SEIZIÈME LEÇON
Messieurs,
La galvanisation appliquée directement sui’ l’oreille au lieu d’être portée sur le filet cervical du sympathique coupé dans la région du cou, produit des effets différents suivant qu’on a ou qu’on n’a pas préalablement coupé ce nerf.
Lorsqu’on a divisé le filet sympathique au cou, l’oreille s’échauffe comme nous le savons. Si on laisse l’animal dans les conditions ordinaires et qu’on l’examine le lendemain ou le surlendemain, on trouve que, . bien que la température de l’oreille soit toujours plus élevée que celle du côté opposé, elle est cependant beaucoup abaissée si on la compare à celle observée aussitôt après la section du filet sympathique; et c’est à ce moment que les effets de cette section sont toujours le plus prononcés.
Si alors on galvanise l’oreille directement, en pinçant labasede l’oreille et son extrémité avec deux serres-fines à chacune desquelles on applique un des pôles d’une . pile, afin de faire traverser l’oreille par le courant dans son grand diamètre, on voit dans cette opération que, sous l’influence de la galvanisation directe, l’oreille s’échauffe au lieu de se refroidir, comme cela a lieu quand on galvanise le bout supérieur du nerf sympathique coupé au cou. Ce qui est remarquable, c’est que cette galvanisation directe produit des effets opposés lorsque l’oreille est saine ou lorsque le grand sympathique a été préalablement coupé.
On constate, dans le premier cas, que la galvanisation directe produit un abaissement de la température comme si l’on galvanisait le nerf sympathique lui-même.
Voici des expériences qui montrent ce résultat. La galvanisation a été faite avec l’appareil de Legendre et Morin. Les nombres qui sont indiqués n’ont qu’une valeur comparative parce qu’ils ont été pris avec un thermomètre à échelle arbitraire :
Exp. (18 janvier 1854). — Surun lapin bien portant, dont le filet sympathique avait été coupé à gauche dans le cou depuis trois jours, on prit la température de l’oreille qui était de 28 divisions du thermomètre.
Pendant les premiers instants de la galvanisation, l’oreille devint rouge sans que la température s’élevât sensiblement. Puis bientôt, par la galvanisation, la température monta rapidement de 29 jusqu’à 43 di-
L’oreille du côté droit, qui n’avait pas subi d’opération
fut alors galvanisée comme la gauche. Elle marquait 25% 5. Pendant la galvanisation, elle descendit à 23 divisions; on arrêta la galvanisation et la température descendit encore jusqu’à 20% 5.
Exp. — Un autre lapin vigoureux, n’ayant subi aucune opération sur le sympathique, fut lié pour l’opération ; il poussa des cris violents, s’agita et ses oreilles s’échauffèrent beaucoup, comme cela a toujours lieu chez ces animaux lorsqu’ils sont agités ou émus. Les oreilles avaient alors une température de 43 à 45 divisions. Quelques instants après, cet échaufièment passager avait disparu et l’oreille gauche était redescendue à 34 divisions. Alors on galvanisa pendant deux minutes, et elle baissa à 31 divisions ; mais aussitôt qu’on cessa la galvanisation, elle remonta momentanément à 40 pour redescendre bientôt (au bout de quatre minutes) à 32 divisions. Trois minutes après, elle était à 25. Enfin, on galvanisa encore l’oreille, et la température descendit à 23 divisions où elle resta.
On prit alors l’oreille droite qui était à 26 divisions. On la galvanisa ; pendant la galvanisation, la température descendit à 24% 5 où elle resta.
Exp. — Sur un lapin, dont le filet sympathique avait été divisé à droite et le nerf auriculaire du plexus cervical coupé à gauche depuis huit jours : on lia l’animal, et ses oreilles s’échauflèrent momentanément par les mouvements qu’il fit. On galvanisa l’oreille droite : elle était à 29, et elle monta, au moment où l’animal poussa des cris, jusqu’à 38 divisions ; puis après elle redescendit à 35, où elle resta fixe. L’oreille gauche marquait alors
35 divisions, ce qui était une température relativement éievéej cela tiendrait-il à la section du filet auriculaire? Quoi qu’il en soit, on galvanisa directement cette oreille en partie insensible, et, pendant la galvanisation, elle descendit à 30 divisions; et après cela elle continua à descendre encore jusqu’à 23.
.Si l’on cherche d’abord à quoi tient cette difïerence entre les résultats obtenus par la galvanisation directe de l’oreille lorsque le grand sympathique a été coupé ou lorsqu’il est resté intact, on est porté aux explications suivantes pour se rendre compte des phénomènes.
