‹ Cours de mécanique appliquée aux constructionsChapitre 82 sur 309 · DIVERGENTS · texte numérisé non relu

DIVERGENTS

La pression p ne peut être négative. Le minimum théorique de p correspondrait donc à ;? = 0, ce qui donnerait pour la valeur maximum de A :

à cette valeur correspond la dépense maximum

Ce maximum théorique est la diépense qu'on obtiendrait en faisant couler dans le vide la veine liquide par la section contractée co. 3Iais, en pratique, p ne peut pas descendre beaucoup au-dessous

de p^ (§65), et si le rapport - est trop supérieur à l'unité, le

liquide cesse découler à plein tuyau, ou bien s'il remplit l'ajutage, c'est avec une instabilité telle que quelques coups secs frappés sur le luyau suffisent pour en détacher la veine. Yeuturi a entrepris l'étude expérimentale des ajutages divergents,

à Taide de l'appareil ci-contre, mais les conditions dans lesquelles il opérait étaient peu conformes à la théorie que nous venons d'exposer. La continuité des filets dans ses ajutages n'était pas assurée par le tracé des contours intérieurs. Le

rripi^ort des sections - était de 3 unités environ , la hauteur h

•îe 0",88. On devait donc avoir, en supposant les conditions théoiques complètement remplies,

Fig. 59.

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g = ^ — 0,88 X 8 = ^ — 7-,04 = 10-,33 — TjOi = 3-,29,

^'est-à-dire que la pression p dans la moindre section CD aurait

142 AJUTAGES DIVERGENTS

été seulement le tiers de la pression atmosphérique. Cet abaissement de pression parait tout à fait inadmissible. En réalité, au lieu d'une vitesse de 4". 15, que le liquide aurait dû avoir à la sortie de l'ajutage, Venturi n'a constaté qu'une vitesse de 2". 24, ce qui représente une perte de charge de 0'",62. 11 a observé en même temps que le mouvement du liquide était irrégulier et se produisait par saccades. La pression réelle dans la section CD, tout en restant inférieure à la pression de l'atmosphère, était supérieure à la pression calculée, résultat nécessaire de la diminution de la vitesse eflective,

Appliquons le théorème de BernouUi du point M, au point N; la vitesse en CD se déduit, eu égard aux sections, de la vitesse réelle

en EF, et l'on trouve pour la pression en CD, ^ = ^ — 1".48

Il n

= 10,33 — 1,48 = 8".85, au lieu de 3". 29. Les saccades observées par Venturi résultaient peut-être des variations de pression du liquide en CD» et du dégagement d'air qui en était la conséquence.

*>0. D'Aubuisson, dans le § 4^ de son Traité d hydraulique^ explique le phénomène de l'écoulement dans les ajutages par l'attraction exercée sur le fluide par la matière même du tube. Nous avons vu que les faits s'expliquent parfaitement bien sans qu'on ait recours aux actions capillaires. Une expérience de Venturi a d'ailleurs montré que Tattraction était étrangère aux effets produits; car il suffit de percer quelques trous de très petit diamètre dans la paroi de l'ajutage pour l'empêcher de fonctionner ; cela équivaut à rétablir dans l'intérieur de la veine la pression atmosphérique, et l'ajutage ne produiL plus d'effets, bien que rien ne puisse être changé dans les attractions moléculaii'es (*) .

(*) M. Je professeur Turazza n'admet qu'avec certaines réserres TinterpréfaUon qac nous donnons ici d'après Bélanger : la capillarité Joue^ en elTet^ un œrtaio rôle dans le phénomëno, car l'aspiration ne se produit que lorsque le liquide mouille la paroi de l'ajutage^ ainsi qu'on peut s'en assurer en opérant avec un aj otage graisaé inlértai* rement. Peut-être l'expulsion totale de l'air par le fait de l'écoulement de la veine estelle impossible, s'il n'y a pas contact immédiat entre l'ajutage et le pourtour de la Teioe fluide, et la pressioti atmosphérique ne subit pas, dans ce cas, la dimiDution qae l'on constate dans les expériences ordinaires.

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