‹ Cours de mécanique appliquée aux constructions (volume 3)Chapitre 362 sur 519 · BIAISES · texte numérisé non relu

BIAISES

voussoirs qu'il porte directement tombent, et une brèche s'accuse dans la voûte. La brèche s'arrête à un lit de voussoirs, qui, étant amai-» gris vers l'intrados dans les deux sens, font plate-bande pour résister à la poussée des voussoirs situés plus haut dans la voûte. On continue è abaisser des tasseaux vers le milieu de chaque culée ; à chaque fois la brèche s'étend plus avant, mais toujours dans des directions parallèles aux plans de tête. Quelquefois on arrive à enlever ainsi toute la partie intermédiaire de la voûte, de manière à isoler complètement une tête de l'autre. Lorsqu'on enlève l'appui d'un solide, le déplacement de ce solide accuse la direction dans laquelle l'appui était appelé à fournir une résistance, c'est-à-dire la direction de la poussée. L'expérience montre donc bien que dans la voûte en équilibre, la poussée mutuelle est partout parallèle aux têtes, ce qui justifie l'assimilation de la voûte biaise à une série de voûtes droites de même ouverture, échelonnées suivant le biais.

SOA. Mais ici se manifeste entre les deux sortes de voûtes une différence importante.

Dans une voûte droite uniforméo^ent chargée dans le sens de sa longueur, la liaison des voûtes élémentaires ne crée aucune incompatibilité entre les déformations naturelles de chaque voûte élémentaire prise isolément. Ces déformations se produisent de la même manière dans chaque plan parallèle aux têtes, et les molécules des voussoirs en se déplaçant ne sortent pas du plan parallèle aux tètes qui les contenait au moment de la pose.

Dans les voûtes biaises, T échelonnement des voûtes élémentaires introduit des liaisons entre des molécules différemment situées sur le profil commun à toutes les voûtes. Les déformations de l'élément de voûte sont donc gênées par les liaisons avec les éléments voisins, et les molécules des voussoirs peuvent être amenées, par suite de cette solidarité, à sortir du plan parallèle aux têtes qui les contenait primitivement.

On considère ordinairement les déformations de l'intrados des voûtes droites comme s'elfectuant par une série de rotations trèspetites des éléments plans de la douelle autour de parallèles aux génératrices droites du berceau. Dans les voûtes biaises, on peut

admettre de même» faute d'une meilleure théorie,

Fig. 262.

j^ que les déformations de T intrados s'opèrent par E ^.-^^ rotation des éléments plans de la douelle autour de parallèles aux génératrices rectilignes de Tintrados, parce que ce mode de déformation des sur» faces cylindriques est celui de tous qui fait subir les moindres efforts à la matière (i). Mais ces éléments plans sont des parallélogrammes, dont les petits côtés, primitivement situés dans les plans de tête, décrivent dans la rotation autour du grand côté des éléments de surface conique. Les têtes, après une semblable déformation, ne sont donc plus contenues dans leurs plans primitifs, et la projection horizontale delà voûte déformée ne coïncide pas rigoureusement avec la projection de la voûte posée sur cintre.

L'intrados, avant la déformation, se projette suivant un parallé* logramme ABCD ; AD, BC sont les traces des plans de tête ; AB, CD les projections des naissances. Soient E et F les clefs des courbes de tête. Les tassements qui s'opéreront dans la voûte, par rotation autour des génératrices rectilignes ou de droites parallèles à ces génératrices, pourront, par exemple, amener en projection les arcs AE, GF, adjacents aux angles obtus du parallélogramme, dans l'intérieur de cette figure, et les arcs BF, DE, adjacents aux angles aigus, en dehors. C'est à cette tendance latérale, qui s'exerce de dedans en dehors sur les têtes dans la région voisine des angles aigus, qu'on peut donner le nom de jmussée au vide (a).

La poussée au vide ainsi définie est un résultat nécessaire de la orme extérieure de la voûte; on ne doit pas la confondre avec cer-

. (1) CeUe explication ne doit être acceptée qu'avec relier ve. Elle est en effet fondée aur l'assimilaUon, très-peu satisfaisante, de la dérormailon <le la voûte à la déformation de l'intrados, considéré comme une surface élasUqup.

(7) l.a poussée au vide des ronstractears timorés est tout autre chose; c'est la poussée (entièrement Active) de la voûie réduite à sa secUon droite. Imaginant que les voûtes biaises sont sollicitées ainsi par des forces obliques aux lêies, ces constructeurs craignent la chute des angles aigu?, et multiplient les tirants en fer dans cette région pour empêcher une disjonction qui ne tend pas à se produire.

Page 1