Lorsque, en agissant sur l’oreille dont le filet sympathique a été coupé, on voit la température s’élever par l’exeitation galvanique, on peut penser que le nerf sympathique n’est pas directement excité et que l’élévation de la température provient de ce que, sous l’influence de la douleur, le cœur fait sentir son excitation avec plus de force dans les artères de l’oreille relâchées par la section du grand sympathique; tandis que, dans le cas où le sympathique n’a pas été coupé, celle action portée sur les ner& sensitifs et transmise par la moelle épinière produit une action réflexe sm' le grand spnpathique qui resserre les vaisseaux et l’oreille, et empêche l’action du cœur d’avoir les mêmes résulals. Pour vérifier cette hypothèse,il faudra couper d’un même côté lefil^ auriculaire et le grandsympathique,roreilleétanliusensible, pour voir si les mêmes effets se produiront. Ce sont là des résultats sur lesquelsil y aura lieu de revenir aussi quand nous étudierons l’influence du giand sympathique sur la circulation d’une manière plus spéciale.
Exp. (19 janvier 1864). — Sur un lapin, chez lequel on avait coupé à gauche le filet du grand sympathique, depuis sept jours, on fit les expériences suivantes :
L’animal étant en repos, la température de l’oreille gauche était de 22 degrés, mais l’excitation que l’on produisit chez lui, en le liant sur la table, fit subitement monter la température de 22 à 28 degrés, tandis que l’oreille droite ne marquait que 22°, 5.
Alors on mit à nu les nerfs auriculaires droit et gauche du plexus cervical qu’on isola en passant un fil audessous ; après ces opérations, lorsque l’animal fut un peu revenu de son émotion, la température de l’oreille gauche s’était arrêtée à24 degrés, celle del’oreille droiteà22°,5.
On lia alors le nerf auriculaire gauche, ce qui fit éprouver au lapin une douleur vive et fit monter subitement la température de son oreille de 24 à 34, 35, 36, 37, 38 degrés, c’est-à-dire de 14 degrés.
Pendant cette élévation si considérable de la température de l’oreille gauche, l’oreille droite était à 24 degrés; elle avait par conséquent monté de 1°, 5. Alors on pratiqua la ligature du nerf auriculîûre droit, et aussitôt après on trouva, comme température, 38 degrés à gauche et 22°, 5 à droite.
Après ces opérations, on procéda à la galvanisation des nerfs auriculaires.
On galvanisa d’abord le bout périphérique du nerf auriculaire droit coupé; il n’en résulta aucune douleur, et la température de l’oreille ne varia pas : elle resta à 22°, 5.
Alors on galvanisa le bout central, ce qui produisit une vive douleur et fit descendre la température de
l’oreille à 20 degrés. Toutefois, pendant cette galvanisation, l’oreille ne devint pas pâle; elle paraissait même au contraire un peu plus vascularisée. Pendant cette opération, la température de l’oreille gauche était de 36 degrés.
On galvanisa alors le nerf auriculaire gauche. La galvanisation du bout périphérique ne produisit ni douleur ni changement de température. La galvanisation du bout central produisit de la douleur; le thermomètre marquait 35 degrés et n’oscilla guère pendant l’opération que dans les limites de -1 degré; l’oreille finit par rester à 85 degrés.
Pendant les galvanisations des bouts centraux des nerfs auriculaires, on remarqua que les yeux devenaient larmoyants; il y avait des contractions de la face pendant la galvamsaiion du bout central du nerf auriculaire droit.
Après toutes ces opérations, on isola le nerf sympathique du côté droit dans la région du cou et on passa un fil au-dessous de lui Par le seul fait de cet isolement du nerf et de son tiraillement, le thermomètre placé dans l’oreille était monté de 22 à 35 degrés.
Alors, sans couper le nerf sympathique, on le galvanisa en le soulevant sur un fil ; cette galvanisation fit descendre rapidement la tempéi'ature de l’oreille de 35 à 30 degrés.
Alors on galvanisa le bout central du filet auriculaire droit, et, pendant cette galvanisation, la température de Toreille, au lieu de baisser comme cela avait eu lieu lorsque le filet sympathique n’était pas détruit,
continua à monter de 3,3 à 32 degrés où elle était parvenue lorsqu’on cessa l’expérience.
Ce dernier résultat montre bien que l’excitation du bout central du nerf auriculaire sensitif détermine un mouvement réflexe qui agit sur l’oreille par l’intermédiaire du grand sympathique, car, après la section de ce filet, le refroidissement de l’oreille, résultat de cette action réflexe, ne se manifeste plus.
