RÉSUMÉ
différents, l'un pour les allongements, l'autre pour les raccoarcisseinents. Ce serait introduire dans les calculs une complication bien gênante. De plus, la fonte a des propriétés toutes différentes soi* vaut sa provenance et son mode de fabrication. Certaines fontes sont très-résistantes à la compression ; d'autres, douées d'une grande raideur, se brisent sous l'action des chocs. La forme de la pièce fondue n'est pas sans influence sur sa solidité; pendant le refroidissement il peij^t se développer, par suite des formes données à la pièce, des tensions intérieures qui prédisposent à la rupture suivant certûnes directions définies : un choc ou un changement de température suiBt alors pour que la rupture ait lieu. Enfin, on a remarqué que Télastiâté de la fonte n'était pas égale en tous les points d'une même pièce, et les observations faites sur de grands ouvrages construits en cette matière ont montré qu'il serait nécessaire, pour rendre compte des déformations constatées, d'admettre deux coefficients différents, l'un applicable au pourtour de la pièce ou aux parties qui ont touché le moule, l'autre & l'intérieur, qui s'est plus lentement refroidi (i). Les expériences de Hodgkinson ont consisté dans la rupture d'un grand nombre de morceaux, et l'ont conduit à déterminer les meilleures formes à donner aux poutres ou aux colonnes. La théorie de ces résultats purement empiriques est encore à créer.
Pour le fer, au contraire, il obéit fort bien aux règles de la théorie, et il présente par conséquent beaucoup plus de sûreté que la fonte. Il a d'ailleurs, comme la fonte, mais à un moindre degré, des qualités variables avec sa provenance. Ainsi le fer de l'Oural, traité au bois, est un fer extrêmement élastique, et capable de résister sans altération à des charges beaucoup plus grandes que le fer anglais traité au charbon de terre. Le fer de l'Oural est un excellent fer pour la construction des ponts métalliques, pour la fabrication des harpons, etc., tandis que le fer anglais, qui est plus dur, convient mieux à la fabrication des rails. Autrefois on ne connaissait
(1) MM. Collet-Meygret et Desplaces, Mémoire sur le viadac de Tarascon {Annales des ponts et chaussées).
DES EXPÉRIENCES. 3f*
qu'une manière de fabriquer le 1er : on le traitait au boie et on le travaillait au marteau. Le traitement au charbon a permis d'accroître la production dans des proportions énormes, et en même temps le travail au laminoir a rendu admissibles une foule de formes qu'on n'aursdt pas su donner économiquement au métal par les anciens procédés. Sans laminoir, par exemple, on n'aurait pu fabriquer de rails, et le développement des chemins de fer eût été impossible. Cette double révolution dans la métallurgie s'est faite en Angleterre vers l'année 1810. Depuis une vingtaine d'années, le fer laminé tend à se substituer à la fonte, surtout pour les grands ouvrages. Il est juste d'observer qu'en même temps les procédés de moulage ont faitvde notables progrès.
On a tout récemment fait faire un nouveau pas à la construction métallique en se servant de l'acier fondu, qui possède une résistance beaucoup plus grande que le fer avec une homogénéité bien plus parfaite. Les rails d'acier sont préférés aujourd'hui aux r^ls de fer, et fournissent des voies d'une douceur et d'une stabilité remarquables. On a essayé aussi d'employer l'acier pour des chaudières de machines à vapeur, mais les essais ne paraissent pas avoir réussi (i).
28. Les anciOTnes expériences sur les bois, les pierres, les briques, les mortiers et les principaux métaux se trouvent résumées dans les Tables de Géniéys^ publiées en i835 par Cousiner}'. On y trouve, sous le titre de Table de la résistance des corps^ quatre tableaux renfermant les données mêmes des expériences, avec les résultats calculèlçu observés. Les deux premières ont pour objet la résistance à la compression et à l'extension; les deux dernières, la résistance à la flexion. Les leçons de Navier sur la résistance des matériaux, la mécanique industrielle de Poncelet, renferment un grand nombre de tableaux analogues.
V Aide-mémoire de M. Claudel contient dans ses tableaux les résultats des expériences récentes, avec un résumé des formules les
(1) Voir sur coUe question le rapport de MM. Combes, Lorteux et Ch. Couche (Amnales dea ponts et chaussées ^ 1861).