‹ Cours de mécanique appliquée aux constructions (volume 3)Chapitre 321 sur 519 · JOINT · texte numérisé non relu

JOINT

points détermineront sur l'intrados un arc de rupturey qui indique la région de la voûte où les pressions locales ont leur plus grande intensité.

La considération du joint de rupture est devenue la base de la théorie des voûtes de Dupuit. L'auteur appelle point-charnière le point de l'intrados autour duquel la demi-voûte pivote, lorsque la clef s'abaisse pendant le décintrement. Le point-charnière se déplace à mesure que le cintre, en descendant, prive la voûte de ses appuis; le point-charnière définitif est le joint de rupture des autres théories. Il importe que le décintrement soit opéré avec lenteur, pour éviter les effets de l'inertie de la voûte, qui pourrait dépasser d'abord sa position définitive d'équilibre. Se fondant sur ces circonstances initiales, qui ont évidemment une grande influence sur l'état d'équilibre réalisé, Dupuit admet que la courbe des pressions effectives passe tangentiellement à l'intrados au joint de rupture (ou aux naissances, s'il s'agit d'une voûte incomplète^ autrement dit, d'une voûte en are de cercle) ; à la clef il admet au contraire que la pression est répartie sur toute la surface, ce qui le conduit à faire partir la courbe du tiers supérieur du joint. Dupuit conseille même de relever ce point de passage quand les culées sont peu résistantes, pour se placer dans l'hypothèse la plus défavorable.

Nous avons fait voir (§ 3i] que l'hypothèse d'une pression totale portant sur une arête était tout à fait inadmissible. La propriété du point-charnière de Dupuit ne peut donc être considérée que comme une propriété-limite^ sans réalité objective : Ja courbe des pressions tend à se rapprocher de l'intrados au joint de rupture, mais il est impossible qu'elle l'atteigne. La distance de l'intrados à laquelle elle reste en cette région est inconnue, et la solution de Dupuit est, comme toutes les autres, entachée d'arbitraire.

Lorsque l'intrados est une courbe continue, si l'on fait varier l'intensité de la poussée à la clef, sans modifier son point d'application, la courbe des pressions est tangente à l'intrados au joint de rupture lorsque la poussée à la clef est minimum ; car si on la réduit un tant soit peu, l'équilibre est détruit, et la courbe des pressions sort de l'épaisseur de la voûte. De même, si l'extrados est une courbe

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