Cours de médecine du Collège de France
TOUS avons annoncé l’intention de traiter d’abord des phénomènes généraux qui se rattachent à ce système, et d’aborder ensuite l’histoire particulière de ses différentes parties. Nous avons dans le coure du dernier semestre, rempli, autant que le permettait l’état de nos connaissances sur ce sujet, la première partie de ce programme. Il nous reste à étudier les nerfs isolément, à nous rendre compte de leur influence propre sur les
manifestations fonctionnelles de l’individu sain, et à suivre les altérations qui, chez l’individu malade, viennent les modifier o,u les suspenijre.
■ Mais, d’abord, faisons une revue sommaire des corn naissances que nous avons acquises et de celles qui nous restent à considérer.
Nous avons vu que. les questions générales que soulève la physiologie du système nerveux sont loin d’être toutes résolues.
.4insi, toutes les expériences d’électro-physiologie, qui sont si intéressantes et si instructives, ne nous ont encore rien appris sur la nature essentielle de l’agent nerveux. Nous avons même vu que les propriétés électriques des nerfs et des muscles, qu’on doit regarder comme des conditions normales, paraissent cependant distinctes de la propriété nerveuse proprement dite. Lorsqu’on sépare de l’individu vivant un muscle et un nerf et qu’on les laisse mourir spontanément, on voit, il est vrai, ces organes perdre peu à peu leurs propriétés physiologiques d’irritabilité et d’excitabilité en même temps que leurs facultés électro-motrices s’anéantissent, Mais si, au contraire, on a tqé brusquement le nerf on le muscle par un agent toxiqqe, il semble alors que la propriété physiologique puisse s’évanouir, tandis que les propriétés électro-motrices, restant dans leur état ordinaire, ne s’éteignent que lentement, k mesure que disparaissent les phénomènes nutritifs encore entretenus probablement par le sang qui baigne le tissu organique. On a constaté, par exemple, que la propriété électro-motrice persiste normalement dans un nerf qui, après avoir
été tué par le ciirare, a perdu complètement ses propriétés physiologiques motrices. Cette expérience prouverait clairement, si elle se vérifiait pour le tissu musculaire, que la propriété physiologique des tissus n'est pas inhérente à leur propriété électro-motricê et qu’elle est sous l'influence de conditions qui nous échappent encore; à moins qu’on admette que les manifestations électriques qü’on a vues persister dans le nerf mixte curaré soient dues exclusivement au nerf sensitif, qui .est respecté par ce singulier poison.
Relativement à la nature de l’agent nerveux, nous ne sommes donc en réalité guère plus avancés que les anciens; et si nous n’admettons pas comme eux des es^ prits animaux, nous admettons un agent nen'eux- également inconnu.
Toutefois nos connaissances sont bien supérieures à celles des anciens sur toutes les questions qui touchent non plus à la nature, mais à la distribution de Tagent
nerveux; et nous savons que les mêmes parties ne
' servent pas à transmettre indistinctement les actions
sensitives et motrices.
Nous savons en outre que ces propriétés nerveuses ne sont pas différenciées seulement par la séparation des organes chargés d’en opérer ladistrihution, mais encore qu’elles sont de nature essentiellement différente, puisr qu’ilnous a été possible, par certains réactifs, de détruire les unes en respectant les autres. De plus, nous savons encore que, bien que distincts et pouvant même être séparés l’un de l’autre, le mouvement et le sentiment n’en sont pas moins unis physiologiquement par
la solidarité la plus étroite : il est impossible en effet qu’ils agissent normalement l’un sans l’autre.
A cette distinction des propriétés nerveuses et à la constatation de leur influence réciproque se bornent à peu près les notions générales qu’il nous a été jusqu’ici possible d’acquérir, les faits qu’il nous a été possible de démontrer expérimentalement.
Nous devons maintenant faire l’bistoire topographique des nerfs crâniens, qui présentent dans leur con-. stitution, dans leur distribution et leur origine une complexité bien plus grande que les nerfs rachidiens. Vous avez vu, dans ces derniers, la paire nerveuse présenlerune individualité complète et bien déflnie, due à la réunion de deux éléments anatomiquement et physiologiquement distincts. Dans les nerfs encéphaliques, cette association, qui fait une unité physiologique des deux éléments moteur et sensitif, existe encore,
. mais elle est beaucoup plus difficile à saisir.
