‹ Cours de mécanique appliquée aux constructions (volume 3)Chapitre 310 sur 519 · iS 0 38 0.C · texte numérisé non relu

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2(>C. Les lois de la cohésioii sont moins connues que celles du fit>ttement de glissement On admet que la cohésion est proportionnelle à l'étendue de la surface de jonction des deux parties du solide entre lesquelles elle s'exerce, et qu'elle est indépendante de la pression mutuelle. Des expériences de Boislard et de M. Morin, dont les principaux résultats sont rapportés dans Vlnlroduciion à la mécanique industrielle de Poncelet, p. 489, ont conduit à une évaluation approximative de la cohésion ou de l'adhérence des pierres et des mortiers ou enduits interposés entre elles ; la rupture des massifs de maçonnerie soumis aux expériences s'est toujours opérée suivant les plans de joint; mais, avec le mortier, la rupture divise la couche placée entre les pierres, tandis qu'avec le plâtre, la rupture ne divise pas l'enduit, et le sépare de l'une des pièces voisines. Dans le premier cas, il y a cohésion propiement dite; dans le second, il y a adhérence. La cohésion et l'adhérence des mortiers et autres enduits croissent avec le temps jusqu'à la parfaite solidification des matières. La cohésion dans l'intérieur des pierres a été l'objet

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d'un très-petit nombre d'expériences; Coulomb en rapporte trois ou quatre dans son Es$ai sur les voûtes. En résumé, on ne possède pas de données bien positives sur les valeurs de la cohésion ; ces données seraient d'ailleurs peu utiles, car généralement on n'a pas à en faire usage. Il ne serait pas prudent de compter sur la cohésion des mortiers pour assurer l'équilibre d'un massif en maçonnerie; le frottement doit suffire.

Des principes analogues s'appliquent aux terres et aux corps qui peuvent se présenter à l'état semi-fluide. Il y a entre les molécules terreuses des forces qui proviennent du frottement, et qui permettent à une terre fraîchement remuée de se tenir en équilibre sous un talus incliné d'un certain angle à l'horizon. S'il n'y avait pas de frottement, les terres seraient dans les mêmes conditions qu'un liquide, et la surface libre devrait être pour l'équilibre un plan horizontal. L'existence du frottement est démontrée par l'inclinaison du talus naturel. De plus, la terre pilonnée, ou même la terre qui a été exposée longtemps aux actions atmosphériques, acquiert une cohésion qui lui donne à certains égards les propriétés d'un solide.

Ce livre a pour objet l'étude de l'équilibre intérieur et de la stabilité des massifs ; nous nous occuperons d'abord des voûtes ; puis nous passerons aux murs soumis à des poussées latérales.

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