CHAPITRE 1 . «ÊxCRAMTÊS SCR LES MACBI.NES
Une machine, au point de vue cinématique, est un instrument destiné à établir, entre les mouvements simultanés de deux corps, une relation géométrique donnée.
C’est ainsi que la minuterie d’une horloge a pour effet d'obliger les deux aiguilles à tourner dans le même sens l’une que l’autre, avec des vitesses angulaires dans le rapport de douze à un. El il est clair que celte loi n'est aucunement influencée par la nature du mouvement, lequel peut indifféremment être lent ou rapide, continu ou alternatif.
II. Il y a I ieu également de faire assez bon marché de la distinction entre le mouvement circulaire et le mouvement rectiligne : les engins qui se rapportent à ces deux mouvements sont fondés sur les mêmes principes, et se déduisent trop facilement les uns des autres pour qu’il soit convenable et même possible de les étudier séparément (*}. Toutes les différences se réduisent à quelques détails de construction dont l’importance, à notre point de vue, est très-minime.
III. Mais une distinction qu’il importe au contraire de bien établir, c’est celle des mouvements susceptibles d’une étendue indéfinie, et des mouvements, rectilignes ou circulaires, dont l’amplitude est géométriquement limitée (**).
La bielle d’un rouet, par exemple, met en relation deux points assujettis chacun à tourner autour d’un axe fixe; mais les mouvements de ces deux points jouissent de propriétés toutes différentes ; en effet, les dimensions et les positions relatives des diverses pièces sont telles, que rien n'empêche la roue de faire son tour complet, tandis que l'excursion de la pédale est forcément limitée.
11 suit de là que, la roue étant animée d’un mouvement de rotation continu, le mouvement de l'autre extrémité de la bielle devra changer périodiquement de sens, chaque fois que la pédale atteindra le point le plus haut ou le point le plus
(•) A plus» forte raison ne consacrerons -nous pas une classe spéciale aux mouvements qui s’effectuent suivant des courbes autres que la ligne droite et le cercle.
(•*) Un mouvement rectiligne quelconque aura nécessairement dans la pratique une étendue limitée : nous rangeons dans notre première catégorie tous ceux do ces mouvements dans lesquels la limitation ne resuite pas d’une impossibilité géométrique.