Dans l’étude des nerfs crâniens, il pourrait paraître avantageux de commencer par ceux que leur simplicité ' lapproche le plus des nerfs rachidiens. Ce classement, qu’ont suivi Tiedemann, .Arnold, Bischoff, procède des nerfs qui partent de la partie postérieure de l’encéphale à ceux qui sortent de sa partie antérieure. Cet ordre, peut-être plus logique au point de vue anatomique, nous conduirait, dans l’examen des caractères physiologiques, à fractionner les fonctions nerveuses et à établir, pour les besoins de l’exposition systématique, des divisions qui nuiraient à la clarté des notions physiologiques d'ensemble; c’est pour cette raison que nous suivrons une
autre marche, qui nous a paru plus commode pour grouper les phénomènes nerveux que nous avons à étudier.
Les anatomistes ont proposé diverses classifications des nerfs crâniens. Willis les classa d’après l’ordre de succession des orifices de la dure-mère, par lesquels ils s’engagent d’avant en arrière pour sortir par la base du crâne. D’après cette base de classification, il distingua les nerfs de la manière suivante ;
De plus, Willis admettait encore une dixième paire constituée par le nerf sous-occipital.
Une autre division anatomique des nerfs crâniens, due à Sœmmerring et Vicq-d’Asyr, les a groupés par paires dans l’ordre suivant :
■ Ici chaque paire crânienne est due à l’ensemble de deux nerfs symétriques par rapport au plan médian; on ne tient compte, dans sa composition, que de la configuration, et il ne faudrait pas voir, dans ces douze paires anatomiques, des paires physiologiques telles que nous les avons comprises.
A notre point de vue, purement physiologique, l’individualité nerveuse est constituée par un élément sensitif pur (racine postérieure), un élément moteur pur (racine antérieure), et enfin un element sympathique agissant sur les organes de la vie nutritive, qu’on a encore appelé nerf trophique et que nous avons considéré comgie un élément moteur spécial, tenant surtout sous sa dépendance les phénomènes physico-chimiques de l’organisme. Nous aurons, par conséquent, à pour- •suivre d’après le même point de vue l’étude des nerfs de la tête; seulement, la détermination de notre unité nerveuse deviendra plus difficile.
Dans la moelle épinière, les racines antérieure et postérieure d’une même paire nerveuse se correspondent anatomiquement et entrent visiblement dans la constitution du même nerf mixte. Dans la tête, les corrélations anatomiques des nerfs sont beaucoup plus complexes; mais, heureusement, nous avons donné, à propos des nerfs rachidiens, un caractère physiologique d’association des éléments d’une paire nerveuse qui deviendra ici très-précieux pour nous diriger ; . nous voulons parler de la sensibilité récurrente qui associe toujours l’élément nerveux motem' à un élément sensitif déterminé. Nous rappellerons donc ici le principe que
nous avons posé à propos des paires rachidiennes, à savoir : gu'mnerf moteur jotie lerôlederadne antérieure par rapport àunnerf sensitif, toutes les fois qu’il reçoit de, ce dernier sa sensibilité réairrente; et que, réciproquement-, un nerf sensitif joue, par rapport à un nerf moteur, lé rôle de racine postérieure toutes les fois qu'il lui fournit la sensibilité récurrente. Quant à l’élément sympathique qui, émanant de la moelle épinière, entre encore dans la constitution de l’unité nerveuse, il nous serait difficile de dire, pour le moment, s’il est plus spéciale^ ment associé ii l’élément moteur d’une paire nerveuse qu’à son élément sensitil'. Notons seulement que les mouvements réflexes auxquels les nerfs sympathiques donnent lieu peuvent avoir pour point de départ, soit des sensations internes, soit des sensations externes, soit enfin des sensations spéciales.
Parmi les propriétés nouvelles que nous présentent les nerfs crâniens, nous devons surtout signaler celles qui appartiennent à un ordre nouveau de nerfs qui ne se rencontrent que dans l’encéphale; ce sont celles des nerfs spéciaux des sens, ou nerfs sensoriaux.
