‹ Cours de mecanique (volume 2)Chapitre 19 sur 88 · X AB · texte numérisé non relu

X AB

Ainsi, en exceptant le cas où P = Q, deux forces parallèles, et de sens contraire, ont toujours une résultante, qui leur est parallèle, dirigée dans le sens de la plus grande, en dehors des directions des deux forces, et du côté de la plus grande; elle est égale à leur différence, et chacune de ces trois forces est proportionnelle à la distance des deux autres. Le point X, situé sur la droite qui joint les points d application des deux forces, est encore indépendant de la

’ l'nsMlLBE ANNÉE. STATIQUE. S5

direction et de la grandeur absolue de ces forces ; et c’est encore lui que nous désignerons sous le nom de point tl'iip- ' plicalion de la résultante.

Si les deux forces étaient égales , l'inconnue AX deviendrait infinie, ce qui annonce une impossibilité. Il n’y adonc pas alors de résultante , él il est facile de s’ en convaincre directement. En effet, supposons que les deux forces égales P et'Q (fig- 10 ) aient une résultante , et faisons tourner le système entier de deux angles droits autour du milieu O- , de AB, de manière que les deux forces P et Q se remplacent l’une l’autre, et, par conséquent , donnent encore la mèmé résultante. Leur résultante primitive sera transportée symétriquement par rapport au point O, si elle est dans le plan des forces; et, dans le cas contraire, elle 11e sera pas dans 1111 même plan avec sa première position. Or, si ces deux forces pouvaient se remplacer l’nne l’autre, il y aurait équilibre entre l’unedes deux et 1 'au.lre , prises en sens cou-., traire, ce qui est-absurdq, puisque ces deux dernières 11c seraient pas directement opposées. , - •

U11 pareil système de forces a été- notyuné couple par M, l’oinsot, qui en a fait un élément essentiel de la mécanique.

31 .• Les Coordonnées du. point d’applicatioç dp la résultante peuvent facilement être calculées, d’après celles des points d’application des deux forcis parallèles.

Supposons d’abord ces deux forces- de même sens, désignons-les par P', P"; soreût M" [fig> n) leurs points d’application , M, celui dp la résultante qui sera situé entre les deux; et z\ z" ’, z, les coordonnées parallèles à l’axe des z, de ces trois points. f - •

On aura, parce qui précède, . . -

Or, quels que soient les signes des coordonnées, 011 a la pro-

COURS DK MECANIQUE-.

portion générale

L'équation ci-dcssus devient donc, en remplaçant M'M, et M, M" par les quantités proportionnelles,

ou

PV+P"t" = (P' + P")i,, ou enfin, eu désignant par R la résultante,

Cette équation fait donc connaître z,; et l’on trouverait semblablement les deux autres coordonnées x, et y, du point d’application de la résultante.

Si les deux forces P', P" sont de sens contraire , soit, par exemple, P" la plus grande, le point d’application M, (/ îg . 12) sera en dehors de M'M", et du côté de M"; on aura alors

Mais on a généralement

donc

ou

(P" -P') î, = P"z" — PV;

et, en désignant par R la résultante qui est dans ce cas -P" — F,

On aurait deux équations semblables , pour les coordonnées parallèles aux deux autres axes; et l’on connaîtra

l‘IlKMli'RK ANNÉE. STATIQUE. 2J

encore les coordonnées X,, y t , s, du point d'application de la résultante.

32. Moments. — Les équations d’où nous venons de tirer les coordonnées du point d’application de la résultante, expriment un tliéorctue qui sera généralisé tout à l’heure, et qui est d’une application continuelle. Chacun des termes qui les composent est le produit d'une force par la coordonnée positive ou négative de son point d’application , par rapport a un plan quelconque. Un pareil produit se nomme le moment de cette force par rapport au plan.

D’après cela , les équations précédentes expriment que le moment de la résultante de deux forces parallèles est égal à la somme des moments des composantes quand elles agissent dans le même sens; et à leur diilérence quand elles sont de sens contraire. Dans ce dernier cas, le moment qui a le signe — est celui delà force qui est de sens contraire à la résultante.

Pour réduire ces deux énoncés à un seul, il suffit d’employer la considération des signes pour les forces parallèles, et de regarder comme positives celles qui agissent, par exemple , dans le sens de la résultante, et comme négatives celles qui agissent en sens contraire.

Cela posé, en appelant moment le produit d’une force, positive ou négative, par sa coordonnée, de signe quelconque , on aura la proposition générale suivante :

Le moment de la résultante de deux forces parallèles quelconques est égal à la somme algébrique des moments des composantes.