Exp. — Sur un autre lapin, qui avait eu le filet sympathique cervical coupé à gauche, depuis trois à quatre semaines, l’oreille gauche marquait 18 degrés. Pendant la galvanisation directe, elle oscilla entre 17 et 18 degrés et remonta aussitôt après à 22 degrés.
L’oreille droite, examinée après cette première opération, marquait 17°,5. Le fdet auriculaire du plexuscervical de ce côté avait été coupé.
On fit la galvanisation du bout central de ce nerf; l’animal poussa des cris aigus, et la température de 1 7",5 descendit successivement jusqu’àl4 degrés où elle s’arrêta.
On observa encore que pendant la galvanisation les yeux devenaient larmoyants.
Messieurs, les effets de calorification du grand sympathique peuvent se transformer en phénomènes inflammatoires lorsque l’animal s’affaiblit. C’est ce que mon-
Exp. — On coupa d’un seul côté, à gauche, le pneumo-gastrique et le vague réunis, sur un chien. Après quoi on pratiqua une fistule salivaire permanente du canal parotidien. On pratiqua, plusieurs jours après, des expériences sur l’excitation de la sécrétion salivaire à l’aide
du innaigre porté sur la langue, et sur la rapidité du passage de l’iodure de potassium dans la salive. On prit du liquide eéphalo-raehidien pour y constater le -passage de l’iodure de potassium. Cette dernière opération rendit l’animal malade et produisit une inflammation des centres nerveux : il mourut cinq jours après. Ce qu’il y eut de remarquable, c’est que les muqueuses du côté de la face correspondant à la section sympathique, devinrent le siège d’une inflammation violente, dès le moment où l’animal commença à s'affaiblir par la maladie. D y avait une suppuration abondante de la narine, de la muqueuse buccale et de la conjonctive gauche, tandis que du côté opposé les mêmes muqueuses étaient à l’état normal.- De sorte que l’on voit ici que l’inflammation des membranes muqueuses, qui est bien la conséquence de la section du sympathique, n’a pu se manifester que lorsque l’animal s’y est retrouvé prédisposé par un état général morbide. C’est lànn fait dont il faut tenir compte dans les recherches physiologiques sur l’inflammation.
L’ablation de certains ganglions produit encore des effets de vascularisation qui donnent lieu très-facilement à des inflammations violentes. Les ganglions thoraciques, ainsi que ceux du plexus solaire, sont dans ce cas, ainsi que le prouvent les expériences suivantes :
Exp. (4 juillet 1853). — Sur un chien de moyenne taille, on fit une incision au-dessus de l’épaule gauche qui fut tirée en bas. On arriva ainsi sur le muscle grand dentelé dont on divisa l’insertion de la première côte; puis on fit une ouverture au thorax en incisant les muscles intercostaux entre la première et la seconde
côte. On maintint écartées les deux côtes à l’aide d’un coin de bois introduit entre elles. Alors, à l’aide d’une érigne, on 'accrocha le ganglion que l’on souleva, avec une pince à anneaux, on le saisit et on l’arracha complètement; cela fait, on recousit la plaie extérieure des muscles et on laissa l’animal en repos.
Pendant l’opération, l’animal était cloroformé. A chaque expiration, on constatait la sortie de l’air à travers l’ouverture faite à la poitrine. On constata en outre qu’au moment de l’extirpation du ganglion, quoique l’animal fût éthérisé, la respiration s’accéléra considérablement On laissa ce chien en repos jusqu’au lendemain.
Le lendemain, 5 juillet, on constata que la pupille du côté opéré était très-contractée; l’oreille du même côté était très-chaude; l’animal paraissait malade ; les respirations étaient de 36 et les pulsations de 92 par minute. Les urines étaient très-acides, contenaient beaucoup d’urée ; on avait donné à manger à l’animal, mais on ne sait pas s’il avait pris la nourriture qui lui avait été présentée.
Le lendemain, 6 juillet, l’animal était mort; il avait succombé pendant la nuit.
-A l’autopsie, on trouva une pleurésie violente avec injection extraordinairement forte et caractéristique dans tout le thorax. Toutefois il y avait une différence entre les deux côtés : à gauche, là où on avait fait l’ablation du ganglion, il y avait pleurésie avec épanchement de liquide trouble, purulent, et formation de fausses membranes abondantes sur la plèvre pariétale et costale, tandis que, du côté droit, le liquide de l’épanchement, un peu sanguinolent, n’était pas trouble et ne parais-
sait pas contenir du pus. L’injection delà plèvre semblait plus prononcée parce qu’elle n’y était pas masquée par de, fausses membranes.
