MANIPULATION.