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OPERATIONS DE LEVAGE

l'effet très considérable des frottements. Les brins libres étaient enroulés sur deux mâts fixes couchés horizontalement, et faisaient un tour sur chacun d'eux, ce qui réduisait la résistance à une valeur insignifiante. L'opération du couchage de l'obélisque a pu s'elDfecluer avec la plus grande régularité en vingt-cinq minutes (*). Le même appareil a servi à l'érection, mais les frottements s'ajoutant cette fois à l'effort théorique, les brins libres des huit palans s'enroulaient sur des cabestans.

Fig. 92 et 98

L'aiguille de Cléopàtre a été dressée sur les quais de la Tamise à Londres, en 1878, par un procédé tout différent ; après avoir été entourée d'un blindage, elle a été soulevée horizontalement entre deux piles en charpente; des tourillons ont été fixés à l'enveloppe un peu au-dessus du centre de gravité de la masse, puis des paliers ont été montés sur les piles de support de manière à emboîter les tourillons ; il a suffi de dégager l'obélisque de ses liens pour l'amener automatiquement dans la position verticale . L'aiguille de Cléopàtre amenée à Londres pèse un peu moins de 200 tonnes; l'érection a été faite par M. Dixon. Une seconde aiguille, transportée d'Alexandrie à New-York en 4881, pèse environ 220 tonnes, elle a été dressée par le même procédé.

Les dispositions prises pour le manœuvrage de l'obélisque de Luxor se distinguent des opérations plus anciennes par une application intelligente de la Mécanique, grâce à laquelle on a pu éviter la construction d'échafaudages très importants et la très grande multiplication du nombre des palans. Cette multiplication est nécessaire lorsqu'on veut agir par soulèvement direct; elle entraîne un grand inconvénient, par

1. Des dispositions ingénieuses avaient été prises pour égaliser les tensions dans les différents cordages. Voir Ruehlmann ii. if. L., t. IV, p. 82 et Fublication industrielle d'Armengaud^ i™ série, t. XVIII, p. 192.

OPÉBATIONS DE LEVAGE 127

la difficulté qu'il y a de les faire lirer en même temps. La presse hydraulique est affraocliie de ce défaut, parce qu'on peut au moyen d'une seule presse exercer un effort aussi grand qu'on le veut.

63. — Levage du Pont de Menai. — La presse hydraulique a servi à mettre en place les tronçons des poutres tubulaires du pont de Menai, en 1849-1850. Chacun d'eux pesait 2.000 tonnes et a été soulevé d'environ 30 mètres au moyen de deux presses, dont une placée à chaque extrémité.

Les pistons des presses avaient 20 pouces de diamètre (508 millimètres}, et 6 pieds (l'°,829] de course. Les cylindres Qxes étaient montés dans l'axe de la poutre sur des sommiers en fonte disposés au-dessus de l'emplacement définitif; les pistons étaient surmontés d'une crossette agissant sur les chaînes pendantes qui servaient au levage. Ces chaînes étaient aunombre de deux pour chaque extrémité-, chacune d'elles était formée de maillons plats articulés disposés par groupes comprenant alternativement huit et neuf éléments. Le pas de ces chaînes était exactement de 6 pieds et correspondait ainsi à la levée des pistons.

L'attelage des chaînes à la crossette de la presse était formé au moyen de mâchoires s'engageant sous les têtes élargies des maillons ; des mâchoires semblables, mais supportées par les poutres fixes servant d'appui à la presse, étaient employées pour soutenir la charge pendant la descente du piston. Le levage était donc intermittent et se composait de courses successives égales en hauteur au pas des chaînes ou à la course du piston ; la durée de chacune de ces courses partielles était de 30 à 40 minutes (').

64. — Les opérations du genre de celles qui viennent d'être décrites sont caractérisées par le fait qu'elles ne doivent passe reproduire souvent dans les mêmes circonstances, et qu'ainsi la question de temps n'intervient que d'une manière tout à fait accessoire dans le choix des moyens. De plus, pour des levages isolés si importants, on ne recule pas devant la dépense nécessaire pour assurer la bonne marche et la sécurité; c'est ainsi que pour la mise en place du pont de Menai, tous les appareils, y compris les quatre chaînes, ont dû être spécialement construits et n'ont servi que pour quelques opérations. Les machines de levage proprement dites sont celles qui conviennent pour effectuer des

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