DE LA POUTRE
Téconomie , elle est donc très-inférieure à la forme de poutre droite continue à plusieurs travées.
La poutre tubulaire qui franchit le détroit de Menai n'a pas en tous points la même hauteur. L'arête supérieure de cette poutre dessine une parabole dont le sommet se trouve au-dessus de l'appui central. La hauteur excède à peine 7 mètres aux deux bouts du pont» et dépasse 9 mètres au milieu. Cette altération n'a eu d'autre objet que de donner au pont un aspect un peu plus satisfaisant.
En définitive, la forme la plus convenable pour une poutre droite est celle qui donne à la poutre une hauteur uniforme. Cette hauteur varie généralement du huitième au douzième de la portée; en moyenne on peut prendre le dixième. Dans les cas où Ton est gêné par des conditions particulières, on descend au-dessous du rapport du douzième, mais alors les flèches prises par la poutre tendent à devenir de plus en plus grandes.
La hauteur ne doit pas excéder une fois et demie environ la largeur du pont (§ 365) , de sorte que les ponts à un seul tablier pour les deux voies, dont la largeur hors œuvre atteint 9 mètres, permettent de donner aux poutres une hauteur de 1 3 à i4 mètres, tandis que les ponts à tabliers indépendants , qui n'ont quelquefois que 6 mètres de large, reçoivent des hauteurs de 9 mètres au maximum.
Enfin, si la voie est au bas des fermes, il faut compter de o",6o à o",8o pour l'épaisseur du tablier, et si on limite à i'",70 la hauteur libre de la poutre en garde-corps, on voit que le maximum de la portée qu'on peut franchir sans contreventement supériem* serait, avec la proportion du dixième, égal à
(0.80 + i .70) X 10 ou à 25 mètres.
Au delà il faudrait un contreventement supérieur, lequel devrait être situé à 4'"95o environ au-dessus du plan des rails; ajoutant o'",3o pour épaisseur de ce contreventement, on a pour hauteur totale, au minimum,
ce qui correspond à une portée inoyenne de 5,6ox 1 o, ou de 56 mètres.