Outre les vaisseaux assez volumineux qui étaient gorgés de sang, on voyait dans les deux pièces des ecchymoses et des extravasations sanguines. On voyait une arborisation très-riche autour de l’aorte et des gros troncs nerveux et veineux, autour du péricarde, ainsi que sui* la face supérieure du diaphragme. En examinant ensuite l’intérieur de l’aorte, de l’œsophage, on ne retrouva plus la même injection; la membrane interne de ces organes était blanche et avait sa couleur normale. Le tissu du poumon était gorgé de sang, et magnifiquement injecté dans toutes ses parties. Le tissu du cœur n’offi-ait rien de particulier, non plus que sa surface intérieure. Dans l’abdomen, le péritoine n’offrait aucune injection; il semblait même que les organes abdominaux fussent . plus pâles qu’à l’état normal et comme anémiques. L’estomac contenait des morceaux de viande en partie digérés et offrant une réaction neutre ou même légèrement alcaline; ce qui pourrait dépendre de ce que les aliments séjournaient depuis longtemps dans l’estomac, et de ce que la grande chaleur avait, depuis la mort, amené un commencement de décomposition. Le foie ne contenait pas de sucre dans son tissu.
Exp. (29 novembre 1845) (1). — Sur un gros chien mouton, jeune, à jeun, on enleva les deux ganglions solaires par une plaiefaiteàl’abdomen. Aussitôt après l’opération on retira à l’animallOO grammes de sang veineux.
Quand on toucha simplement les ganglions solaires, il n’y eut pas manifestation de douleur; seulement, quand on fit, en quelque sorte, vibrer les nerfs tendus qui en partent, par un frottement rapide, il en résulta des mouvements de totalité du tronc et particulitoment des membres inférieurs, mouvements saccadés et involontaires.
Quand on pinçait fortement le ganglion solaire ou qu’on le tiraillait, l’animal éprouvait manifestement de la douleur et poussait des cris.
Lorsque le ganglion ou un des gros nerfs qm en partent eut étéainsicontusparla compression, ilresta noirâtre et comme ecchymosé à la place de la contusion, ce qui n’a pas lieu pour les nerfs du système cérébro-spinal
Pendant l’opération, l’animal rendit des matières técales diarrhéiques. Après l’opération, la plaie fut recousue et l’animal laissé en repos jusqu’au lendemain.
I-e lendemain, 30 novembre, l’animal paraissait triste et refusa les aliments.
Lel" décembre, le chien était toujours triste. L’ayant amené dans le laboratoire, il urina et rendit des matières fécales diarrhéiques. Il refusa toute espèce de nourriture solide ou liquide et but seulement un peu d’eau.
Le 2 décembre, l’animal était morne; la plaie de l’abdomen s’était ouverte; elle fumaitetlaissaits’éconler une grande quantité d’un Uquide séro-purulenL
Le 3 décennbre l’animal était mort.
Autopsie. A l’ouverture de l’abdomen, on vit une rougeur écarlate de toutes les parties contenues dans le ventre. Cette rougeur appartenait essentiellement au pé-
ritoine et elle s’étendait sur toute la surface des intestins, surlemésenthère,sur ses appendices graisseux qui présentaient la même coloration rouge. Cette teinte rouge vif résistaitparfaitementaulavage;elleétâitpartout uniforme et ne paraissait pas, à l’œil nu, offrir d’arborisation; mais, au microscope, on voyait une injection eapillaire excessivement fine et abondante.
Les ganglions solaires avaient été bien enlevés ; il res-
Néanmoins j’ai vu cette inflammation ne pas se manifester dans deux cas où les animaux avaient été éthérisés :
Exf. (-13 juin 1853). Sur un chien adulte, de taille moyenne, on pratiqua la chloroformisation et on extirpa le ganglion cœliaque du côté gauche, l’animal ayant sa digestion terminée et l’estomac vide. L’opération étant achevée on cessa les inhalations de chloroforme; l’animal étant revenu peu i peu, on fit les observations
La température du ventre au moment où on commença l’expérience était de 39% 5, prise dans le péri-
toiae, l’animal n’étant pas encore complètement anesthésié. Après l’opération, l’animal étant encore sous l’influence du chloroforme, la température du péritoine était de 39 degrés. Deux heures après l’opération, les effets du chloroforme ayant cessé, on reprit la température qu’on trouva de 39*, 2, de sorte qu’elle ne paraissait pas avoir varié sensiblement par le fait de l’ablation du ganglion cœliaque. On examina l’urine avant et après l’opération. Avant l’opération, l’urine était acide, concentrée ; elle précipitait directement par l’acide azotique du nitrate d’urée. Après l’opération, l’urine était moins concentrée ; elle ne précipitait plus directement du nitrate d’urée par l’acide azotique et elle présentait une réaction alcaline, qui ne disparaissait pas en faisant sécher le papier réactif. Par la chaleur, il y avait un précipité d’apparence albumineuse; par la potasse ajoutée à l’urine, il y avait un précipité floconneux que le même réactif n’y dénotait pas avant l’opération. Il n’y avait pas de sucre d’une manière évidente dans cette urine.