Relativement àla sensibilité des nerfs rachidiens, nous avons déjà longuement insisté, dans le semestre dernier, sur ce fait, que les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs intacts sont les uns et les autres sensitifs quoiqu’à des degrés divers; seulement, que l’un de ces éléments, le nerf sensitif, possède une sensibilité directe qu’il tient du centre nerveux et qui, après sa section, persiste dans son bout central, tandis que l’autre, le nerf moteur, possède une sensibilité récurrente qu’il tire du nerf sensitif et
qui après sa section persiste dans son bout périphérique.
Ala tête, les nerfs possèdentlesmêmes propriétés et les mêmes caractères physiologiques qu’au rachis; cela nous permettra donc toujours de distinguer un nerf moteur d’avec un nerf sensitif. Toutefois les nerfs des sens- spéciaux, ou nerfs sensoriels, présentent des propriétés tout à faits différentes. Pendant très-longtemps on avait cru que les nerfs, chargés de percevoir les impressions les plus délicates, devaient être doués d’une sensibilité exquise. Magendie, le premier, a montré qu’il n’en était pas ainsi, et que le nerf optique, le nerf acoustique, le nerf olfactif pouvaient être déchirés, contas, sans provoquer les moindres signesde douleur. Mais l’excitation de ces nerfs développe cependant des mouvements réflexes qui ne sont plus, dans ce cas, seulement le résultat d’une sensibilitéineonsciente,mais celui d’une sensibilité subjective, analogue aux propriétés du nerf sensitif sur lequel on expérimente. En effet, la contusion, l’irritation du nerf optique, déterminent même dans l’obscurité, des sensations lumineuses et la contraction de la pupille comme sous l’influence de la lumière extérieure elle-même.
Ici le nerf sensoriel se comporte, pour la direction de son action, comme un nerf sensitif, car le pincement du bout central du nerf optique détermine la contraction de la pupille chez l’animal rendu aveugle par cette section, tandis que le pincement du bout nerveux périphérique ne produit rien. De même aussi l’iiTitation du nerf acoustique détermine des sensations auditives subjectives.
Il est des nerfs spéciaux qui sont, en quelque sorte, in-
dant ils paraissent l’être moins que les racines rachidiennes proprement dites. Nous examinerons plus loin si ces nerfs qui semblent partager les propriétés des nerfs de sensibilité spécialeet celles des nerfs de sensibilité générale, doivent être considérés comme étant constitues par des fibres nerveuses d’une nature spéciale ou bien par un mélange de fibres nerveuses sensitives tactiies, et de fibres sensitives sensoriélles.
Outre les nerfs que nous avons examinés jusqu’à présent, nous trouvons encore parmi les nerfs crâniens l’élément du grand sympathique, qui, là, se divise en une multitude de ganglions qui tous ont des connexions plus ou moins intimes avec les rameaux des nerfs encéphaliques. Nous avons vu qu’il était prouvé que le grand
la moelle épinière. L’origine de ce nerf dans la région cilio-spinale est une des mieux établies. Nous verrons qu’à l’origine des nerfs crâniens, on trouve des branches qui doivent être considérées comme branches d’origine du grand sympathique.
En résumé, nous aurons à tenir compte, dans l’étude des nerfs de la tête, de quatre éléments au lieu de trois nue nous avons ■ seulement eu à considérer dans les
Toutefois, dans les nerfs rachidiens, on aurait pu avec raison considérer également un élément sensoriel qui transmet les sensations spéciales relatives aux impressions tactiles. Celaseraitd’autantplusrationnel qu’on sait aujourd’hui qu’il ÿ a des corpuscules spéciaux affectés aux sensations tactiles, on sait de plus que, dans les cas pathologiques, la sensibilité tactile peut être isolée de la sensibilité générale. Il y a des cas, en effet, dans lesquels une diminution de la sensibilité générale coïncidé avec la conservation de la sensibilité tactile. Les individus qui présentent cette lésion n’éprouvent plus de douleur par le pincement ou par l’irritation directe de la peau, quoiqu’ils perçoivent le contact des corps les plus légers, le frottement de la barbe d’une plume, par exemple,
On observe des cas dans lesquels, au contraire, la sensibilité générale est exagérée douloureusement avec diminution de la sensation tactile. On donne le nom- S hyperesthésie à cette augmentation de la sensibilité générale, et le nom S anesthésie à la perte complète de sensibilité générale et tactile, et enfin celui i’amlgésve à la perte de la sensibilité générale seule, avec conservation de la sensibilité tactile.
