A LA THÉORIE DE LA RÉSISTANCE DES MATÉRIAUX
limite de résistance pratique pour une pièce de la seconde classe, il conviendra d'abaisser à 5 kilogrammes la limite pour les pièces de la première» et on pourra l'élever à 9 kilogrammes pour les pièces de la troisième. Cette dernière limite parait un peu exagérée. Elle conduirait à réduire outre mesure, croyons-nous, les sections des pièces qui supportent une charge permanente, à Texclusion de toute surchaige accidentelle. La règle des ingénieurs américains ne s'en recommande pas moins au point de vue de la simplicité de renoncé.
SA. Les lois de Wœhler ont, été le point de départ de nombreux travaux, parmi lesquels nous signalerons, en Allemagne, les recherches de M. le docteur Winkler, professeur à l'école supérieure tech- ' nique de Berlin; M. Winkler a donné des formules très pratiques, qui indiquent la section des diverses pièces entrant dans la composition d'un ouvrage ; les résultats fournis par ces formules s'accordent très sensiblement avec ceux que donnerait l'application de la formule de Launhardt ; M. Winkler a cherché à y tenir compte de l'influence des chocs et des actions dynamiques, sensibles seulement pour les petits ouvrages. Les formules de M. Winkler ont trois termes : elles font connaître en centimètres carrés la section a> d'une pièce
P^ étant en kilogrammes la tension due à la charge permanente;
P^ l'excès de tension dû à une surcharge accidentelle ;
P, la compression qui est due à la surcharge accidentelle, et a, b, € des constantes empiriques, dont la valeur se modifie suivant que l'eflbrt résultant est une extension ou une compression. Dans le ccis d'une extension résultante, on a
et dans le cas d'une compression résultante,
En Italie, les mémoires de M. Céleste Glericetti, professeur à Tins- * titut technique supérieur de Milan» lus, le premier, le i a juin 1881/ au Collège des ingénieurs et architectes de Milan ; le second, le 96 avril i883, à l'Institut Lombard. M. Glericetti s'est efforcé de rat* tacher la loi de Wœhler au fait bien connu des allongements dynamiques que produit un poids oscillant à l'extrémité d'une tige élastique, allongements qui mettent en jeu la résistance vive de la pièce, et qui sont au moins doubles de l'allongement statique qui correspondrait à la tension produite par le poids en repos.
En France enfin, nous citerons les recherches de M. Tresca, sa communication à la Société des ingénieurs civils du 1*' juillet 1881, et la communication faite à la même Société, sur le même sujet, par M. Seyrig, le i5 juillet suivant; une note autographiée de M. Séjourné, ingénieur des ponts et chaussées, en date du 10 mars i883, dans laquelle l'auteur expose une méthode pour le calcul des sections des diverses pièces métalliques.
On trouvera un résumé sommaire des mêmes règles en ce qui concerne les Éléments de la construction des machines^ dans l'ouvrage anglais de M. Cauthorne Unwin (Paris, Gauihier-Yillars.)
35. Si nous comparons, pour finir ce sujet, les nouvelles règles aux anciennes, nous verrons que les premières se résument dans la variation des limites pratiques que Ton regardait comme constantes dans les secondes. Sans entrer dans le calcul préalable des effortslimites P' et P^, Q' et Q"^, ce qui peut parfois embarrasser quand on commence le projet d'un ouvrage, on peut , sans crainte, élever la limite pratique de résistance du fer à 7^",5 pour les fermes des grands ouvrages, sauf à la réduire à 5 pour les petits, et les petites pièces des grands. Les nouvelles formules de Launhardt conduiraient peut-être à des limites plus élevées, et permettraient par suite une petite économie de matière. Mais à un autre point de vue, il y a intérêt, en vertu même des nouvelles lois, à ce qu'un ouvrage ait un poids propre assez considérable, pour que la surcharge accidentelle n'y produise que de faibles variations de tensions permanentes. Car c'est dans ces conditions que la résistance du métal parait le mieux assurée, de sorte qu'il ne faudrait pas s'exagérer l'importance des