‹ Cours de médecine du Collège de FranceChapitre 14 sur 19 · NSRli’ PXEüilO-GASTRIQDB · texte numérisé non relu

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fréquence et les mouvements des côtes les accompagnaient. Pendant la galvanisation des bouts supérieurs des vagues, on vit l’œil devenir saillant, les pupilles et les paupières être très-dilatées, l’œil et l’oreille pâlir; mais, quand la respiration était complètement arrêtée, on voyait la langue devenir brune et les phénomènes de l’asphyxie se prononcer; le thorax était arrêté dans l’inspiration forcée, au point que les cartilages des côtes étaient déformés.

On cessa la galvanisation : l’animal était morL

Exp. — Sur un chien de chasse on mit à nu les deux nerfs vagues, on les souleva sur une anse de fil, et on les galvanisa tous les deux à la fois sans les

Pendant la galvanisation il y eut arrêt du cœur, arrêt de la respiration et saillie des yemc, ce qui prouvait qu’il y a à la fois action centripète et centrifuge dans le nerf vague. Ceci résulte encore de l’expérience suivante faite après la section du vague.

Exp. — Sur un autre chien, le vague étant coupé dans la région moyenne du cou, on galvanisa successivement le bout inférieur et le bout supérieur. La galvanisation du bout inférieur arrêta le cœur et laissa continuer la respiration. La galvanisation du bout supérieur arrêta la respiration et laissa continuer la circulation.

Pour le grand sympathique, la galvamsation du bout supérieur, centrifl^e, fit saillir l’œil.

La galvanisation du bout inférieur du grand sympathique ne produisit rien d’appréciable; ces effets n’ont du reste pas été suffisamment observés pour s’en

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faire une opinion complète d’après cette seule épreuve.

Les effets de la galvanisation des vagues sont aussi faciles à constater sur des grenouilles; c’est sur ces animaux qu’ils ont' été le plus souvent observés. Sous l’influence de cette excitation des pneumo-gastriques, le cœur s’arrête. Pour faire l’expérience, on peut ouvrir le canal vertébral ou couper la tête dé l’animal, de manière à mettre à nu l’origine des pneumo-gastriques sur

Nous mettons ici préalablement à nu le cœur d’une grenouille, en ouvrant sur les parois thoraciques une fenêtre assez petite pour ne pas livrer passage aux poumons. Nous coupons la tête de l’animal, ce qui n’empêche pas le cœur de continuer à battre; puis, nous galvaniserons la moelle allongée mise à nu. La galvanisation n’arrêterait pas le cœur si nous avions enlevé la moelle allongée sur cette grenouille, et galvanisé seulement la moelle épinière. Cette expérience prouve encore que ce n’est pas par l’intermédiaire de la moelle qu’agit le.pneumo-gastrique pdur arrêter le cœur.

Voici notre grenouille dont le cœur bat; elle a été décapitée et la moelle allongée mise à nu. Nous galvanisons la moelle dans le point d’origine des vagues; immédiatement le cœur s’arrête. On peut voir en même temps qu’il est dilaté : il s’est arrêté dans la diastole. Bientôt les mouvements recommencent.

Voyant l’arrêt du cœm- succéder à la galvanisation du pneumo-gastrique dans la région du cou, on a cru pouvoir admettre que le cœur recevait deux ordres de .nerfs : les uns, venant du grand sympathique, destinés

à le faire mouvoir; les autres, venant du pneumo-gastrique, n’agissant que pour l’arrêter.

On doit renoncer à expliquer tous les mouvements du coeur, en les attribuant directement à une influence nerveuse centrale; le cœur bat, en effet, indépendamment du système nerveux central, lorsque arraché de la poitrine d’un animal vivant, il continue à battre sur une table. Nous avons vu encore le cœur continuer à battre pendant un temps assez long, lorsque, empoisonnant des animaux avec du curare, nous avions anéanti les actes du système nerveux moteur.

En galvanisant le pneumo-gastrique chez divers animaux, nous avons obtenu des résultats différents. Ainsi, nous n’avons pas vu l’arrêt du cœur chez les oiseaux, et, d’une manière générale, ce résultat nous a paru d’autant moins sensible que nous nous sommes adressé à des animaux plus élevés dans l’échelle, ou mieux à des animaux offrant une plus grande activité des phénomènes vitaux. Cela tiendrait-il à ce que chez les animaux il faudrait, suivant leur nature, employer des doses différentes d’électricité pour produire les mêmes effets? or, soit que nous ayons expérimenté sur des animaux inférieurs ou des animaux élevés, nous avons toujous fait usage delà même machme électrique.

