‹ Cours de mécanique appliquée aux constructionsChapitre 290 sur 309 · SIPHON DU C4NAL SÂYNT-MARTIN · texte numérisé non relu

SIPHON DU C4NAL SÂYNT-MARTIN

de Bercy au' dessus du canal Saînt-Martîn, par un siphon qui a 8 mètres de flèche, et qu'il a pu établir sans interrompre un seul instant la navigation du canal. Pour amorcer ce siphon, et pour en entretenir le inouvement continu malgré l'insuffisance de la pression au point le plus haut, et le dégagement des gaz si abondant dans une masse liquide aussi riche en matières organiques, M. Lévy, sur le conseil de M. Cornu, se sert de trompes^ c'est-à-dire de jets d'eau alimentés par les conduites de la Ville, et qui produisent dans le siphon une aspiration énergique à la façon d'un ajutage ou d'un ëjecteur. Il y a trois trompes semblables juxtaposées. Quand elles fonctionnent ensemble, elles amorcent le siphon en six minutes; l'une seulement continue à agir dès que l'écoulement est commencé. Les mouvements des valves qui commandent le jeu des trompes sont automatiques; elles cessent d'agir d'elles-mêmes quand la vitesse des eaux d'égout devient très considérable, par exemple au moment des grandes averses; l'entralxiement des matières n'exige plus alors aucun appel extérieur.

Pour empêcher le mélange des eaux d^égoût avec les eaux pures des trompes, l'aspiration exercée par celles ci s'opère sur les premières par l'intermédiaire d'une cheminée de 10"*. 50 de hauteur, que les eaux sales ne pourraient franchir quelle que soit l'aspiration produite par le jet.

Le régime régulier de l'appareil exige une dépense de 300 à 350 mètres cubes en vingt-quatre heures.

On peut consulter, sur cette ingénieuse solution 'd'un problème qui se rencontre fréquemment dans les travaux de drainage des villes, le résumé donné par M. Maurice Lévy dans les Comptes rendus de C Académie des sciences du 10 mai 1880, et la chronique des Annales des ponts et chaussées^ juillet 1880.

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