‹ Cours de mathématiques: à l'usage de la marine et de l'artillerieChapitre 2 sur 92 · PRÉFACE DE BEZOUT · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE BEZOUT

JuE Cours 0e Mathématiques dont nous donnons aujourd'hui la première partie, doit rassembler les connaissances élémentaires nécessairosaux Gardes du Pavillon et delà Marine^ pour être admis au rang d'officiers de vaisseaux.

Quelque utile qu'il soit d'instruire de bonne heure ces jeunes Elèves dans la pratique d'un art aussi étendu que celui de la Navigation , on ne peut douter que la connaissance préli-' minaîre des principes sur lesquels portent les règles de l'art, ne doive contribuer beaucoup à faire fructifier les leçons qu'ils, recevront ensuite de fexpcrience", ne les dispose à y être plus attentifs, et par conséquent n'accélère beaucoup leursprogrès.

D'ailkurs , il eat si rare qu'un esprit accoutumé à obéir ser** Vilement aux seules règles de la pratique se replie ensuite assez sur lui-même, pour revenir avec succès à l'étude de la théorie^ qu'on ne peut trop tôt les disposer à profiter des avantage» qu'ils peuvent retirer de celle-ci..

Presque toutes hs méthodes de îa navigation -pratique sont fondées sur des connaissances mathématiques : comment pourrait-on diflTérer d'instruire des principes de cette science, ceux qui sont destinés à en diriger un jour Tapplication?

Pour me conformer, autant qu*il est en moi , aux vues des» personnes qui ont bien voulu me confier Fexamen des études des Gardes du Pavillon et de la Marine,^ ainsi que la composition d'unCours de Mathématiques à leur usage , j^ai cru devoir m'attacher à concilier ces deux points : la nécessité d'instruire ces Élèves sur les connaissances mathématiques relatives à leur objet, et. celle de les en instruire dans un intervalle de temps qui ne leur fît rien perdre de l'avantage qull doit y avoir à. aller de bonne heure à la mer.

Pour satisfaire à ces deux objets, je me suis proposé, i® de borner le cours des études d'obligation aux propositions directement uthles à la- Navigation, et à celles qui seraient indispensables pour l'intelligence de celles-là; Q** de faciliter cette étude, en la rendant plus intéressante par de fréquente? applications à la pratique, prises, principalement dans 1» Marine;,

iv PREFACE.

ce (qui réunit encore l'avantage de disposer Tesprit des Go»-, mençans à saisir de bonne heure le lien qui unit la théorie à ]a pratique.

Mais dans la vue de concourir, autant qu'il m'est possible , aux progrès d'un art aussi important , j'ai cru devoir ne pas perdre de vue ceux de ces jeunes Elèves qui, joignant à une noble émulation , des dispositions plus marquées que les autres,^ auraient le désir de s'instruire plus parfaitement. C'est dans cette vue que j'aurai soin de répandre dans ce Cours des connaissances plus étendues, et spécialement celles qui peuvent faciliter l'intelligence des Ouvrages de feu M. Bougner, et de quelques autres ouvrages non moins utiles à la Marine, dont on n'a pas encore retiré, à beaucoup près, tout le fruit quon peut en espéfer, parce que les études des Gardes n'y étaient pas dirigées aussi pleinement qu'on se propose de le f^ire.

Ces connaissances qu'il est louable d'acquérir, et auxquelles on ne peut trop inviter les Gardes du Pavillon et de la Marine de s'appliquer, ces connaissances, dis -je , ne seront point d'obligation , et nous aurons soin de les distinguer de celles-ci , par un carçLctère dont nous avertirons.

Le Cours de Mathématiques dont il s'agit ici , sera divisé en quatre Parties.

L*a première traitera de l'Arithmétique.

La seconde traiteta de la Géométrie^ dans laquelle on comprendra la Trigonométrie rectiligne et la Trigonométrie sphérique.

La troisième aura pour objet l'Algèbre et l'application de l'Algèbre à la Géométrie.

La quatrième comprendra la Statique et le Mouvement, avec quelques propositions d'Hydrostatique et d'Hydraulique.

Nous avons préféré de faire succéder l'Algèbre à la Géo** lùétrie plutôt qu'à l'Arithmétique , parce qu'outre que l'Algèbre nous eût été d'une utilité très médiocre dans 1^ Géométrie élémentaire , les commençans ne sont d'ailleurs pas encore assez exercés dans les raisonnemens mathématiques , pour sentir la force des démonstratio^is algébriques , quoique cellesci soient souvent plus simples que les démonstration^, svnthé- . tiques; au lieu que dans la disposition que nous avons choisie , on a lien de croire que les Commençans, déjà fortifiés par l'étude des deux premières Parties , en auront d'autant plus de facilité à généraliser leuirs idées , et saisiront mieux les usages nombreux qu'on peut faire de l'Algèbre*, d'ailleurs, #y^ut déjà plus ^e connais.-^nces acquises , ils seront pluî^ à^

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