PRELIMINAIRES
6S. — Des procédés de levage ont été employés dans l'antiquité pour la construction des temples et des pyramides ; ils dérivaient probablement des machines simples(plan incliné, treuil, poulies), comme semblent le démontrer certaines inscriptions hiéroglyphiques. On suppléait à la faible multiplication de force de ces engins en employant pour les manœuvrer de véritables armées. D'après quelques auteurs, on aurait aussi, dans certains cas, utilisé la poussée de l'eau par des différences artlBcielles de niveau pour soulever et dresser des obélisques de grande masse.
Parmi les opérations isolées les plus remarquables par leur importance effectuées dans les temps modernes, on peut citer le transport et l'érection de l'obélisque du Vatican, par Fontana, en 1688. Ce monolithe pèse environ SOO tonnes, il a été entouré de piles en charpente qui ont servi d'appui pour le saisir au-dessus de son centre de gravité, en même temps que sa base était déplacée horizontalement. Pour effectuer ces manœuvres on s'est servi de quarante cabestans desservis par huit cents hommes et cent-quarante chevaux.
Le déplacement et l'érection de l'obélisque de Luzor (en 1830 et 1836), ont été opérés au moyen d'un dispositif des plus intéressants imaginé par l'ingénieur de la marine Mimerel, et représenté en schéma par les figures 93 et 93. Pour l'abatage, la force de retenue maximum à exercer sur les bielles BB au moyen des huit palans p s'élevait à 111 tonnes ; le poids de l'obélisque est de S31 tonnes. Les palans étaient à six brins, il suffisait donc d'exercer sur chacun des huit brins libres une résUtance de 2.310 kilogrammes environ, valeur dont il faut déduire