DES -NEUFS SPUSCH.N1Û0ES
dégagé de la plaie, on pousse le crochet transversalement vers la colonne vertébrale. Dès qn’on sent l’instrument arrêté par le corps des vertèbres, on tourne le côté tranchant du crochet du côté du dos et on retire l’instrument en coupant ce qu’il accroche.
On arrive au même résultat en enfonçant l’instrument entre les apophyses transverses de la dernière vertèbre dorsale et de la première lombaire. Puis on fait glisser le crochet tranchant sur la face latérale du corps de la vertèbre; et, en inclinant la pointe de l’instrument en dehors, on le retire en coupant le nerf qui est accroché. L’aorte est à ériter.
Exp. — Sur un chien, de taille moyenne, on fit la section des deux gi-ands splanchniques, en pénétrant dans la poitrine par les procédés indiqués. Le chien était éthérisé et n’éprouva aucune douleur au moment de l’opération. Il revint des effets de l’éthérisation .comme à l’ordinaire et il ne se manifesta, après l’opération, aucun phénomène général qui pût être attribué à la section des néifs sympathiques.
Le lendemain, l’animal paraissait très-bien portant et mangea comme à l’ordinaire! 11 fut conservé pendant trois jours sans qu’on reconnût aucun changement notable dans sa santé. Le quatrième jour, l’animal était en pleine digestion, on répéta le procédé de la section des nerfs splanchniques, dans la pensée où l’on était que l’opération n’avait peut-être pas réussi la première fois. Cette seconde opération, faite également pendant l’éthérisation, produisit une blessure de l’aorte qui causa
En faisant
stala que les deux nerfs splanchniques avaient été trèsbien coupés la première fois, sans lésion d’aucun organe voisin. On constata aussi chez ce chien, qui était en digestion, que les vaisseaux chylifères étaient remplis d’un chyle blanc, que les mouvements péristaltiques existaient, que la vessie était pleine; enfin, on n’observa rien d’anormal dans les organes abdominaux. On recueillit ensuite le sang des veines hépatiques qui contenaient du sucre; et le tissu du foie donna une décoction laiteuse très-sucrée.
On fit ensuite avec soin la dissection des nerfs coupés, et on trouva que la section du grand sympathique avait été opérée entre la douzième et la treizième côte. Elle avait laissé au-dessous d’elle deux filets communiquant encore avec la moelle.
Exp. (-15 décembre 1852). — Sur un chien de taille moyenne, on fit des deux côtés la section des nerfs splanchniques, par le procédé déjà indiqué. L’animal était éthérisé, et, après l’opération, il revint à son état normal sans présenter aucun phénomène particulier.
Les jours suivants, l’on donna à manger à ce chien qui resta toujours bien portant.
Huit jours après cette opération, on lui fît la piqûre du plancher du quatrième ventricule pour obtenir l’apparition du sucre dans les urines. Au moment même, l’animal parut peu affecté; il était seulement titubant. Après une heure environ, il devint très-malade, tomba
SECIIOX DES SERFS SPUSCHSIftOES, 533
L’urine, examinée avantropération et durant les trois heures qui la suivirent, ne présenta de sucre dans au-
Après cinq jours, l’animal était guéri et à peu près revenu à son état normal.
Trois semâmes après la section des nerfs splanchniques, on tenta de faire une fistule biliaire sur cet animal; mais l’opération n’ayant pas réussi, on le sacrifia, et on s’assura, par l’autopsie, que les deux nerfs grands splanchniques avaient été parfaitement coupés des deux côtés. Un peu de tissu cellulaire était interposé entre les bouts divisés.
Au moment de la mort, l’animal était à jeun; ses organes ne présentaient rien d’anormal, si ce n’est une légère rougeur de la vessie et de la partie duodénale de Tintestin.
Le foie contenait beaucoup de sucre. Il pesait 254 grammes: la rate 64; l’anbnal entier pesait Dans le cervelet, on trouva un petit foyer hémorrhagique et dans la moelle allongée on retrouva la trace de la piqûre qui avait été faite à droite, au-dessus des origines du pneumo-gastrique et qui s’étendait obliquement en avant dans le pont de Varole. La piqûre ne paraissait pas avoir atteint le point dont la blessure fait constamment apparaître le sucre dans les urines, de sorte qu’il est difficile d’attribuer la non-apparence du sucre dans l’urine à la section du grand sympathique.
Enfin, Messieurs, le grand sympathique a sur les propriétés de l’œil, soit sur sa sensibilité, soit sur sa nutrition, une influence très-évidente. Nous savons déjàque Tabla-
tion duganglion opbthalmique a une influence marquée sur les mouvements de la pupille, la sensibilité de la cornée et la sécrétion de l’humeur aqueuse. Mais des phénomèmes semblables peuvent se manifester lors même qu’on agit sur des portions plus éloignées du grand sympathique, comme le montrent les expériences suivantes :
Exp. — Deax lapins avaient eu d’un côté le cordon sympathique coupé au cou. L’un d’eux fut éthérisé et la sensibilité ne parut pas, d’une manière évidente, persister plus longtemps dans l’œil du côté correspondant an côté sympathique coupé.
Chez l’autre lapin, tué par le curare, on observa que l’œil du côté où le sympathique avait été coupé restait sensible lorsque l’autre ne l’était plus. Au moment de la mort, lorsque la dilatation terminale de la pupille survint, elle apparut beaucoup plus tard dans l’œil du côté où le sympathique avait été coupé, ce qui indique, en un mot, que cet œil avait en quelque sorte survécu à l’autre.
