COMPARAISON DES DIVERS SYSTÈMES
piles consécutives par un longeron droit qui touche en son sommet l'extrados de l'arc compris entre ces deux appuis. Les piles tubulaires se prêtent parfaitement à cette addition ; mus en même temps le pont perd son caractère de pont en arc» car tout le métal ne travaille plus à la compression.
L'inconvénient des actions horizontales est plus grave encore dans les ponts suspendus. Ici deux effets sont à craindre : la culée peut être insuffisante pour équilibrer la traction qui s'exerce sur elle, et l'oxydation du métal, dans les régions humides où s'enfoncent les câbles, peut aller jusqu'à la destruction des fils et à la chute du pont tout entier.
L'attache des câbles est en effet une difficulté des plus sérieuses ; c'est par là qu'un grand nombre de ponts suspendus ont péri.
Il est utile qu'on puisse visiter le câble dans les puits où il est amarré ; cette condition, qui est loin d'être remplie dans la plupart des ponts suspendus construits avec trop de parcimonie à une certaine époque, n'a pas été négligée pour les grands ponts établis plus tard. Dans le pont Saint-Christophe, sur le Scorf, à Lorient, par exemple, les câbles, au lieu d'être attachés, font partie d'un seul et même écheveau ; un seul fil, non interrompu, suit chaque câble en particulier, et fait le tour de chaque culée, en passant dans des galeries d'un facile accès.
S"" Les trépidations sont nuisibles à la résistance de la fonte ; aussi convient-il, dans les projets d'arc destinés aux passages des trains et des charges en mouvement, de remplir les tympans de manière à contrarier les oscillations que tend à prendre l'arc métallique (i). La masse du pont est à cet égard une garantie de stabilité. Néanmoins le fer est aujourd'hui généralement préféré à la fonte pour la construction des arcs, bien qu'il conduise à des ouvrages moins lourds.
(1) Comme exemple de rigidité, on peot étudier, à Parle, le pODt de Solfèrino eor le Seine. Voyez Annales des ponts et chaussées, les Ponts de Paris, par M. Féline Romany, 1864. — Annales des conducteurs des ponts et chaussées. 1860-61» Compte renda sommaire des épreuves et dessins du pont. — Dans les ponts de Grenelle et de rile-Siiot- Louis (ponts Sully), construiU» en i875, on a employé des fers Zorès pour ent'reioises, et obtenu une très grande rigidité, en évitant l^s assemblages à queue d'aroode du pont de Solfèrino, qui avalent'éprouvé queiques avaries.
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Les poots suspendus, tels qu'on les construisait encore il y a peu d'années» constituent un système très défonnable. Les charges agissent sur un point unique des câbles, qui ont, dans des direc* lions normales à leur longueur, une résistance insignifiante. La forme parabolique qu'ils prennent ne permet pas de les réunir au tablier par des liens diagonaux. On peut gêner un peu les oscillations en plaçant de biais les poutrelles; les deux extrémités d'une même poutrelle n'agissent plus à la fois sur des points dont les oscillations soient entièrement -concordantes. On obtient aussi par ce moyen une répartition des charges locales sur une longueur un peu plus grande de tablier (i). Les garde-corps en croix de Saint-André sont destinés de même à donner au tablier une certaine raideur ; mus généralement les assemblages à mi-bois pratiqués dans les croix de Saint-André réduisent beaucoup l'utilité de cette addition. Pour lui donner toute son efficacité, il faudrait pour ainsi dire doubler le pont suspendu d'une véritable poutre américaine (s). On a imaginé récemment de donner de la rigidité aux câbles eux-mêmes. Pour cela on emploie le fer en barres au lieu du ,fil de fer, et l'on pose deux câble parallèles que l'on entretoise l'un avec l'autre par des barres découpant leur intervalle en triangles à peu près égaux. Ce système €St appliqué à Tienne pour le passage de la voie qui joint la gare du Nord aux gares des lignes de Raab et de Trieste*
Les ponts suspendus sont, en somme, des ouvrages qu'il importe de surveiller très attentivement, et sur lesquels le passage des charges doit se faire à très petite vitesse. L'économie de la construction est donc rachetée par un très grave inconvénient, et malgré quelques exceptions, plutôt apparente que réelles , ils ne conviennent pointaux chemins de fer (3)«
(1) Voyei Annales det panU et chausiées, 18&9, mémoire n* 260, par H. Noyon.
(2) C'egt ee qo'on a fait poor oertaina ponta daa Ëtata-Unis d'Amérique, dana lea- ^eia le câble sopporto un tablier rigide, porté aur poatrea géoéralement eocutréea aar les appola. Le câble cat alora réglé de telle aorte, qu'il n*ait â porter que la surcharge aeddeuteile, lea poutres du tablier supportant tout le poida propre. Il semble dUBdle d'aaaorer d'une manière bien régulière ceUe répartition dea efforta, qui doit varier notamment avee la température.
(3) Quelquea ponta suspendus que Ton trouve en Angleterre doivent lecr rigidité â on excès do maUère. Le aystème n'a plus alora le mérite de réoonomie, la seul qu'on puisse
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4* Les variations de température altèrent la poussée des arcs en même temps que leurs flèches, et dans certains cas elles peuvent amener les arcs à ne plus poser sur leurs appuis que par une arête de la surface des naissances ; la construction chargée par en haut peut n'avoir plus alors toute l'assiette qui lui est nécessaire.
Dans les ponts suspendus» la température fait varier la longueur des câbles, les fait glisser sur leurs appuis, et déforme le tablier, tant par suite des variations de longueur des câbles que par suite des altérations inégales de la longueur des tiges de suspension.
5* Le montage d'un pont en arc de cercle ou de parabole se fait généralement, si la portée n'est pas trop grande, en assemblant à plat les divers éléments de la construction sur le chantier, puis en les transportant à proximité des appuis et en les enlevant pour les déposer à leur place« Pour les grands arcs qu'on a élevés dans ces derniers temps, on les a le plus souvent construits sur place à l'aide d'un cintre, à la façon des voûtes en maçonnerie. Enfin, la création du nouveau type de ponts en arcs articulés au sommet et aux naissances, a donné lieu à un mode particulier de montage. Les deux moitiés de l'arc, articulées chacune à son appui, sont d'abord posées horizontalement, et soutenues dans cette position par un échafaudage spécial, placé au milieu de la portée; puis on élève simultanément les deux moitiés, en les faisant tourner autour des articulations des naissances, jusqu'à ce qu'on ait amené en coïncidence les deux trous réservés à l'extrémité supérieure des deux pièces, pour recevoir le goujon qui doit les réunir en formant l'articulation du sommet. Il sufiit alors de passer ce goujon, pour que la construction ait pris sa position d'équilibre.
Le montage des ponts à poutre droite se fait d'un très grand
lui accorder. II est Juste d'observer pourtant que ie système des ponts sitspendus est celui qui permet de franchir les plus grandes portées. Le pont de B'ookiyii, à New- York, a une ouverture de 486",30. Le pont est porté par quatre càhles principaux, dont la flè<he atteint 39 mètres, et qui ont un dianaètre de 40 centlmètrea. La section est formée tte la juxtaposition d'environ 6.000 fils d'acier, de 4 mlIlinK 1/3 de diamètre. Le poids du mètre de cftbie principal ressort à environ 700 kilogrammes; le poids du tablier porté par les quatre câbles est évalué à 10 tonnes par mètre courant. La grande difflciilié de ce genre de construction consiste à réaliser Tégallté des tensions des nombreux Ûls Juxtaposés.