DE LA RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX
30. Pendant longtemps les constructeurs ont universellement admis que la limite de résistance à imposer aux diverses parties d'un ouvrage pouvait être fixée invariablement à une fraction, le tiers par exemple, de la limite d'élasticité. Ils ne s'écartaient de cette règle que pour les pierres et les maçonneries, où la résistance-limite était évaluée au dixième de la charge de rupture.
Depuis quelques années les ingénieurs allemands ont abandonné cette méthode, pour en prendre une plus savante, qui consiste à faire varier la résistance-limite pour chacune des pièces de la construction, d'après le rôle qu'elle est appelée à y jouer. Une longue série d'expériences, poursuivies de iSSg à 1870 par M. Wœhler, et continuées depuis par divers observateurs, peut être considérée comme le point de départ de cette nouvelle méthode.
La limite d'élasticité est conservée dans la nouvelle théorie; c'est toujours la limite de la charge au-dessous de laquelle les allongements sont proportionnels aux charges qui les produisent, et s'effacent entièrement quand la charge est supprimée. Mais les expériences de M. Wœi)ler ont montré qu'on pouvait la dépasser dans certains cas, sans compromettre la résistance : ce qui peut conduire à une économie des matières à mettre en œuvre.
(1) V. Annales des ponts et chaussées^ 18G4, p. 17 S.