CHAPITRE V. MOUVEMENT ALTERNATIF. 7.8l
aux conditions les plus variées. Dans tous les cas, les courbes de raccordement permettent le changement graduel de la vitesse, conformément à ce que nous venons de recommander.
C rémaillère double oscillante. — Un système parfaitement analogue, dans lequel une crémaillère est substituée à la roue tronquée (Jig. 226), sert à transformer le mouvement circulaire continu en mouvement rectiligne alternatif (* ). Dans le cas de la disposition F, la vitesse varie brusquement, et l’effet est généralement moins bon.
Roue à demi-denture avec double pignon [Jig.in.']). — Dans ce mécanisme, qui produit également un changement brusque dans le sens de la rotation d’un arbre AB, l’arbre moteur est terminé par une roue de champ, dentée sur la moitié de son contour. Cette roue engrène alternativement, pendant un demitour avec le pignon A, pendant le demi-tour suivant, avec le pignon B; et le sens de la transmission change deux fois pour chaque tour de la roue.
2" Cames. — Excentriques.
On donne le nom de cames ou d'excentriques à des pièces de formes plus ou moins compliquées, qui tournent autour d'un centre fixe, en poussant devant elles d’autres pièces convenablement guidées. Il est facile de déterminer le profil d'une came, de manière à obliger la pièce conduite à prendre le mouvement que l’on veut.
Marteaux de forge. — Nous avons déjà indiqué l’usage des cames en développante, pour le soulèvement d’un pilon; les marteaux de forge présentent une disposition analogue ( Jig . 22.8). Dans les appareils de ce genre, la came a seulement pour fonction de soulever le marteau : la chute de celui-ci est déterminée par l’action de la pesanteur, aidée, s’il y a lieu, par celle d’un ressort ou rabat.
Cisailles. — Une cisaille ordinaire sc compose d’une mâchoire fixe, et d’une mâchoire mobile autour d’un point fixe. Cette dernière se prolonge de l’autre côté du point fixe, sous la
(*) Il est possible avec lu disposition F, en donnant il la crémaillère la liberté de prendre un petit mouvement transversal, de no pas fausser du tout l’arbre du pignon.
DEUXlftMK SECT10X. THÉORIE DES MÉCANISMES.
forme d’une longue queue qui porte sur un excentrique. Le poids de tout cet appareil maintient la pièce mobile appliquée sur la came, de sorte qu’il n’y a pas de choc comme dans les marteaux.
Excentriques.
Les excentriques proprement dits sont combinés de manière à guider une pièce à mouvement alternatif, dans toute l’étendue de sa double excursion : ils peuvent se' ranger dans deux catégories principales.
i" Excentriques agissant sur des galets. — Soit r=f(0)
l’équation d’une courbe en coordonnées polaires. Faisons tourner cette courbe autour du pôle, avec une vitesse angulaire constante n: les rayons vecteurs qui viendront à l’époque t se placer dans une direction fixe déterminée, prise pour origine des angles 0, s'obtiennent en faisant dans l’équation de la Courbe
0 — nf.
On conclut de là
r=f{nt).
Imaginons maintenant, suivant la droite (0 = o), une lige guidée de manière à pouvoir seulement se mouvoir dans sa propre direction, et assujettie à s’appuyer sur la courbe mobile : il est clair que la loi du mouvement rectiligne d’un point de cette lige sera donnée par l’équation
x—f(nt).
Réciproquement, connaissant la loi du mouvement qui doit animer la tige, ainsi que la vitesse angulaire n, on déterminerait le profil de l’excentrique.
Généralement, l’excentrique agit sur la tige par l’intermediaire d’un galet, dont l’axe est fixé à celle-ci : par suite, quand on a arrêté le tracé de la courbe conductrice, sans se préoccuper du galet, il faut raccourcir la courbe, suivant toutes ses normales, d’une quantité égale au rayon de ce galet.