Exp. — Un chien adulte, endigestion, fut asphyxié par la ligature de la trachée. On observa très-nettement les phénomènes qui suivent : pendant l’asphyxie, il y eut successivement élargissement, puis rétrécissement de la pupille, et enfin, élargissement terminal avec saillie du globe oculaire au moment de la mort. On observa également que c’est la conjonctive qui devint d’abord insensible; la cornée transparente ne perdit sa sensibilité que beaucoup plus tard et très-peu après l’élargissement terminal de la pupille. Presque aussitôt après la perte de sensibilité de la cernée transparente.
l’animal sembla faire quelques efforts inspiratoires. On pratiqua alors l’insufflation par la trachée à l’aide d’un soufflet; mais ce fut inutilement, car les battements du cœur qui avaient cessé ne reparurent pas et la mort fut définitive.
Pour enlever le ganglion cervical supérieur chez le chien, il faut faire une incision en T, dont la branche transversale passe immédiatement au-dessous de la conque auditive; la branche verticale est prolongée en bas, le long du bord postérieur du sterno-mastoidien. On trouve d’abord le bord postérieur de la glande parotide, qui sera déjeté en avant en ménageant la veine jugulaire qu’on repoussera dans le même sens.
On tire en arrière le bord de la plaie formé par le muscle splénius, et on aperçoit au fond de la plaie le ventre postérieur du digastrique dont on divise Finsertion postérieure à l’os le plus exactement possible. Par sa rétraction, le muscle laisse à découvert, au-dessous de lui, les vaisseaux et nerfs profonds du cou traversés par l’hypoglosse qui est placé sur le premier plan.
C’est immédiatement au-dessous de l’anse que forme ce nerf que se trouve le ganglion cervical supérieur qu’il devient alors facile d’extraire, parce qu’en ce poin il est séparé du pneumo-gastrique.
Exp. (4 juillet 1849). — Le ganglion cervical supérieur gauche fut extirpé sur un jeune chien. Aussitôt après cette opération, l’ouverture palpébrale gauche était déformée et plus petite que celle du côté opposé, et la paupière inférieure semblait plus relevée qu’à l’ordi-
lièrement celui du côté où le ganglion cervical avait été enlevé. L’animal paraissait souifrir des plaies qui étaient enflammées.
Le 7 juillet, on observa de' nouveau l’animal et on constata les mêmes phénomènes. On examina la narine gauche, et on reconnut qu’elle était plus excitable et comme agitée de frémissements musculaires con-
Le 8 juillet, même état — Les plaies se cicatri-
Le 23 août, cinquante jours après l’opération, l’animal était parfaitement guéri de toutes ses plaies; l’œil gauche seul était resté chassieux; il était baigné par un liquide muco-purulent, sans que cependant la cornée fût altérée. Il paraissait y avoir exaltation de la sensibilité de l’œil gauche. La pupille et l’ouverture palpébrale sont toujours plus resserrées que du côté opposé. L’animal avait, depuis l’opération, conservé une petite toux qui survenait par quintes.
Ce chien fut ensuite soumis à une expérience de la commission qui examinait les travaux de Darcet sur la
Le 6 novembre, deux cent six jours après l’extirpa-
chassieux; l’ouverture palpébrale et la pupille jours resserrées ; le chien a toujours cette espèc quinteuse. Ce jour-là, on fit sin l’animal une autre opération consistant dans la section de tous les nerÊ du
lion du membre. En même temps on nourrit l’animal avec de la. garance, afin de voir si elle passerait dans le membre paralysé de même que dans l’autre.
Le 13 novembre, la plaie de l’aisselle était à peu près cicatrisée. Il n’y avait rien d’apparent dans la nutrition du membre : pas d’œdème ; la patte offrait une certaine rigidité et était entraînée dans le sens de la flexion.
Le 15 novembre, neuvième jour de l’alimentation à la garance, les urines étaient rouges et l’ammoniaque les rendait pourpres. Les excréments étaient brun-noir et l’ammoniaque y révélait clairement la présence de la garance.
Sur le membre intérieur droit paralysé, on mit à découvert l’artère de la veine. L’artère contenait du sang rutilant, et la veine du sang noir. Les muscles de la jambe, qui avaient leur couleur normale, étaient excitables; il n’y avait aucune douleur quand on tiraillait les nerfs du membre.
On chercha si dans le pus qui provenait de la plaie il y avait de la garance; il ne parut pas y en avoir; l’ammoniaque ne fit pas apparaître de coloration rouge.
Le 28 novembre l’animal fut sacrifié. Les mêmes phénomènes déjà observés du côté de l’œil persis-
On fit l’autopsie et on examina si le ganglion avait été parfaitement enlevé. On le trouva enlevé complètement, sauf une petite portion de sa partie supérieure. Les poumons étaient sains; il n’y avait rien d’anormal du côté du cœur.
Exp. (20 novembre 1845). — Sur un chat adulte, on
découvrit le filet de communication des ganglions cervicaux et on fit la section des deux côtés. Ce, filet était uni au vague, situé en arrière de lui, et contenu dans la même gaine ; la séparation en fut assez difficile. .4près la section du filet d’un côté, la voix présenta un timbre moins fort; en coupant l’autre filet, le timbre de la voix diminua encore d’intensité; la respiration n’était pas gênée. .41ors, des deux côtés, la pupüle très-.sensible était arrondie et semblait élargie. La troisième paupière recouvrait la moitié au moins du globe de l’œil. On fit des essais infructueux pour suivre le filet jusqu’au ganglion cervical inférieur; et, en faisant cette opération, on observa qu’à chaque cri d’expiration de l’animai, l’œsophage se gonflait d’air qui venait de l’estomac.
