CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les procédés mélagraphiques offrent sur l'écriture phonétique quatre avantages principaux.
Le premier est de faciliter la traduction du manuscrit,
“ Lorsque l'abréviation est bien faite, bien accusée, écrit M, Duployé, on ‘constatera (chose que la pralique a largement démontrée et qui, au premier ‘abord, paraît paradowule), que la lecture des mots abrégés offre moins de “* diflicultés que la lecture des mots reproduits en entier ”,
Dès qu'on dépasse en effet une certaine vitesse en sténographie intégrale, le tracé des monogrammes subit uge déformation excessive, Les droites s’infléchissent, tandis que les demi-cercles tendent au contraire à se redresser ; les signes de certaines voyelles se confondent ; les dimensions relatives des traits ne sont plus respectées,
Ces inconvénients"sont assurément moins sensibles dans notre Méthode que dans beaucoup d'autres systèmes ; ils n'en occasionnent pas moins certaines difficultés de lecture que l'emploi des procédés métagraphiques fait entièrement disparaitre.
En simplifiant les tracés, en suppléant aux signes les plus sujets à se déformer, ces procédés assurent à l'écriture phonétique une plus grande précision.
Les mouvements sont moins précipités, et la main n’est plus animée de cette agitation nerveuse qui lui enlève toute justesse,
Le second avantage des abréviations, c'est de permettre au praticien d'obtenir une plus‘ grande vitesse, et de suivre toujours le mot à mot, quelle que soit la volubilité de l’orateur,
D'après l'opinion communément admise dans notre école, on peut avec la sténographie intégrale atteindre jusqu’à 180 mots par minute.
Mais la vitesse de la parole dépasse quelquefois 200 mots, et l’orateur qui fournit cette moyenne aura nécessairement un débit inégal, et pourra, dans certaines circonstances, arriver à un degré de verbosité sensiblement plus élevé,
La raison de cet écart est facile à comprendre,
Au point de vue de l'expression vocale, les mots sont formés d'une série de syllabes s'exprimant chacune en un seul temps, par une seule émission de
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voix, tandis qu'au point de vue graphique, ces syllabes sont complexes et se décomposent dans la plupart des cas en des articulations distinctes, qu'il faut l’une après l’autre indiauer,
La figuration de chaque syllabe exigera donc plusieurs signes, et par conséquent plusieurs lemps.
Ainsi, il ne faut qu'un temps pour prononcer une syllabe, il en faut plusieurs pour l'écrire. =
Si l’orateur ne met que de rares intervalles ou pauses dans son débit, l'écriture phonétique ne suffira plus à reproduire le mot à mot, quelque perfectionnée qu'elle puisse être ; d’où la n‘cessité d'appliquer des procédés de condensation graphique.
Un sténographe qui écrira, sans recourir à ceux-ci, 150 mots à la minute, en écrirait 300 s’il savait les pratiquer.
Cette assertion n’est pas contestable : dans le système que nous exposons, le nombre des traits se trouve réduit de plus de moitié; les signes les plus difficiles à tracer sont supprimés et font place à d’autres signes plus simples et plus rapides ; les angles, cette pierre d’achoppement de la plupart des écritures phonétiques, produisent au contraire ici une accélération de vitesse ; et comme toutes ces simplifications conduisent en même temps à une lisibilité plus parfaite, il faut bien s’incliner €evant la supériorité de pareils procédés.
Prenons par exemple cette expression, qu’on ne rencontre que trop fréquemment dans les colonnes des Gazettes Officielles : ** crédit extraordinaire et supplémentaire ”, Elle se représente en métagraphie par quatre caractères se alement.
Que de fatigues et de travail évités, par de tels sigles rationnels !
Or, les procédés abréviatifs — c’est là leur troisième avantage — ménagent dans une proportion considérable les forces du sténographe,
S'il n’a que la moitié des traits à reproduire, il en résulte qu’il se lassera deux fois moins, et qu'il pourra, par une juste réciprocité, sténographier deux fois plus.
Sa santé même est en jen : l'emploi sage et raisonné des abréviations ne le protégera-t-il pas contre cette affection nerveuse de la main, terme fatal d'un travail fébrile et saccadé, prolongé à l'excès? Nous voulons parler de la crampe des écrivains.
L'esprit supplée au travail de la main et facilite d'autant sa tâche,
Les abréviations offrent en effet ce quatrième avantage de maintenir en éveil et d'exercer les facultés intellectuelles.
Reproduire tous les sons qui viennent frapper l'oreille, c'est jouer un rôle
absolument passif, c'est transformer la tête agissante et pensante en un véri-
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Ts ne nn — —
Ds ne nn — —
Leçons Métagraphiques 7
Le praticien réduit à ce rôle de machine perd l'habitude de réfléchir ; il ne saisit plus le sens de ce qu'il écrit, au grand détriment de la transcription du texte.
Transporté dans le brouhaha de nos assemblées délibérantes, il sera incapable de tout travail utile. Que des interruptions se croisent et s’entrecroisent, au cours d’une échauffourée parlementaire, on le verra aussitôt démonté.
Une fusée oratoire, dépassant dans une plus ou moins forte proportion les facultés normales du tachygraphe, le frappera immédiatement de vertige,
Impossible pour lui d'éviter de pareilles déconvenues, s’il n’est pas accoutumé à retrancher du discours tous les rameaux inutiles, s’il n’est pas en un mot rompu à la pratique des abréviations.
La grande supériorité de celles-ci, c’est de permettre à qui les emploie de reproduire clairement, sans le moindre trouble, sans la moindre hésitation, la parole la plus irrégulière et la plus rapide. Comment ne pas comprendre dès lors quelle méprise ce serait commettre que de vouloir ignorer systématiquement et de parti pris toute espèce d’abréviations !
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