CHAPITRE V. — MOUYEBIENT ALTERNATIF
roue est un cliquet, qui s'engage dans Tintervalle de deux dents, et qui est maintenu dans cette position par un ressort.
On voit que le cliquet, organe purement passif, empêche Tarbre de la roue à rochet de tourner dans le sens de la flèche/. Quant au mouvement dans le sens opposé, il s'efiFectue à peu près comme si le cliquet n'existait pas.
Les encliquetages sont des engins dont la destination est diverse, mais dont Torgane principal est toujours une roue plus ou moins analogue au rochet que nous venons de décrire. Quand le cliquet, au lieu d'être articulé -en un point fixe, est, comme C, attaché à une pièce mobile {fig. 225 6w), le mouvement descendant de cette pièce détermine une rotation de l'arbre du rochet, tandis qu'un mouvement inverse laissera cet arbre immobile. De la sorte, on peut communiquer un mouvement continu (ou tout au moins progressif) à un treuil 0, en imprimant au levier L un mouvement alternatif (^). 11 faut avoir soin d'installer quelque part un cliquet rétenteur Cj, afin d'empêcher le cylindre de revenir en arrière, pendant qu'il ne reçoit pas d'effort moteur.
La facilité avec laquelle un manœuvre peut développer un effort considérable en agissant à l'extrémité du levier, pour lui imprimer un mouvement de va-et-vient, rend cet organe précieux pour appliquer la force de l'homme. Un treuil à encli. quetage remplace avantageusement le treuil à manivelle, pour élever les matériaux à la partie supérieure d'une maçonnerie. L'ouvrier abaisse et relève alternativement le levier, dont chaque oscillation fait passer une dent de la roue : le mouvement se communique ainsi à l'arbre du treuil, et produit l'enroulement de la corde, qui passe sur une poulie de renvoi, et vient enfin s'attacher au fardeau qu'il s'agit d'enlever. Un contrepoids fait que le manœuvre exerce seulement son action de haut en bas.
Levier de la Garousse, — LelevierdelaGarousse(y?^. 226 6w), connu depuis le dernier siècle, porte un double cliquet moteur, de manière qu'il y a effort exercé sur le rochet, pour
(') L'emploi des encliquetages fournit le seul moyen connu, qui permette de fonder uniquement sur des combinaisons géométriques la transformation d'un mouvement oscillatoire en mouvement progressif.
ags DEUXIÈME SECTION. — - THÉORIE DES HÉCÀNISMES.
chaque oscillation simple : on diminue ainsi les intermittences du mouvement.
Pied-de-biche des scieries. — On trouve également un cliquet moteur, ou pied-de-biche, dans les scieries mécaniques à mouvement alternatif, pour commander la crémaillère qui fait avancer la pièce de bois à chaque coup de scie.
Inconvénients des encliquetages ordinaires.
Ces inconvénients sont : d'une part, les chocs bruyants du cliquet sur la roue, et de la roue sur le cliquet, d'autre part les temps perdus qui résultent de ce que le cliquet n'est jamais exactement en prise, à la position du repos.
On évite Je bruit par l'emploi de [Vencliquetage muet {Jig. 227 bis) y dans lequel le cliquet, au lieu d'être chassé par un ressort, est mû par un levier qui le met en place au moment convenable.
Mais les encliquetages les plus parfaits, au point de vue de la suppression complète du bruit, des chocs et des temps perdus, sont les encliquetages à frottement, dont nous exposerons plus tard la théorie, et dont nous allons dès à présent citer un exemple.
Encliquetage Dobo {fig. 228 bis), — Le roche t denté est remplacé par une roue folle A, qui reçoit directement le mouvement et doit le transmettre à l'arbre 0. Celui-ci porte quatre ailes a, a, ... , articulées près du centre, et maintenues par des ressorts de façon que l'extrémité de leur courbe extérieure louche la circonférence de la roue.
Ceci posé, il est facile de comprendre le jeu de l'appareil. Quand la roue tourne dans le sens de la flèche, sa circonférence intérieure frotte contre la courbe extérieure des leviers, oblige les petits ressorts à fléchir, et n'entraîne pas l'arbre dans son mouvement, parce que chaque aile cède sous l'action du frottement.
Quand la rotation a lieu en sens inverse, le frottement tend également à faire tourner les leviers autour de leurs axes; mais, comme la longueur de la ligne menée de l'angle I à l'axe E est telle que cette extrémité peut s'éloigner du point à une distance plus grande que le rayon intérieur de la jante, il