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i-^dans la déformation des pièces élastique (§ 210). Ici, la loi de la
déformation étant connue, on peut chercher les fonctions que le phénomène rend minimum, et on pourrait en trouver une infinité, dont chacune ferait l'objet d'un théorème. Mais poser de prime abord, en terrain inconuu, le principe de moindre résistance, c'est invoquer ane hypothèse qui ne s'appuie sur aucun fait constaté, mais seulement sur cette idée vague que « la nature agit toujours par les moyens les plus simples et les plus économiques y>. Maupertuis disait avec raison, en ilàh : « Nous ne connaissons pas assez quel est le but de « la nature, et nous pouvons] nous méprendre sur la quantité que « nous devons regarder comme sa dépense dans la production de « ses effets. »
M. Drouets, dans son mémoire inséré en 1865 aux Annales des ponts et chaussées, est tombé dans l'erreur signalée par Maupertuis. « La nature, dit-il, ne développe les forces moléculaires que dans la mesure nécessaire à l'équilibre. }> Ainsi le système de forces qui devrait se réaliser serait toujours celui qui donnerait les moindres réactions, résultat démenti par de nombreux exemples. Dupuit a montré, dans son ouvrage sur les voûtes, la gratuité de cette hypothèse. Les anciens philosophes disaient : Natura horret vacuum; à ce principe M. Drouets substitue le suivant : Natura hoiret inutile. « L'un n'est pas plus vrai que l'autre. La nature n'a aucune des passions qu'on lui suppose, elle est soumise à des lois inflexibles et invariables, et tout ce qui arrive en est une conséquence nécessaire.
On ne peut s'empêcher de reconnaître combien il est facile de
s'égarer dans cette voie où l'on prend pour guide l'imagination au lieu du raison î^ement. Les uns disent : La nature résiste avec la moindre pouss e, ce qui donne la pression la plus grande sur les joints ; les autres disent : La nature résiste avec la moindre pression par centimètre carré. Pourquoi ne pas dire aussi que la nature, qui a je choix des courbes de pression, réalise celle qui se rapproche le plus de la ligne droite, par l'hoiTOur qu'elle a des voies détournées? » (Dupuit, Traité de l'équilibre des voûtes^ Paris, 1870, chap. V, p. 132.)