.41ors, on ommit l’abdomen de l’animal, il était en pleine digestion. On titilla le ganglion solaire et l’on
C’est après cela que l’on coupa les deux nerfs vagues dans la région du cou, ce qui ne détermina pas de phénomènes de suffocation. Après cette section, on excita les deux ganglions solaires et on détermina dans le thorax et dans le train postérieur de l’animal des mouvements convulsifs involontaires. On coupa et on arracha alors les ganglions du plexus solaire.
On ouvrit ensuite le thorax, le cœur battait avec force et très-régulièrement. Alors on arracha les ganglions cervicaux inférieurs et aussitôt les battements du cœur, de réguliers qu’ils étaient, devinrent irréguliers ; et les contractions confuses paraissaient moins énergiques.
E!,p. -Sm- un cochon d’Inde, on coupa le filet sym-
ture palpébrale était devenue plus petite et plus oblongue que celle du côté opposé. Au moment de la section du nerf, on vit diminuer considérablement le calibre de l’artère carotide. .»
On ne put pas voir bien clairement les effets produits sur la pupille. Plus tard, l’animal étant placé à la cave, dans l’obscurité, on constata, à la lumière, que la pupille était bien plus dilatée du côté opéré que du côté sain. •L’oreille était également plus vasculaire de ce côté et sa chaleur plus développée.
La section du filet sympathique a donc chez le cochon d’Inde les mêmes effets que chez les autres animaux, sauf la pupille qui est dilatée au lieu d’être ré-
Enfin, Messieurs, sur les animaux sains, la section du grand sympathique manifeste aussitôt ses effets par une mjecüon violente dans tout le côté correspondant de la face; taudis que, sur les animaux affaiblis et très-débiles, les phénomènes sont excessivement peu marqués.
En outre, chez les animaux faibles, il arrive de la suppuration comme conséquence de la section du grand sympathique, ce qui n’a pas lieu chez les animaux robustes. Sur deux chiens chez lesquels le vague et le sympathique avaient été coupés d’un côté, dans la région du cou, les animaux étant devenus malades, il y eut suppuration dans le nez et dans l’œil du côté correspon-
Mais lorsque ensuite les animaux reviennent à la santé et reprennent de la force, ces phénomènes inflamma-
loires disparaissaient; c’est-à-dire que la suppuration
Le sympathique parait avoir encore une influence sur les exhalations des membranes séreuses ainsi qu’il paraîtrait résulter d’expériences que nous avons faites sur les ganglions cervicaux ;
Exp. — Sur un lapin, on enleva le ganglion cervical inférieur du côté droit ; la mort arriva au bout de six jours et on trouva à l’autopsie une pleurésie et surtout une péricardite intense avec formation d’une quantité considérable de fausses membranes. Les poumons étaient gorgés de sang, particulièrement du côté opéré.
Exp. (7 juin 1841). — Sur un jeune lapin, on enleva de chaque côté le ganglion supérieurà l’aide du procédé suivant :
L’angle de la mâchoire inférieure et l’apophyse transverse de l’atlas étant pris comme points de repère, on fit une incision longitudinale entre ces deux tubérosités. On évita la veine jugulaire qu’on repoussa en avant, piiis, un peu plus profondément, on aperçut bientôt l’artère carotide et le pneumo-gastrique, entre lesquels se trouve placé le gangUon cervical supérieur au-dessus de l’anse de l’hypoglosse.
Il fut très-facile alors d’en faire l’ablation.
Des deux côtés, le ganglion cervical supérieur fut pincé, tiraillé, lacéré, sans donner aucune trace de sensibilité. Le pneumo-gastrique pincé dans cette région donna, au contraire, des signes de sensibilité évidente.
Le 22 juin 1841, treize jours après, le lapin mourut après quelques jours de langueur.
A l’autopsie, on trouva un épanchement considérable dans la plèvre; et des fausses membranes épaisses qui couvraient entièrement la face extérieure du péricarde et une partie du poumon gauche. L’intérieur de la poche péricardique était entièrement tapissé par des fausses membranes, mais ne contenait pas de liquide. La surface extérieure du cœur, recouverte par des fausses membranes, offrait un aspect comme chagriné. Les plaies du cou étaient parfaitement cicatrisées et on s’est assuré qu’il n’y avait aucune relation directe entre l’inHammation de cette plaie et la lésion du cœur.
On trouva chez ce lapin, comme cela arrive souvent, une grande quantité d’hydatides dans le foie et dans les feuillets du mésentère.
Exf. (12 juillet 1842). — Sur un jeune lapin, on extirpa complètement les quatre ganglions cervicaux.
On commença par l’ablation des deux ganglions cervicaux inférieurs et on constata qu’alors les deux pupilles étaient contractées et offraient leur grand diamètre dans le sens vertical. Ensuite, on enleva les deux ganglions cervicaux supérieurs : la pupille était un peu plus fortement contractée. Après cette opération, l’animal respirait plus lentement et plus difficilement qu’avant : il but abondamment et ne mangea pas.
Une heure après l’opération, la respiration devint
liquide dans la plèvre et le péricarde. Les parties supérieures des poumons étaient hépatisées et tombaient au fond de l’eau.