Il existe encore un autre cas dans lequel la sensibilité générale est conservée à peu près àl’état normal, tandis que la sensibilité tactile se trouve émoussée. Dans plusieurs de ces cas, la lésion m’a paru se rattacher à uiie lésion du grand sympathique en connexion avec le nerf de sensation spéciale. Nous verrons que la corde.du tympan, par exemple, exerce une influence de cette nature sur les sensations de la lan^e.
. Enfin, nous l'appellerons que la sensibilité peut revêtir les formes les plus variées ; que celle de la cornée transparente offre, sous ce rapport, les particularités les plus curieuses.
Les nerfs de la tête ne diffèrent donc pas dans leur na-
Iture des nerfs des autres parties du corps. Tôutefois l’intensité des propriétés nerveuses est plus considérable dans la face qu’ailleurs. Aussi la cinquième paire est sans contredit le nerf qui possède la sensibilité la plus exquise ; et lorsque cette propriété disparaît de l’organisme^ c’est en général dans les branches de ce nerf qu’elle disparaît en dernier lieu. Le facial tient sous sa dépendance les mouvements les plus variés. D’ailleurs cette suractivité des fonctions nerveuses daus la face peut être considérée comme liée à la suractivité circulatoire qui existe dans cette partie du corps. En effets il y a un rapport constant entre l’intensité des propriétés nerveuses et celle de la circulation. Nous savons que chez les animaux à sang froid, lorsque la circulation se ralentit avec l’abaissement de la température, l’activité des phénomènes nerveux diminue ; lorsque au contraire la température s’élève, l’activité des mouvements et des sensations se relève avec la température, qui amène une activité plus grande de la circulation. Il y a alors chez ces animaux un phénomène remarquable, sur lequel il est important d’insister. C’est que les propriétés’ nerveuses et celles des antres tissus disparaissent après la mort d’autant plus rapidement qu’elles étaient plus intenses pendant la vie ; tandis qu’au contraire, elles se conservent d’autant plus longtemps que l’animal se trouvait, au moment de la mort.
dans un état plus prononcé d’abaissement, de dépression de toutes les fonctions. C’est ce qui fait que l’on peut employer si utilement les grenouilles et autres animaux à sang froid, pour étudier après la mort les propriétés de leurs nerfs et en général de tous leurs tissus ; c’est encore pour cette raison qu’il vaut mieux I faire ces études sur ces animaux en hiver qu’en été. j
Chez les animaux à sang chaud, on ne peut pas se* livrer avec la même facilité à ces études, parce que les propriétés nerveuses disparaissent d’autant plus rapidement que l’animal sur lequel on opère a une circulation plus active et une température plus élevée ; plus rapidement chez l’animal adulte que chez l’animal trèsjeune, plus rapidement chez l’oiseau que chez le mammifère, etc.
Nous avons déjà dit ailleurs (d), qu’en- abaissant la température et, par suite, en ralentissant la circulation chez un animal à sang chaud, on voyait les propriétés nerveuses et musculaires persister après la mort beaucoup plus longtemps. Aujourd’hui nous allons revenir un instant sur ce sujet pour vous montrer que l’animal placé dans ces conditions ne diffère pas sensiblement d’une grenouille, et qu’on peut étudier comme chez la grenouille les propriétés nerveuses avec toutes leurs particularités. De sorte que si, très-souvent, on décrit certaines propriétés électriques, certains courants musculaires comme propres à la grenouille, cela tient uniquement à ce qu’on peut les étudier plus communé-
méat et le plus com'enablement sur cet animal, mais il ne faudrait pas croire (jue le système nerveux de la grenouille a des propriétés que ne possède pas celui des animaux plus élevés. Si l’on n’a pas étudié ou constaté ces propriétés chez ces derniers, c’est qu’elles disparaissent trop vite après la mort. Mais elles doivent être considérées comme existant chez ces animaux.
Pour vous donner la preuve de ce que nous venons d’avancer, nous avons prépb-é un lapin en lui coupant la moelle épinière, entre la cinquième et la sixième vertèbre cervicale, à la partie supérieure du plexus brachial, de telle sorte que l’animal respire encore par le diaphragme, peut-être un peu par la partie supérieure du thorax, car il a conservé quelques mouvements dans les membres antérieurs. L’animal a respiré d’abord d’une manière plus accélérée, ses oreilles se sont échauffées, la section ayant porté sur la région cilio-spinale. Bientôt les respirations se sont ralenties, l’animal a eu une défécation continuelle et les autres symptômes que nous vous avons déjà décrits. Mais il ne paraît pas autrement malade, car il mange des carottes qu’on lui a données.
