AVANT-PROPOS. VII
eussent conduit à des résultats sensiblement identiques. Toutefois, on s'en est tenu jusqu'à présent au premier essai, et Ton ne modifie plus les dimensions variables qu'il a fournies : c'est là, nous le répétons, une très-grande hardiesse au point de vue théorique. A ces objections et à quelques autres d'un ordre secondaire, sur lesquelles il serait inutile de s'appesantir, la pratiqua (toujours disposée à se contenter d'à peu près et s'inquiétant peu des vérités rigoureuses) ne fait qu'une réponse : les poutres ainsi calculées se comportent convenablement et résistent bien aux épreuves qu'on leur impose, le fait est maintenant constaté par de nombreuses expériences; donc la méthode de calcul n'est pas mauvaise {*).
Malgré ce raisonnement, il n'est pas douteux que si l'on pouvait réussir à modifier les bases de la méthode de manière à la rendre plus rigoureuse, sans que son usage devînt pour cela beaucoup plus long et plus difficile, les constructeurs accepteraient sans peine un tel changement, qui réaliserait un véritable progrès scientifique. Ce progrès, nous n'en sommes point en possession et nous ne venons pas l'apporter ici : notre but est moins relevé, et la tâche que nous avons essayé de remplir, plus modeste. Nous nous plaçons au point de vue d'un Ingénieur qui veut, en se fondant sur les principes ap-
(*) Nous passons ici sous silence quelques méthodes sommaires qu'on a parfois employées, et qui consistent à considérer les appuis intermédiaires comme assimilables à des encastrements complets ou à des demi-encastrements, par TefTet de la solidarité des travées. Ces procédés un peu trop empiriques, tout au plus acceptables dans un avant- projet, sont. aujourd'hui -condamnés par la jurisprudence du Conseil général des Ponte et Chaussées, à c«use des erreurs considérables qu'ils peuvent entraîner dans certains cas. Nous pensons d'ailleurs qu'avec les résultats numériques donnés à la fin de cet ouvrage, ils ne sont plus les seuls qui présentent l'avantage de conduire promptement au but.
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pliqués avant lui, calculer les- dimensions transversales d'une poutre à plusieurs travées, et qui pour cela doit rechercher les moments fiéchissants daiis les diverses sections; nous lui offrons pour y arriver une route nouvelle plus facile et plus sûre, toujours bonne quels que soient le nombre des travées et Tespacement relatif des appuis; en outre, pour le cas d'une poutre symétrique ayant ses travées toutes égales (à part leâ deux extrêmes ), ce qui est le cas ordinaire, nous établissons des formules spéciales, mais toujours démontrées sans fixer le nombre des travées, ni le rapport entre la longueur d'une travée de rive et celle d'une travée intermédiaire; enfin, nous donnons une grande quantité de calculs numériques tout faits, qui renferment la solution complète du problème pour les poutres de trois à douze travées, avec huit valeurs différentes du rapport dont on vient de parler (*).
Notre travail se divise en deux Chapitres, suivis d'un recueil de tableaux numériques, et de formules propres à une appli* cation pratique immédiate ; le premier Chapitre est consacré aux poutres dont les travées ont des longueurs quelconques, le second aux poutres dont les travées ont des longueurs
(*) Suivant une délibération du Conseil général des Ponts et Chaussées, une Commission a été nommée pour rédiger les formules applicables au calcul des ponts en métal. En qualité de rapporteur d& la Commission , nous nous sommes personnellement livré à des recherches détaillées sur la question des poutres continués, à plusieurs appuis : nous avons été ainsi conduit à agrandir beaucoup et à compléter, sur quelque» points importants, la théorie que nous en avions donnée dans la première Partie de notre Cours (§ II du Chapitre troisième), publiée' en 1869. Cette troisième Partie est donc, à véritablement parler,, le complément de la première, dont elle forme en quelque sorte un chapitre; le numéro d'ordre ne tient pas ici à une classification méthodique et rationnelle, mais simplement & la date d'une publication longtemps retardée, d'ailleurs, par des circonstances indépendantes de notre volonté.
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