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CHAPITRE I. GÉNÉRALITÉS Sl'R LES RACIII.NES

géométrique, dans laquelle il 11 e sera question, ni de la force motrice, ni de la résistance à vaincre; mais il est bien entendu que la mécanique des forces pourra toujours opposer son veto à la marche, surtout à la marche fructueuse, de tout engin créé sans sa participation.

L’introduction de la théorie des mécanismes dans l’enseignement de l’École Polytechnique date de la première organisation donnée par Monge à l’instruction de cette école.

o On entend, dit Monge (*), par éléments des machines, » les moyens par lesquels on change la direction des mouve- » ments, ceux par lesquels on peut faire naître les uns des » autres, le mouvement progressif en ligne directe, le mou- » vement de rotation, le mouvement alternatif de va-et-vient. » On sent que les machines les plus compliquées ne sont que » les résultats des combinaisons de quelques-uns de ces » moyens individuels, dont il faudra faire en sorte que l’énu- » mération soit complète. »

Celte énumération, commencée par Hachette, fut exécutée par Lanz et Bétancour (**) dont le travail, adopté par le conseil de l’École, est bien longtemps demeuré classique. Dans l’exposé que nous allons faire, nous prendrons de préférence pour guide le traité plus récent de M. Robert Willis (***), lequel est certainement l’ouvrage le plus parfait qui ait été publié sur les applications de la Cinématique aux machines. Le livre de M. Willis est également remarquable par la netteté avec laquelle le sujet est circonscrit et traité, par la justesse des idées, et par l’habileté avec laquelle la théorie et la pratique y sont combinées.

On peut aussi consulter avec beaucoup de fruit l’ouvrage de M. Laboulaye, et enfin, au point de vue spécial de notre programme, le Traité de Cinématique de M. Belanger. La partie de cet ouvrage, qui est relative aux organes de machines, est entièrement conforme aux nouveaux programmes rédigés en i85o par le général Poncelet, et en usage depuis cette époque à l’École Polytechnique.

(*) Rapport lu à la Convention nationale, le 3 vendémiaire an III.

(**) Essai sur ta Composition des Machines ; ï8o8.

(***) Principes of Mechanism,

ç I. — Classification des machines élémentaires, d’après Robert Willis.

Lanz et Bétancour commencent par distinguer les mouvements qu'on emploie dans les arts en trois classes, suivant que ces mouvements sont ou rectilignes, ou circulaires, ou déterminés, d'après des courbes données. Chacun d'eux est d'ailleurs continu ou alternatif (de va-et-vient); et on peut, par conséquent, les combiner deux à deux de quinze manières différentes, ou de vingt cl une, si l’on combine chacun de ces mouvements avec lui-même. Toute machine a pour but de changer ou de communiquer un ou plusieurs de ces vingt et un mouvements.

Ce système célèbre a été généralement adopté : il est commode de s'y conformer, quand on se propose seulement de dresser un catalogue, de faire une énumération complète, ainsi que le demandait Monge. Mais, au point de vue d'une élude méthodique, on peut faire à la classification de Lanz et Bétancour les reproches suivants :

1. Le caractère distinctif principal est pris dans la nature du mouvement des pièces en action, mouvement qui est rectiligne ou circulaire, continu ou alternatif : on n'a pas oublié qu’Ampère définit une machine, comme servant à modifier un mouvement donné ?.

Mais si l'on se reporte à la théorie géométrique des mouvements simultanés, on reconnaîtra bien vite que les relations établies par un mode de liaison quelconque entre les vitesses des diverses pièces qu’il met en rapport, ne dépendent en aucune façon de la nature du mouvement qui anime ces corps. Les engins qui servent à lier deux mouvements continus, fonctionnent identiquement de la même manière dans le cas de deux mouvements alternatifs (au moins tant qu’on reste dans le domaine de la Géométrie pure), de sorte qu’il serait assez peu philosophique de les faire figurer deux fois dans une classification.

Il convient donc de changer la définition d’Ampère; et, au lieu de considérer une machine comme ayant pour effet de modifier un mouvement donné, nous dirons :

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