Deux heures et demie après l’opération, on retira encore de l’urine de la vessie; elle oflrait les caractères que nous venons de signaler et ne renfermait pas de sucre. On observa que les pupilles n’avaient subi aucune déformation, ce qui montre que la lésion qu’on avait produite n’avait pas eu d’influence sur l’œil.
Le lendemain (14 juin) le chien se portait assez bien; il n’avait pas mangé, mais il ne paraissait pas avoir des symptômes de péritonite. Les urines étaient acides, ne contenaient pas d’albumine et donnaient directement du nitrate d’urée par l’addition d’acide azotique.
LeiBJuin, le chien allait bien; il avait mangé. Urines acides, pas d’albumine; l’acide azotique y précipitait directement du nitrate d’urée.
1 9 juin, le chien va bien ; la plaie du ventre se cicatrise.
23 juin, même état; on fît alors servir l’animal, dans le but de le sacrifîer, à des expériences sur la sécrétion salivaire (Voy. t. II, p. 113). »
A l’autopsie, on ne trouva dans le péritoine aucune trace de péritonite : seulement, on trouva les ganglions lymphatiques mésentériques très-volumineux. Les lymphatiques paraissaient très-pleins, etle canal thoracique très-distendu par de la lymphe. Cette distension du système lympathique pourrait être le résultat de l’empoisonnement par la strychnine qui fut injectée dans le conduit salivaire chez ce chien, car cette même distension du système lymphatique a été observée chez un autre chien empoisonné de la même manière.
La dissection du plexus solaire a montré que le ganglion cœliaqne droit était entièrement conservé, tandis qu’à gauche il était presque complètement enlevé.
Il résulte, de cette expérience, que la péritonite qui s’est développée avec beaucoup de violence dans d’autres circonstances après la destruction du plexus solaire ne s’est pas montrée ici. Est-ce dû à l’ablation partielle du plexus solaire ou à l’emploi du chloroforme dont on n’avait pas fait usage dans les autres expériences? C’est ce que pourront établir des expériences ultérieures.
Exp. (24 juin 1853). — Sur un chien, on extirpa un ganglion solaire et on dilacéra l’autre, l’animal étant soumis aux inhalations du chloroforme.
Les jours suivants, l’animal n’eut pas de péritonite et présenta des phénomènes analogues à ceux notés chez l’animal dont il vient d’être question. Il guérit assez rapidemient. Il est remarquable que cette péritonite, que nous avions notée si violente chez leehien delà pretnière observation, ait manqué dans cés deux cas. Est-ce parce qu’il y agait eu dans le premier cas extirpation plus complète des ganglions solah-es, ou parce que l’animal n’avait pas été éthéi-isé?
Enfin, il y a certaines parties du grand svinpathique qu’on peut couper impunément sans qu’il en résulte aucun phénomène apparent de calorification ni de vascularisation dans les organes, qui sont en rapport avec cés nerfs. C’est ce qui arrive dans la section des nerts splanchniques dont nous rapporterons quelques exemples, en signalant les procédés que nous avons employés pour faire les expériences.
• Si l’on voulait couper les nerfs qui, partant du ganglion cervical inférieur, le réunissent au premier thoracique, il faudrait faire une incision vers la partie inférieure du cou, puis trouver le pneumo-gastrique qui passe en dedans des scalènes et tirer ces muscles en dedans, en abaissant l’épaule, et on trouverait l’artère vertébrale sur laquelle rampent les nerfs qu’il s’agit de couper.
Pour couper le grand sympathique dans la poitrine, on a fait une incision immédiatement au-dessous de la dernière côte, aussi près que possible, et dans l’angle rentrant que forme son articulation avec la colonne vertébrale. Le bistouri introduit jusque dans la poitrine sert de guide à un crochet ad hoc; puis, le bistouri étant