MOUVEUBSIS J>V CŒUR
■Les extrémités postérieures ayant été plongées jusqu’au voisinage des ligatures dans de l’eau à 39 degrés centigrades, les battements du cœur montèrent è 88 par minute, et le même résultat se produisit chez des gre-
température, mais auxquelles on n’avait pas lié les extrémités postérieures.
L’accroissement de l’activité du cœur est aussi la conséquence de la modification physique du mouvement du cœur par l’application de la chaleur sur l’organe lui-même. Après avoir enlevé à une grenouille la paroi thoracique antérieure, on disposa l’animal de telle sorte que le cœur, qui avait ii pulsations par minute, vînt plonger dans un petit verre, de manière que l’aolion de l’eau chaude ne pût être que locale. On versa ensuite dans ce verre de l’eau à 41 degrés, et aussitôt le nombre des pulsations monta à 64 par minute. . On ne peut plus supposer ici que, dans un espace de temps relativement si minime, toute la masse du sang ait subi l’influence de la température de l’eau contenue dans le verre, et qu’elle soit ainsi devenue la cause de la fréquence plus grande des pulsations du cœur.
Voici quelques-uns des résultats obtenus :
la deimème expérience a été faite sur la grenouille n° 1, et la sixième expérience sur la grenouille n’ 5, lorsque le nombre des battements du coeur fut redevenu le même que dans la première et la cinquième expé-
II. La chaleur agit-elle sur le cœur par l’interroédiaire du système nerveux?
D’après une série d’expériences répétées à plusieurs reprises, il semblerait que l’accroissement de l’aetivité i du cœur, consécutif à l’augmentation de la chaleur animale, n’est pas directement lié à l’action du système
Première expérience. — Après avoir opéré dans les extrémités postérieures d’une grenouille la section des nerfs cruraux, on les plongea dans de l’eau chaude, et l’on remarqua que les mouvements du cœur augmentaient exactement de la même manière que chez des grenouilles auxquelles on n’avait pas fait la section des nerfs cruraux.
Beuxtème expérience. — Au lieu d’employer de l’eau chaude, on appliqua sur des grenouilles saines de l’acide acétique et azotique, depuis la plus faible dilution jusqu’à la concentration la plus forte : l’activité du coeur n’éprouva aucun changement dans quelques cas, dans d’autres elle s’accrut seulement de quelques contractions; et, lors de l’application de l’acide azotique concentré, elle s’arrêta même complètement.
Troisième expérience. — On ouvrit le canal rachidien d’une grenouille dans la région de la moelle allongée, et l’on y introduisit la canule d’une petite
seringue remplie d’eau chaude; les mouvements du cœur s’arrêtèrent au moment même de l’iutroducüon de la canule, sous l’influence mécanique du contact de l’eau chaude et avant que l’injection eût pu être faite. Plus tard ils reparurent, mais le nombre avait diminué de trois à cinq par minute.
Quatrième expérience. — On détruisit complètement l’encéphale et la moelle épinière d’une grenouille, et l’on observa cependant, lors de l’applicatiou de la chaleur, la même augmentation des contractions du cœur. Dans la première expérience de ce genre, elles montèrent de 36 k 84 par minute.
Cinquième expérience. — On paralysa les nerls moteurs d’une grenouUle en l’empoisonnant par du curare. Dans la première de ces expériences, le cœur de l’animal battait 50 fois par minute, tant avant qu’après l’inlosication, et avant l’application de la chaleur. Les extrémités postérieures ayant été plongées dans de l’eau à 55 degrés, le nombre des pulsations monta à 92 par minute; et puis il commença à diminuer, et lorsqu’il n’y en avait plus que 60 par minute, on mit les extrémités postérieures dans de l’eau à 73 degrés, ce qui fit remonter le nombre des pulsations à 92 par minute. Dans une autre expérience, le cœur de la grenouille battait 38 fois par minute après l’intoxication et avant l’application de la chaleur. De l’eau à 39 degrés ayant été appliquée sur le cœur, le nombre des battements monta à 86 par minute, puis il dbninua msensiblement; et, lorsqu’il n’y eut plus que 74 pulsations par minute, on fit cesser l’application de l’eau chaude sur le cœur :