CHAPITRE V. — PARALLÉLOGRAMIHE DE WATT
se produit un arc-boutement des leviers contre la roue, ce qui les rend, ainsi que Tarbre, solidaires avec celle-ci.
Les ressorts étant disposés de manière à tenir constamment Fangle extérieur des ailes appliqué contre la surface interne de la roue, Faction de cet encliquetage se produit dès que le mouvement commence en sens contraire de la flèche (^).
30 Combinaisons de pièces articulées.
En combinant un certain nombre de balanciers, bielles, liens, et en général de pièces rigides réunies par des articulations, on obtient assez simplement des mouvements oscillatoires d'une grande complication.
Nous n'insisterons pas sur ces mécanismes, dont Tusage est naturellement restreint à un petit nombre de cas spéciaux; mais nous devons décrire avec détails Tapplication curieuse des propriétés des systèmes articulés à la production d'un mouvement à peu près rectiligne.
Parallélogramme de Watt,
Dans les machines à vapeur à balancier, la tige du piston, après avoir traversé dans une boîte à étoupes, ou stuffing box, le couvercle supérieur du cylindre, vient s'articuler à un lien dont l'autre extrémité est fixée au balancier. On transforme ainsi le mouvement oscillatoire rectiligne du piston et de sa tige en un mouvement oscillatoire circulaire (^); mais il im-
(') M. Clair a construit de petits appareils fort ingénieux, fondés sur les propriétés de l'encliquetage Dobo, pour transformer directement en circulaire continu un mouvement, rectiligne ou circulaire, dont le sens change à des intervalles irréguliers. L'un de ces appareils a été appliqué à l'indicateur de Watt, que nous étudierons plus tard.
( * ) Sur la machine à vapeur, considérée au point de vue de la transmission du mouvement.
Avant Watt, le balancier de la machine à vapeur se terminait par un secteur circulaire, au sommet duquel venait s'attacher une chaîne, fixée d'autre part à la tige du piston. Celui-ci n'avait ainsi d'action sur le balancier que pendant son mouvement descendant : le retour s'effectuait au moyen d'un contrepoids. Ce système était à la rigueur suffisant, pour des machines servant exclusivement à l'épuisement des mines.
Le parallélogramme de Watt rendit possible la machine de rotation, c'est-
porte d'empêcher que rextrémilé supérieure de la lige du piston ne se trouve soumise à des efforts obliques de la part du lien, ce qui amènerait promptement des fuites de vapeur par la boîte à étoupes. Le parallélogramme de Watt résout le problème du guidage de la tige en ligne droite, seulement d'une manière approximative, mais avec une exactitude suffisante pour la pratique.
On facilite la théorie géométrique de cet appareil, en considérant d'abord la combinaison plus claire qui constitue le balancier à bride ou parallélogram,m,e simple.
Soient OA {Jig. 288) le balancier, M l'extrémité de la tige du piston, qui doit parcourir la verticale TT'. Prolongeons le lien AM |d'une certaine quantité MB, et relions le point B à
à-dire une machine dans laquelle le mouvemeot alternatif du piston détermine la rotation continue d'un arbre de couche, par l'intermédiaire du parallélogramme, du balancier, de la bielle et de la manivelle. Seulement les machines de Watt ont le grave inconvénient d'occuper avec leurs accessoires une place considérable, et l'on est conduit à supprimer tout cet attirail dans un grand nombre de cas. Voici quelques-unes des dispositions actuellement en usage pour transformer plus simplement le mouvement oscillatoire du piston en un mouvement de rotation continu.
Machines à connexion directe. — Maudslay articule directement la tige du piston sur la bielle qui conduit la manivelle {PL XXVIII, fig, 244); l'extrémité de la tige est guidée par deux montants verticaux, entre lesquels se meut un galet qui doit rouler successivement sur l'un et sur l'autre. Nous avons déjà dit qu'il est préférable de remplacer le galet par des glissières à larges surfaces, qui permettent de graisser convenablement les contacts.
Aujourd'hui, dans toutes les machines horizontales, la tige du piston se termine par une coquille^ munie de deux larges patins embrassant des guides fixés au couvercle du cylindre {PL XV, fig. i36). En composant ces guides de deux flasques jumelles situées de part et d'autre de la tige, tout l'espace intermédiaire reste libre pour le passage de la bielle. On place aussi les guides dans le plan vertical de la tige : alors la partie de la bielle qui vient s'articuler sur la coquille a la forme d'une fourche. Ce dernier système parait être de moins en moins employé.
Machines oscillantes, — Dans les machines de M. Gavé {fig. 245), le cylindre est mobile sur deux tourillons qui lui permettent de s'incliner de part et d'autre de sa position moyenne. La tige remplit alors la fonction de bielle, et commande directement la manivelle.
Machines à fourreau. — Enfin, dans certaines machines de bateau à hélice, où la place est excessivement restreinte, la tige du piston est creuse : elle forme une sorte de fourreau, dans l'intérieur duquel joue librement la bielle, articulée sur le piston lui-même. Ces machines sont fort répandues dans la marine anglaise.