DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L'ÉCOLE IMPÉRIALE POLYTECHNIQUE
SDGCESSEDR DE HAUET-BACHEUER,
Quai des Augustins, 55.
( L*Auteur et PÉditeur de cet Ouvrage se réserrent le droit de traduction )
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aVant-propos.
Depuis quelques années, on a fréquemment employé, dans la construction des ponts destinés aux voies de fer, les poutres droites en tôle, continues d*une culée à l'autre, c'est-à-dire dont les travées ne sont pas indépendantes, et forment au contraire une pièce unique soutenue par des appuis fixes, en ses deux points extrêmes et en un certain nombre de points intermédiaires. C'est le système des ponts d'Àsnières sur la Seine, de Langon et de Bordeaux sur la Garonne, de la Quarantaine sur la Saône à Lyon, de Kehl sur le Rhin, etc., etc.: nous pourrions multiplier les exemples. Par quelles considérations peut-on en justifier l'emploi? C'est ce que nous nous dispenserons d'examiner ici, car toutes les raisons alléguées pour ou contre sont loin d'appartenir exclusivement à la Ré- .sistance des Matériaux; sans vouloir émettre à cet égard aucune opinion extrême, nous nous bornerons à dire que si les ponts en maçonnerie doivent être généralement préférés, en raison de leur durée indéfinie^ quand ils ne sont pas beaucoup plus coûteux et que les circonstances locales en permettent l'emploi, il est des cas particuliers où les grandes travées métalliques fournissent à peu près la seule solution admissible : par exemple, quand il y a des difficultés de fondation exceptionnelles, qu'il faut espacer beaucoup les points d'appui,
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Vï AVANT-PROPOS.
qu'on dispose d'une faible hauteur entre le plan des grandes eaux d'une rivière et le niveau de la voie qui la traverse, etc. En pareil cas, les poutres droites en tôle sont pour l'ingénieur une précieuse ressource.
Les calculs de stabilité de ces poutres, quand elles sont à plusieurs travées solidaires, se font par une méthode qu'on est, au premier abord, tenté de croire excessivement hardie dans son point de départ, pour ne pas dire entièrement inexacte. D'abord on admet les hypothèses fondamentales de la Résistance des Matériaux, c'est-à-dire l'existence de sections planes et normales, qui restent planes et normales après la déformation, ce qui suffit. déjà pour éveiller l'incrédulité des personnes habituées aux considérations plus rigoureuses sur lesquelles se fonde la théorie mathématique de l'élasticité; en outre, on détermine les moments de flexion et efforts tranchants comme si la pièce avait une section constante, tandis que, en fait, la section varie et se trouve renforcée dans les parties où le calcul a signalé des moments de flexion plus considérables. C'est en quelque sorte le point de départ d'une règle de fausse position, pour arriver à construire un solide d'égale résistance. Voici comment on devrait en concevoir la marche : commençant par supposer constante la section inconnue, on déterminerait les forces exercées sur chaque section, d'où l'on déduirait les dimensions de celles-ci ; mais ces dimensions ne restant pas partout les mêmes, comme on l'avait primitivement admis, il faudrait recommeitcer le calcul des tensions avec les dimensions variables fournies par le premier essai, et en conclure d'autres dimensions probablement un peu différentes des premières; puis, avec ces dimensions nouvelles, on ferait un troisième essai, et ainsi de suite, en procédant par approximations successives, jusqu'à ce que deux essais consécutifs
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