33. Cas d’un nombre quelconque de forces parallèles. — Considérons maintenant un nombre quelconque de forces parallèles, non situées dans un même plan; et d'abord supposons-les toutes de même sens. En composant deux d’entre elles en une seule, puis celle nouvelle force avec une troisième, et continuant ainsi jusqu'à la dernière

des forces données, on obtiendra une résultante parallèle ' aux forces et égale à leur somme. Sa direction passera par un point qui ne dépendra que de la position des points’ d'application des forces données et du rapport de ces forces , mais nullement de leur grandeur absolue ni de la direction, à laquelle elles sont parallèles. Tout cela résulte immédia* icincnt de ce qui a été démoutré sur la composition de deux .• forces parallèles. •

Si les forces ne sont pas toutes dirigées dàus le même- • sens , on composera eu une seule toutes celles qui sont dans un même sens, et le. système sera réduit d’abord à deux forces respectivement égales à la somme de celles qui tirent dans chacun des deux sens. Elles se composeront généralement en une seule égale à la différence, tirant dans le sens de la plus grande, et dont le point d’application ne dépen- . dra que des positions des points d’application de toutes les forces et du rapport de ces forces. Ge point remarquable se nomme centre des forces parallèles. '■ ’ ,

Si les deux résultantes partielles étaient égales, mais non directement opposées , le système n’aurait pas de résultante;-’ il se réduirait à un couple, et il n’existerait plus de centre des forçcs parallèles. Si elles sont égales et opposées, il y a équilibre.

31. Théorème des moments des forces parallèles.- — La proposition que nous avons démontrée tout à l'heur» pour deux forces parallèles s’étend facilement à Un nombre quelconque. Pour plus de Simplicité, partageons le système detoutes ces forces en deux autres , dont le premier renferme toutes les forces P', P", P w , etc., qui sont dirigées dans un .même sens; et le second, toutes les forces Q'.Q'.Q"', etc., dirigées dans le sens opposé. Soient K la résultante des forces P', P* etc., et Scelle des forces Q', Q", etc.

En composant d’abord P' et P", on a une résultante P, dont le moment, par rapport à un plan quelconque, est

VnlSIlfcRK *NN1ÎK. — ST.VT1QUF. ' 2y

égal à la somme des moments do P' el P", d'après ce <jui a été démontré précédemment. Composait ^ensuite P, et P'" en une nouvelle résultante P, 3 1 J momenx do cette dernière serâ’égal à la somme de ceux dè P, et P'", et, par conséquent, à la somme des moments de P', P", P w . En continuant ainsi, on arrive évidemment à cette conséquence, que. le moment de la résultante R est /égal à la somme de ceux des forces du premier groupe P', P", etc. De même, le moment de la résultante S est égal à la somme des moments des forces Q', Q", Q w , etc., du second groupe, qui sont toutes dirigées eq sens contraire des premières.

Or, si les deux forces R, S ne forment pas un couple, elles se réduisent à une seule force qui sera la résultante définitive du systèhie proposé, et dont le moment sera égal à la somme algébrique des moments de R et S, en considérant comme positive celle qui est dirigée dans le même sens que la résultante, et comme négative celle qui est dirigée en sens contraire. Supposons, par exemple, que cette dernière soit S , et que les coordonnées des points d'application de R et S soient respectivement r, s ; le moment de la résultante du système sera

Hr — S s;

c’est-à-dire qu’il sera égal à- la somme des moments des forces qui sont dirigées dans le meme sens que la résultante, moins la somme des moinenLs des autres. - D’où l’on voit que cet énoncé se simpliGera, en attribuant implicitement le signe — aux forces dirigées en sens contraire de la résultante , et l'on obtient ce théorème général :

Le moment de la résultante d’un système quelconque de C errees parallèles est égal à la somme algébrique des mo ments de ces forces par rapporta un plan quelconque.

On peut remarquer qu’on peut aussi bien convenir de donner le signe implicite — aux fort es dirigées dans le sens de la résultante, en y comprenant celte dernière,- pourvu

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qu’on donne le signe -I- à relies qui sont de sens contraire; car cela ne ferait que changer de signe tous les t. rmes des équations.

3î>. Coordonnées du centre des forces parallèles . — I.e théorème des moments donne immédiatement l’expression des coordonnées du centre des forces parallèles , au moyen de celles des points d'application des forces données , et des valeurs positives ou négatives de ces forces. Il suflit de considérer successivement les moments par rapport aux trois plans coordonnés rectangulaires ou obliques. Soient P, P', P", etc., les valeurs algébriques des forces du système; .r, y, z, x', y', z\ etc., les coordonnées de leurs points d’application ; R la valeur de leur résultante générale, et .r,, y,, Zi les coordonnées de son point d'application, c’està-dire du centre des forces parallèles; on aura les quatre équations suivantes pour déterminer R et .r,, y,, t| :

R.V, = Pv 4- P y 4- P" y" -I-...,

11 faut excepter, comme nous l’avons dit , le cas où le système se réduit à un couple ; ce qui aura lieu si l'on a R = o, sans qu’il y ait équilibre. Nous nous bornons , poulie moment, à cette simple indication; nous aurons bientôt 1 occasion d’entrer dans plus de détails à cet égard.

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