Le liquide contenu dans la plèvre et le péricarde était un peu trouble et contenait des fausses membranes, ce qui pourrait faire penser que la pleurésie existait avant l’opération. Toutefois, alors, l’animal était vif et paraissait bien portant.
Exp. — Sur un gros lapin, on fit d’abord l’extirpation des deux ganglions cervicaiLx supérieurs, sans qu’il y eût rien de changé relativement à la rapiffié ou à l’intensité des bruits du cœur.
Puis on coupa tes pnemno-gastriques dans la région moyenne du cou. Il y eut aussitôt gêne considérable de la respiration. L’animai mourut au bout de six heures.
On extirpa ensuite les ganglions cervicaux inférieurs; on ne constata pas encore de changement sensible dans les bruits du cœur.
A l’autopsie on trouva les poumons engoués; ils étaient le siège d’un épanchement de sang noir ; le péricarde et les plèvres contenaient une certaine quantité de sérosité.
Messieurs, on a prétendu encore que les mouvements réflexes qui se passent lorsqu’on vientàagir sur un nerf de sensibilité exigeaient pour leur accomplissement, l’intégrité des ganglions intervertébraux, qui dès lors rem-
externes, que les ganglions du cernent aux mouvements réflex l y a quelques années, à la S its de destruction partielle des IX qui pourraient venir àl’app xpérienees consistaient à me m des ganglions intervertébra
décapités, mais dans des circonstances où, soit à cause de la légèreté de l’excitation ou de l’affaiblissenient des propriétés nerveuses, l’animal ne perçoit plus de douleur. Ces faits ressortent des expériences qui suivent :
Exp. (4 février 1842). — Sm- un chien, légèrement stupéfié par l’opium, on découvritl’anastomose auriculotemporâle de la cinquième paire avec le facial. Son
pièces. On découvrit ensuite le nerf sous-orbitaire qu était très-sensible, et, lorsqu’on l’excitait légèrement on produisait des mouvements dans la lèvre supérieure Ces expériences se rapprochent de celles qui ont éb déjà faites sur le rameau auriculaire du plexus cervica et elles montrent que, bien que les nerfs de sentimen ne puissent être considérés comme les conducteurs di mouveineiit, cependant leur excitation légère, non dou
surer, il était intéressant de faire la section du nerf moteur. En prenant l’oreille pour exemple, c’est le nerf facial qui a été coupé : les mouvements ont cessé.
Exj). — Sur un lézard décapi té, étant en mue et à jeun depuis quelque temps, après avoir ouvert l’abdomen, on pinça le ganglion semi-lunaire qui est collé contre la rate. A chacune de ces excitations, on ne vit aucune contraction dans l’estomac; mais on détermina constamment des mouvements dans les parois abdominales, surtout du côté gauche. Ce résultat a été constaté un grand nombre de fois.
Exp. — Lorsque surun animal on a coupé la moelle épinière et qu’ensuite on l’asphjxie en obstruant les narines, on voit des mouvements apparaître dans les membres postérieurs au-dessous de la section de la moelle. Ces mouvements se i-emarquent également lorsqu’on fait périr l’animal d’hémon-hagie. C’est le grand sympathique, qui, sans doute, transmet au bout inférieur de la moelle épinière l’excitation qui cause ces mouvements. Dans ces conditions, on observe encore un phénomène très-important, c’est que la galvanisation des bouts inférieurs des pnemno-gastriques fait apparaître des mouvements dans le train postérieur paralysé, ce qui n’a pas lieu dans les cas où la moelle est coupée.
Ces mouvements produits dans les membres postérieurs par l’excitation du grand sympathique se remarquent dans d’autres circonstances encore; par e.xemple, lorsque dans les expériences sur le foie, on fait la ligature de la veine porte à son entrée dans cet organe, comprenant dons la ligature le paquet nerveux qui l’ac-
les membres mférieurs.
Pour les centres nerveux, les recherches les plus récentes tendent à prouver que les mouvements réflexes ont pour agents de transmission les cellules de la substance grise, analogues aux cellules des ganglions nerveux. Nous avons vu, dans les nombreuses sections de la moelle épinière, qu’il y avait eu exagération des mouvements réflexes et de l’activité organique en général dans les parties situées au-dessous de la section de la moelle. Nous avons vu que les fonctions du foie elles-mêmes se trouvaient dans le cas des autres parties et que ces fonctions étaient exsgérées. Ce qu’il y a de remarquable dans ces expériences, c’est qu’il faut opérer la section dans des points bien déterminés pour que les phénomènes puissent se produire. Nous ne rappellerons que ce que nous avons dit sur le lieu précis de la piqûre du plancher du quatrième ventricule sur lequel nous avons déjà longuement insisté. Nous rappellerons seulement que, suivant que la section de la moelle porte au-dessus, au niveau ou au-dessous du renflement brachial, les effets sont essentiellement différents, et lors- ^’on veut, sur un lapin, couper la moelle, de manière à produire dans l’abdomen les mouvements péristaltiques et les autres phénomènes du côté du foie décrits ailleurs, il faut en général faire la section au-dessus du renflement brachial.
Dans cette expérience, il y a un danger qui consiste
colonne vertébrale par derrière, immédiatement audessus de la première côte. En remontant, on trouve, à un centimètre ou demi, une dépression qui correspond â l’espace intervertébral dans lequel il faut pénétrer avec l’instrument. De cette manière, on ménage toujours les crises supérieures des nerfs phréniques.
Enfin ces actions réfleves, qui, d’après la théorie actuelle, sont sous la dépendance de cellules du grand
particulier, Voici un nouvel exemple de ces faits sur lesquels nous avons déjà appelé l’attention.