Il y a sept heures que la section de la moelle a été faite. L’animal est refroidi dans tout son train postérieur, les mouvements réflexes y sont violents, la circution est très-ralentie dans toute cette partie du corps; et si nous observions la pression du sang dans les artères, nous la trouverions certainement très-affaibhe.Nouspouvons maintenant étudier les propriétés nerveuses sur
rent pas sensiblement de celles qu’on observe cbéz la grenouille et qu’elles sont même plus énergiques sous
Nous sacrifions d’abord l’animal par la section du btilbe rachidien, afin de vous montrer qu’après sa mort ces propriétés persisteront longtemps; mais nous aurions pu conserver ce lapin vivant et voir les mêmes 'phénomènes pendant plus longtemps encore.
Maintenant je fais ime incision à la cuisse et je découvre le nerf sciatique. On peut voir déjà, en faisant Tmoision des muscles, qu’ils jouissent d’une contractilité très-grande.
Actuellement je côUpe le nerf sciatique, j’isole ce nerf dans une certaine longueur, et, le soulevant avec un petit tube de verre, je fais loucher son extrémité de section sur la surface longitudinale d’un muscle voisin, et vous voyez aussitôt une contraction brusque avoir lieu dans toute la partie inférieure du membre où se rend le nerf sciatique. On peut voir ici très-bien que la contraction n’a beu que lorsque le nerf touche la surface externe du muscle par la surface coupée de son extrémité; tandis
du nerf avec la surface longitudinale du muscle, soit la surface longitudinale du nerf avec la coüpe du muscle.
En ce moment je désarticule la jambe du lapin, en conservant le nerf sciatique qui s’y rend, et je pemt, avec le long bout du nérf qui tient à la jambe, répéter toutes
tre dernier avec la patte gàlvànoscopique de la gre-
Nous constatons ici que, en mettant une portion du nerf en contact avec la surface longitudinale d’un muscle de la cuisse qui reste attachée au tronc; et Une autre portion du nerf en contact avec la coupe du même muscle, en ayant soin de soulever le nerf en anse entre ces deux points de contact, on voit survenir Une contraction brusque par le courant musculaire; absolument comme cela a lieu pour les pattes galvanoscopiques.
Nous pouvons également constater id qu’il y a ulie contraction dans la patte quand on pose le nerf sur la pointe et la surface des ventricules du cœur de l’animal.
Nous observons encore la contraction par l’excitation que nous avons appelée excitation métallique, qui ebU-
au bout de quelques instants les propriétés nerveuses et musculaires auraient complètement disparu. Nous n’avons, du reste, qu’à comparer, pour nous en rendre compte, les muscles du cou du même animal, au-dessus de la section de la moelle, avec ceux du train postérieur. Ces derniers se contractent au moindre attouchement de la pointe du bistouri, tandis que les autres ont perdu déjà depuis longtemps leur contractilité.
Nous pourrions encore continuer longtemps les mêmes études avec ces nerfs et ces muscles de lapin; mais ce que nous avons vu suffit pour vous prouver de la manière la plus évidente qu’il n’y a pas de différence radicale entre les propriétés du système nerveux des animaux supérieurs et celles des animaux inférieurs, et qu’en les ramenant dans des conditions de circulation et de calorification identiques, on obtient les mêmes . phénomènes. Cette démonstration n’est pas sans impor-
( tance, car souvent on entend dire qu’il n’y a pas de comparaison à faire entre les propriétés des nerfs d’une i grenouille et celle des nerfs de l’homme, par exemple. Il faut savoir au contraire que, quant à leur essence, ces propriétés sont exactement les mêmes,. et que tout ce qu’on peut constater sur une grenouille peut être constaté sur les animaux plus élevés. De sorte, donc, que nous pouvons parfaitement invoquer les expériences faites sur les animaux pour éclairer l’histoire de la physiologie du système nerveux chez l’homme.
Dans la prochaine leçon, nous commencerons l’histoire des nerfs de la face.