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CHAPITRE II. TRANSMISSIONS PAR COURROIES

seconde poulie dite poulie folle, de -même diamètre que la poulie motrice, mais pouvant tourner indépendamment de l’arbre. Quand" l’ouvrier veut arrêter sa machine, il fait passer la courroie sur la poulie folle au moyen d’une fourchette {*). L’arbre, qui ne reçoit plus de force motrice, ne tarde pas à s’arrêter; mais la courroie continue son mouvement, et il suffit, par un mouvement inverse de la fourchette, de la faire repasser sur la poulie motrice, pour remettre immédiatement la machine en activité.

Une pareille transmission fonctionne avec une grande douceur, sans bruit, sans vibrations, et s’installe avec beaucoup plus de facilité qu’un engrenage : aussi les courroies sont-elles fort employées par l’industrie. Seulement, comme elles sont sujettes à glisser sur les poulies, quand la résistance est trop grande, elles ne peuvent convenir aux cas où la condition principale de la transmission est une relation constante bien exacte entre les* mouvements des deux arbres.

D’ailleurs, pour peu qu'une courroie soit tendue, il faut, comme nous l’avons déjà dit, une force énorme pour vaincre son frottement sur un cylindre fixe, de sorte que le danger du glissement sera en général peu important, excepté poulies mécanismes qui exigent une grande précision. Il y a plus : la seule possibilité de ce glissement, maintenu dans des limites convenables par une tension modérée, est une propriété très-précieuse du mode de liaison que nous étudions, quand la résistance est sujette à éprouver brusquement des variations importantes : le glissement qui se produit alors est une garantie contre dés accidents plus graves.

Des appareils nommés temleurs servent à régler la tension et à lui donner une vgleur suffisante pour empêcher le glissement, sans toutefois la rendre assez forte pour fatiguer les arbres et leurs supports. On emploie assez généralement une poulie, dite poulie de tension, dont la chape est fixée à l’une des branches d’un levier de forme quelconque, tournant autour d’un axe fixe. L’autre branche du levier est chargée de

( * ) Il faut remarquer qui 1 la fourchette doit toujours agir sur le brin qui arrive sur la poulie et non sur celui qui la quitte; nous verrous l’explicatiou de ce l'ait.

234 DEUXIÈME SECTION. — THÉORIE DES MÉCANISMES, poids qui pressent la poulie contre la courroie. 11 est facile de régler la tension en faisant varier la distance de la charge au point d’appui du levier.

Forme des poulies pour courroies. — On pourrait donner aux poulies qui portent des courroies la forme cylindrique j on s’opposerait au déplacement latéral en terminant la poulie de chaque côté par une joue de plus grand rayon que la jante proprement dite.

11 vaut mieux former la poulie de deux troncs de cône accolés par leurs grandes bases, ou, en général, prendre pour la génératrice de la surface de la jante un profil convexe. Pour justifier cette forme, considérons une courroie placée sur une poulie conique (PI. XVIII. fig. 181). Le côté le plus rnpprochp du sommet tourne moins vite que l’autre; par suite la courroie tend à se placer obliquement, et le brin qui s’enroule cherche à se rapprocher de la base du cône; par conséquent, avec la forme bi-coniquc, la courroie se maintiendra d’elle-même au milieu de la poulie. Sur une poulie plate munie de deux rebords, on aurait, au contraire, des mouvements irréguliers de la courroie contre ces rebords.

Cordes et chaînes.

C’est presque toujours aux courroies qu’on a recours comme • organe flexible de transmission de mouvement. Les cordes ne se rencontrent guère que dans certains mécanismes grossiers : les poulies sont alors anguleuses et pourvues de deux rebords. Quant aux poulies de renvoi, pour lesquelles il n’y a pas lieu de se préoccuper du glissement, leur section est en forme de gorge proprement dite, ou demi-circulaire.

Les câbles en chanvre ou en aloès sont au contraire d’un usage très-fréquent dans la marine et dans l’art des mines. Un câble d’extraction est généralement plat comme une courroie; il est formé de quatre, cinq ou six aussières cousues ensemble, et s’enroule sur une bobine, de manière que les spires se recouvrent successivement.

Les chaînes en fer sont assez peu usitées, sauf quelques circonstances spéciales.

L’industrie emploie la chaîne ordinaire, la chaîne à la Vau-

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