Faÿ. (28 octobre 1851). — Sur un gros chien, bien portant, ayant servi quelques jours auparavant à l’établissement d’une fistule pancréatique qui était cicatrisée, on introduisit, au commencement de la d%estion, une solution de curare sOus la peau du dos. Dix à douze minutes après, le poison fit sentir ses effets et la respiration s’arrêta. Alors on plaça l’animal sur une table et on souffla dans la trachée avec un soufflet pendant environ deux heures et demie, en cessant seulement par intervalles. Voici ce qu’on observa .-
Le sang, pendant l’insufflation, était très-bien poussé dans les artères par le cœur, et le pouls était très-maniîèste. Aussitôt qu’on cessait l’insufflation, le sang devenait non dans les artères; dès qu’on la recommençait, il deve-
nait rutilant. Pendant l’insufflation, les pupilles étaient constamment en mouvement, se dilatantou se rétrécissant suivant qu’on diminuait ou qu’on laissait arriver la lumière. Il y avait cependant, en général, dilatation pupillaire. Pendant l’insufflation, il y avait sécrétion abondante de larmes et de salive; la plaie même de la fistule pancréatique, qui n’était pas encore complètement cicatrisée, se couvrit abondamment d’une sorte de plasma ou de sérosité. Après deux heures d’insufflation, le cœur battait très-bien. Alors, ondécouvritlepneumo-gastrique droit et on lé coupa dans la région moyenne du cou. On vit, à ce moment, que la pupille du côté correspondant se rétrécit. Quand on saisissait avec des pinces le bout supérieur du vague et du sympathique, la pupille se dilatait laidement, tandis que le pincement et le. tiraillement des bouts inférieurs du même nerf ne produisaient aucun eflèt sur la pupille. En même temps, et lorsqu’on avait cessé momentanément l’insufflation, on vit se manifester dans les membres une espèce de tremblement convulsif. Il y avait des mouvements de déglutition, des mouvements dans la queue, et émission des urines et des excréments; puis enfin des sortes de tentatives de mouvements respiratoires. Un enduit sec, qui s’étEÛt formé sur la cornée, disparut en partie et les pulsations semblèrent devenir plus fortes. Alors on coupa le nerf sciatique et on irrita les deux bouts. L’irritation du bout inférieur produisit quelques mouvements dans les muscles, et celle du bout supérieur des mouvements généraux dans tout le corps. Alors on constata l’apparition du sucre dans l’urine. Enfin, ayant cessé
d’insuffler l’animal, il mourut. On a remarqué que ces muscles étaient plus irritables qu’à l’ordinaire, et à l’autopsie les ganglions solaires ont paru plus rouges.
Enfin, messieurs, dans cette leçon, la dernière, relative au système nerveux, nous devons réunir ce qui nous reste à dire sur ce sujet. Nous vous avons déjà rappelé beaucoup d’expériences isolées et se rattachant en même temps à des sujets divers ; il nous reste encore à ajouter quelque chose à des expériences dont nous vous avons souvent entretenus, mais dont l’explication physiologique est fort difficile et en même temps fort importante.
Il s’agit de recherches sur la piqûre du plancher du quatrième ventricule, et du mécanisme par lequel cette lésion vient réagir sur le foie. Nous vous avons déjà dit que cette piqûre ne se transmet pas par les pneumogastriques. D’après des expériences que nous vous avons citées précédemment, elle ne se transmettait pas non plus par les filets du grand splanchnique. Il s’agirait de savoir si la moelle épinière est l’agent de cette transmission. Nous avons fait à ce sujet quelques expériences que nous allons vous rapporter; nous y joindrons, en même temps, quelques nouyôaux résultats relatifs au diabète artificiel dont nous vous avons déjà, à d’autres points de vue, cité beaucoup d’exemples. .
Celles que nous allons d’abord vous rapporter établiront qu’en suivant notre procédé ordinaire, qui consiste à traverser le cervelet avant d’arriver sur le plancher du quatrième ventricule, la blessure du cervelet n’a aucune action sur la production du sucre et que
cette production de sucre peut avoir lieu lorscpi’on arrive sur le plancher du quatrième ventricule sans blesser le cervelet. Nous avons montré, en outre, dans d’autres circonstances, que les blessures superficielles de la moelle allongée, soit sur sa partie antérieure, soit sur sa partie postérieure, ne produisent pas le diabète artificiel et qu’il faut, pour le déterminer, atteindre la partie moyenne de l’épaisseur de cette partie des cen-
Exp. (23 juin 1850). — Sur trois lapins de la même portée on fit les expériences suivantes :
1“ Sur l’un d’eux, on découvrit la membrane occipito-atloïdienne en écartant les muscles de la nuque sans les diviser en travers, afin d’éviter la titubation q u en est la conséquence. On divisa ensuite la membrane occipito-atloïdienne d’où résulta l’écoulement du liquide céphalo-rachidien; après on introduisit l’instrument à piqûre par l’orifice inférieur du quatrième ventricule, de manière à en blesser le plancher au niveau de l’origine des pneumo-gastriques sans léser le cervelet. Au moment de la piqûre, qu’un mouvement de l’animal rendit un peu plus étendue, il y eut une espèce de sidération, les respirations s’arrêtèrent et les conjonctives devinrent insensibles. Mais bientôt l’animal se rétablit, la respiration s’effectua de nouveau et les yeux reprirent leur sensibilité. Toutefois l’animal resta couché sur le côté.
