CAEACTÈBES DISTINCTIFS DE CERTAINS MUCUS ET DU PUS
J’ai déjà parlé de la difficulté et même de l’impossibilité de distinguer le pus du mucus au moyen des caractères microscopiques de leurs globules ; il y a pourtant des parties du corps, des organes, où cette distinction est possible, et il peut en résulter des applications importantes pour le diagnostic. En se rappelant notre classification des membranes muqueuses, on comprendra aussitôt qu’il est surtout difficile de reconnaître le pus mélangé au mucus des vraies membranes muqueuses ; les globules purulents étant tout à fait semblables aux globules muqueux proprement dits, par leurs caractères physiques et chimiques, et les globules étant les seuls éléments de ces matières qui soient accessibles au microscope, il est clair que cet instrument ne fournit pas les moyens de distinguer ces deux substances l’une de l’autre , le produit morbide du produit physiologique.
Au contraire, dans l’humeur sécrétée par les fausses membranes muqueuses, par ce que j’ai appelé des replis de la peau analogues à la peau elle-même, dans cette sorte de mucus , où le microscope ne découvre à l’état normal que des cellules épidermiques sans aucune trace de globules muqueux, le pus, dès qu’il s’y trouve mélangé, se reconnaît à ses globules qui ne peuvent pas être un instant confondus avec les grandes lamelles oU cellules provenant de la desquamation de l’épithélium ^9)5 c’est ce qui arrive pour le vagin, par exemple, lorsqu’on a soin de recueillir le mucus vaginal pur
et sans mélange de mucus utérin qui est, comme on sait, un mucus alcalin à globules muqueux; c’est aussi ce qui m’a permis récemment, dans un cas fort grave, de constater une suppuration de la muqueuse gastrique chez un enfant, à la suite d’une hématémèse considérable, par l’inspection des matières vomies, dans lesquelles j’ai trouvé des globules purulents; le mucus de l’estomac en effet, quoique ne provenant pas d’une membrane que l’on puisse considérer comme une dépendance de l’enveloppe extérieure, est encore un mucus acide, sans globules muqueux, et dans lequel flottent les débris de l’épithélium gastrique, sous forme de cellules plus petites que celles de l’épiderme, mais analogues à ces dernières par leur structure, et n’ayant aucun rapport avec les globules muqueux ou purulents.
L’analyse devient plus difficile et plus incertaine lorsqu’il s’agit des mucus mixtes, contenant à la fois, dans l’état normal, des globules muqueux et des cellules épidermiques , tels que le mucus buccal et le mucus de la vessie; nous verrons toutefois en traitant de l’urine, que, pour ce dernier, il y a quelque moyen de distinguer le mucus d’un simple catarrhe, du pus réel; il n’y a d’impossibilité que pour le mucus des vraies muqueuses , abondant exclusivement en globules muqueux, tels que le mucus nasal et le mucus des bronches; aussi n’adoptons-nous pas les caractères que l’on a souvent prétendu établir pour reconnaître la moindre quantité de pus dans les crachats et dans les différentes matières de l’expectoration ; je reviendrai sur ce point dans un moment, en parlant des différentes espèces de pus , mais il est nécessaire de nous
globules purulents. i95
expliquer d’abord sur ce qui concerne la présence du pus dans le sang.