Lorsqu’on coupe les pneumo-gastriques ou qu’on les paralyse, lom d’arrêter les mouvements du cœur, ainsi que vous le savez, leur nombre augmente d’une façon notable; ce nombre est souvent doublé.

Cette influence de la section du pneumo-gastrique sm- l’augmentation des mouvements du cœur se re-

trouve-t-elle chez tous les animaux? Observe-t-on chez les animaux à sang froid l’augmentation du nombre des pulsations cardiaques et la diminution du nombre des mouvements respiratoires que nous avons vus chez les animaux à sang chaud?

M. le docteur Armand Moreau a fait récemment ici, à ce sujet, quelques expériences sur des grenouilles. Il résulterait de ses observations que la section dès pneumo-gastriques est sans influence sur le nombre des pulsations, qui reste le même après l’opération qu’avant celle-ci. M. Moreau a également trouvé que le nombre des mouvements respiratoires restait le même. Ces phénomènes, s’ils se confirmaient, constitueraient-ils des différences assez tranchées pour caractériser l’action du pneumo-gastrique chez les deux classes d’animaux à sang chaud et à sang froid? — C’est une question intéressante à poursuivre.

D’autres recherches nous montrent une influence différente de celle du système njrveux central, qui a sur le nombre des battements du coeur une action bien plus marquée chez les animaux à sang froid que chez les animaux à sang chaud. Voici à ce sujet les résultats d’expériences qu’a faites ici M. le docteur Calliburcès. M. Calliburcès, partant de l’influence connue de la température sur les pulsations cardiaques chez les animaux à sang chaud, a recherché quelle était cette influence chez les animaux à sang froid chez les grenouilles. Chez les animaux à sang chaud, le froid diminue le nombre des battements du cœur; la chaleur les augmente. La même chose a lieu, mais d’une façon bien

plus mai-quée, chez les animaux à sang froid. Chez ces derniers, l’action de la température est bien plus prononcée que celle des nerfs, tandis que le contraire paraît avoir lieu pour les animaux à sang chaud.

M. Calliburcès se proposa, dans le principe, d’étudier l’influence de la chaleur sur la vitesse de la circulation, et, dans ce but, répéta des expériences de M. Poiseuille. Après avoir plongé dans de l’eau chaude l’une des extrémités postérieures d’une grenouille, il examinait au microscope la membrane natatoire de l’autre patte, et il remarqua que l’influence du calorique appliqué sur l’autre patte accélérait toujours la circulation capillaire, mais que la fréquence des battements du cœur augmentait en même temps d’une manière si notable, qu’elle ne paraissait plus être en proportion avec la vitesse de la circulation. Yoici les résultats de ces expériences préliminaires qui indiquent en effet que la fréquence des mouvements du cœur est liée à lamodiflcation thermique que la chaleur apporte au sang.

Ces premiers résultats imprimèrent une autre direction aux recherches de M. Calliburcès. Ayant sous les yeux un animal à sang froid en quelque sorte métamorphosé en animal à sang chaud, eu égard au nombre des pulsations, il crut l’oecàsion favorable pour résoudre par voie d’expérimentation la question des rapports qui existent entre l’influence de la chaleur animale et l’activité du centre circulatoire. Les grenouilles étaient d’autant mieux appropriées à ces recherches, qu’elles se trouvent très-sensibles à cette action, et qu’elles se prêtent admirablement à l’analyse physiologique.

Par quelle voie physiologique l’action de la chaleur est-elle transmise depuis la patte jusqu’au cœur? C’était là le point important du problème. On pourrait admettre à priori plusieurs explications de ce phénomène, et il s’agissait de les soumettre successivement à l’examen expérimental.

I. L’accélération de la circulation provient-elle de ce que la chaleur modifie les conditions de mouvement du sang? La chaleur est-elle ainsi la cause première de la fréquence plus grande des mouvements du cœur?

Se fondant sur les résultats d’expériences répétées, JI. Calliburcès se crut déjà autorisé à répondre par la négative à cette première question. Après avoir mis à nu le cœur d’une grenouille, il appliqua une ligatoe à la partie supérieure des extrémités postérieures de l’animal, en ayant soin de ne pas y comprendre les nerfs cruraux, de manière que la communication par les vaisseaux entre le tronc et les extrémités était interrompue, taudis que celle par les nerfs continuait à subsister.

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