Après une heure, les urines recueillies étaient alcalines, troubles, jaunâtres et ne contenaient pas de sucre. Plus tard, l’animal était toujours dans le même état.
mais ses urines abondantes, toujours troubles, contenaient beaucoup de sucre.
Cinq heures après la piqûre, l’animal étant toujours couché sur le flanc et dans le même état, ses urines étaient claires, abondantes, et contenaient toujours du sucre, quoique en quantité moindre que précédemment.
L’animal fut sacrifié par décapitation et on recueillit tout son sang.
Après l’autopsie, on retira le foie qui pesait 45 gr. Il donna par décoction un liquide laiteux sucré qui renfermait poim la totalité du foie Ob',16 de sucre, ce qui fait Os',35 pour lOO grammes de foie.
Le sang contenait 08^,225 de sucre pour 100 centimètres cubes de sang.
L’autopsie de la tête montra que l’instrument avait produit une large piqûre oblique qui s’étendait sur le plancher du quatrième ventricule depuis le bec du calamus scriptorius jusqu’aux tubercules de Wenzel, près de l’orifice postérieur de l’aqueduc de Sylvius.
2" Sur un second lapin, on perfora l’occipital avec l’instrument qu’on enfonça dans l’épaisseur du cervelet sans aller assez profondément pour atteindre le plancher du quatrième ventricule.
Aussitôt après l’expérience, l’animal présenta des respirations plus accélérées; il était comme chancelant
L’urine examinée avant l’expérience était trouble, jaunâtre et alcaline, ne contenait pas de sucre.
Trois quarts d’heure après, les urines présentaient les mêmes caractères et ne contenaient pas de sucre.
SUR lE DIABÈTE ARTIFIOBt. 547
Deux heures après, les urines examinées ne ren- . fermaient pas de sucre et n’avaient pas changé d’as-
Plus tard encore, les urines de l’animal n’o&aient
3“ Sur le troisième lapin, on piqua la moelle alloi^ée en traversant le cervelet. Aussitôt après l’animal présenta des respirations plus accélérées; puis il eut des mouvements de raideur convulsive dans ses membres sur lesquels il se tient soulevé.
Avant l’expérience les urines étaient troubles, jaunâtres, alcalines et ne contenaient pas de sucre.
Trois quarts d’heure après, les urines étaient troubles, alcalines et contenaient des traces douteuses de sucre.
Une heure après la piqûre, il y avait évidemment du sucre, quoique en petite quantité.
Une heure et demie plus tard, les urines toujours troubles et alcalines renfermaient une grande quantité
Un quart d’heure après on tua l’animal par décapitation, en recueillant son sang. Son foie pesait 41 grammes et donnait une décoction sucrée qui accusa Os',88 de sucre pour 100 grammes de tissu frais du foie.
Le sang, dosé, contenait Os',269 par 100 centimètres cubes de sang. Enfin, Turine la plus sucrée contenait une quantité de sucre cerrespondant à 2v',5 pour 100 centunètres cubes d’urine.
Eæp. — Sur un lapin adulte, bien portant, on fit la piqûre du plancher du quatrième ventricule par le procédé ordinaire. Au bout d’une heure environ, l’urine du
lapin contenait très-évidemment du sucre, dont la présence fut constatée par la réduction du liquide cupropotassiqueet par la fermentation. L’animal n’avait pas de désordres très-marqués dans les mouvements, si ce n’est un peu d’inclinaison de la tête à droite. Environ une heure et demie après la piqûre, lorsque la quantité de sucre était considérable dans les urines et dans le sang de la veine jugulaire, on coupa la moelle épinière tout à fait au commencement de la r^ion dorsale.
Aussitôt après cette section de la moelle, le lapin fut complètement paralysé de tout le train postérieur. Les côtes étaient immobiles et l’animal respirait par le diaphragme seulement.
La formation de l’urine sembla arrêtée par la section de la moelle; car, après cette opération, il fut impossible d’en faire rendre à l’animal.
Deux heures environ après la section de la moelle, n’ayant pu obtenir de l’animal aucune quantité d’urine, on retira du sang de la veine jugulaire et de l’artère carotide,’ et on constata que le sucre y était considérablement diminué sans avoir toutefois disparu.
D’après cela, il paraîtrait vraisemblable que la section de la moelle épinière aurait fait diminuer la production du sucre dans le sang et dans l’urine, si la formation de ce dernier liquide n’avait pas été complètement arrêtée.
L’animal fut alors tué par hémorrhagie, et son foie étant examiné donna une décoction très-laiteuse qui
L’autopsie de la tête montra que la piqûre avait été faite au niveau des tubercules de Wenzel et un peu sur
le côté droit, ce qui explique l’inclinaison de la tête de l’animal de ce côté.
La quantité d’urine qui s’était écoulée avant la section de la moelle ne paraissait pas plus considérable que dans les conditions normales.
Exp. — Sur un autre lapin, adulte et bien portant, on fit la piqûre du plancher du ventricule, et, une heure environ après, on examina l’urine qui contenait beauoup de sucre. Le lapin avait quelques troubles dans les mouvements et était un peu chancelant. On suivit l’animal pendant trois heures et on constata que l’iorine, qui n’était pas augmentée de quantité, contenait toujours beaucoup de sucre. Cette particularité, que l’urine était sucrée sans être plus abondante, faisait supposer, d’après d’autres expériences déjà indiquées (t. I) que la piqûre devait siéger un peu haut.
On sacrifia l’animal pour faire l’autopsie de sa tête, et on trouva, en effet, que la piqûre siégeait un peu au-dessus des tubercules de Wenzel et sur la limite de la région dont la lésion produit le diabète.
Chez le lapin, la quantité de sucre commençait déjà à diminuer dans Turine, trois heures après la piqûre, au moment où il fut sacrifié.
Exp. — Sur un jeune chien, bien portant et en digestion, on fit la piqûre du plancher du quatrième ventricule. Il en résulta un peu de déviation dans la tête du côté gauche, et un désordre marqué dans les mouvements. Environ une heure et demie après la piqûre, on retira de l’urine de la vessie au moyen de la sonde, et l’on y constata, d’une manière très-évidente, la présence du
sucre. Chez cet animal, on remarqua en même temps qu’une salivation très-abondante s’était développée à la suite de la piqûre, et on mit à découvert les conduits salivaires parotidien et sous-maxillaire, d’abord du côté gauche, puis du côté droit. Du côté gauche, il y avait une sécrétion de la glande sous-maxillaire plus forte que la sécrétion parotidienne du même côté; mais on constatait très-nettement qu’à droite la sécrétion sousmaxillaire était beaucoup plus forte que celle du côté gauche. On mit un tube dans chacun des conduits sonsmaxillaires et on observa encore de nouveau que la quantité de salive qui s’écoulait par le tube droit était beaucoup plus considérable que celle qui s’écoulait par le tube gauche. A droite, l’écoulement de la salive était continu, tandis qu’à gauche il était quelquefois presque nul et s’accélérait surtout lorsqu’on irritait la plaie dans laquelle se trouvait le nerf lingual.
A ce moment, on coupa le nerf lingual des deux côtés et on pinça successivement les deux bouts périphériques et les deux bouts centraux de ces nerfs. Lorsqu’on pinçait les bouts périphériques, on n’observait d’augmentation de la sécrétion salivaire ni à droite ni à gauche. Lorsqu’on pinçait, au contraire, les bouts centraux, il y avait augmentation de sécrétion à droite et à gauche, pour le pincement de chacun des bouts. On observa seulement ceci de particulier que, lorsqu’on pinçait le bout central du nerf lingual droit, on provoquait de ce côté un écoulement très-abondant de salive, et du côté opposé un écoulement faible; tandis que, en pinçant le bout central du nerf lingual gauche, on provoquait nn
écoulement modéré de salive dans la glande du même côté, et un écoulement très-considérable dans celle du côté droit.
On voit par là (jue le pincement des bouts centraux des deux nerfs linguaux agissait toujours plus énergiquement sur la sécrétion salivaire du côté droit; ce qui prouve que la piqûre avait apporté à l’origine du nerf de ce côté une excitation fonctionnelle. Cependant, il paraîtrait qu’il y eut effet croisé, car l’animal déviait la tête à gauche.
Après avoir fait toutes ces constatations, on a essayé la section des nerfs splanchniques dans le thorax d’après le procédé déjà indiqué; puis on a laissé l’animal en repos.
Cette nouvelle opération ne chargea rien à l’écoulement de la salive qui était toujours très-abondant et continuel du côté droit, tandis qu’à gauche cet écoulement était très-faible.
Environ trois heures après la section des nerfssplanchniques, on retira de l’urine de la vessie de l’animal, et on y constata l’absence du sucre, tandis que, dans les urines recueillies avant, on avait reconnu sa présence au moyen de la fermentation et du liquide cupro-potassique.
A l’autopsie, on vit que la piqûre siégeait immédiatement au-dessus de l’ori^e du pneumo-gastrique, et un peu à droite, du côté opposé à la déviation de la tête. Le siège de cette piqûre explique très-bien la présence du sucre dans l’urine, la déviation de la tête à gauche, et la sécrétion plus abondante de salive du côté droit. On trouva chez ce chien des traces de vascularisation, comme inflammatoire, dans les ventri-
cules. Le foie et l’urine ne contenaient pas de sucre.
Exp. — Sur un lapin, en digestion et bien portant, on coupa la moelle épinière au commencement de la région dorsale, après quoi on piqua le plancher du quatrième ventricule comme pour rendre le lapin diabétique. Mais, ainsi que nous l’ont montré les expériences précédentes, comme il est impossible d’avoir de l’urine dans ces conditions, nous avons eu recours à l’examen du sang pour y constater la présence du siicre. On avait, avant la piqûre du plancher du quatrième ventricule, saigné l’animal et vidé la vessie de l’urine qu’elle contenait. Ensuite on laissa en repos l’animal qui était paralysé du train postérieur, couché sur le côté, ne respirait que par l’abdomen.
Une heure et demie après, l’animal étant toujours dans le même état, on le saigna de nouveau à la même veine jugulaire, et on vit qu’il n’y avait pas d’urine
En examinant, au point de vue du sucre, le sang des deux saignées, on constata qu*il existait du sucre dans toutes deux, et il était difficile de déterminer s’il y en avait plus dans un cas que dans l’autre.
Trois heures et demie après l’opération, l’animal étant toujours dans le même état, on fit de nouveau une saignée à la veine jugulaire, et on constata qu’il n’y avait plus de sucre dans le sang. On observa de plus qu’à ce moment la température de l’animal avait considérablement baissé dans le rectum, et que de 38 degrés, température normale, elle était descendue à 23 degrés.
. Alors on tua l’animal par hémorrhagie, et on con-
slata de nouveau dans tout son sang qu’il n’y avait pas
Le foie donna une décoction très-laiteuse qui était dépourvue de sucre.
L’autopsie de la tête montra que la piqûre avait été faite dans le lieu convenable pour produire l’apparition du diabète.
Cette expérience est intéressante en ce qu’elle nous montre, d’abord qu’après la section de la moelle épininière l’urine cesse de se produire et que le sucre disparaît du sang, d’où il résulte clairement que l’action de la piqûre, qui a pour effet d’augmenter cette transformation de matière sucrée, ne peut plus se transmettre au foie lorsque la moelle épinière a été coupée. De plus, nous avons vu le tissu du foie lui-même ne plus contenir de matière sucrée, mais il renfermait la matière glycogène qui, dans ce cas, ainsi que cela a lieu dans toutes les sections de la moelle, semble s’être formée en quantité plus abondante, comme si le tissu du foie avait acquis un surcroît de vitalité, comme cela a lieu, dans ces conditions, pour les tissus musculaire et nerveux.
Exp. — Sur un lapin adulte et bien portant on fil la piqûre du plancher du quatrième ventricule, en cherchant à tomber un peu plus bas que le point ordinaire, pour obtenir une augmentaion de l’urine en même temps que l’apparition du sucre.
Après la piqûre, l’animal éprouva un désordre considérable des mouvements et une espèce d’opisthotonos. Après cette piqûre, la quantité de l’urine augmenta considérablement, et de trouble qu’elle était
avant l’opération, elle devint limpide et transparente.
Pendant trois ou quatre heures après l’opération, on constata l’augmentation de la quantité d’urine, mais il n’apparut point de sucre. On tua alors l’animal par hémorrhagie et on constata dans son sang des traces excessivement faibles de sucre; on n’en put pas trouva dans la décoction de son foie, qui était à peu près transparente. L’autopsie de la tête montra que la piqûre était faite bien exactement sur la ligne médiane; mais beaucoup au-dessous des tubercules de Wenzel, et c’est là un des cas que nous avons déjà signalés, dans lesquels on peut produire l’augmentation de l’urine sans l’apparition du sucre.
Æaf. — ün chien de forte taille, et en digestion, fut piqué au plancher du quatrième ventricule, après qu’on eut fait préalablement, à l’aide d’un perforateur, un trou à l’occipital par lequel on put dir^er l’instrument. Au moment de la piqûre, l’animal fit un mouvement qui causa une blessure plus large et des désordres considérables dans les mouvements. L’animal avait la tête fortement inclmée à droite, poussait des hurlements très-forts, fut pris de vomissements et d’une sabvation très-abondante.
Une heure après environ, on examina l’urine qui contenait des quantités considérables de sucre, et elle resta sucrée jusqu’à la mort de l’animal, qui eut lieu pendant la nuit. En effet, le lendemain on retira de l’urine de la vessie, après la mort, on constata qu’elle était toujours sucrée. Le tissu du foie donna une décoction qui contenait également du sucre.
L’autopsie de la tête montra que la piqûre siégait à droite, qu’elle était oblique, très-étendue, et remontait jusqu’au-dessus de l’origine des pneumo-gastriques.
On peut voir, d’après les expériences précédentes, que les résultats obtenus offrent une grande variété quant au rapport entre l’apparition du sucre dans les urines et sa production dans le foie.
De plus, dans ces expériences, nous avons vu que la section de la moelle épinière fait disparaître le sucre du sang ainsi que de la décoction du foie; mais, dans ce cas, le foie contient de la matière glycogène en trèsgrande proportion.
Quant à la section des nerfs splanchniques et à l’influence que cette opération peut avoir sur la production du diabète artificiel, nous voyons que la section de ces nerfs ne paraît pas empêcher ce phénomène. Il en résulterait que c’est probablement par les filets splanchniques nés plus haut que peut se transmettre cette action de la piqûre du plancher du quatrième ventricule, qui doit évidemment se prop^er depuis la moelle allongée jusqu’au foie par une continuité nerveuse.
Aujourd’hui, le cours de ce semestre se trouve terminé, et là doivent s’arrêter pour le moment nos études sur le système nerveux. Nous n’avons pas eu la prétention d’épuiser notre sujet. Nous avons voulu vous montrer seulement que la science est loin, comme on l’a voulu montrer, d’être faite sur cette partie, et qu’elle offre encore matière à d’abondantes découvertes pour ceux qui voudront s’en occuper.
Nous avions chemin faisant ajourné certaines ques-
lions qui, malheureusement, restent encore à résoudre.
Ainsi, relativement aux nerfs olfactifs, nous avons émis notre opinion sur les fonctions exclusives de ces nerfs dans le sens de l’olfaction. Nous avions à ce sujet projeté des expériences que nous n’avons pas eu le temps de réaliser.
Relativement à l’influence des différents rameaux qui partent du nerf intermédiaire de Wrisberg pour se rendre aux glandes, nous n’avons pas non plus terminé les expériences que nous avons projetées. Mais, dans un cours prochain, nous aurons certainement l’occasion de revenir sur ces questions.
Nous n’avons pas non plus épuisé aussi complètement que [nous l’eussions désiré la recherche des propriétés de sensibilité récurrente dans les nerfs de la face, ni les différentes études que nous aurions pu poursuivre sur la nature de ce phénomène. Toutefois, nous vous avons indiqué toutes ces questions d’une manière suffisamment précise, pour qu’elles puissent sei-vir de point de départ à ceux d’entre vous qui désireraient poursuivre quelques-uns des problèmes si intéressants que nous présente encore l’étendue du système nerveux.