‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales. Anatomie microscopique et physiologique des fluides de l'économieChapitre 43 sur 123 · PUS DE LA BLENNORRHAGIE, DES CHANCRES ET DES BDBONS · texte numérisé non relu

PUS DE LA BLENNORRHAGIE, DES CHANCRES ET DES BDBONS

Je me bornerai donc , dans l’état actuel de la science, et malgré les recherches publiées sur ce sujet par M. Gluge, par M. Gruby et par d’autres, à dire en peu de mots, à propos de quelques espèces de pus spéciales , que le pus de la blennorrhagie urétrale ou vaginale ne diffère en rien, au microscope, du pus d’un phlegmon ordinaire ; que le pus des ulcérations syphilitiques primitives , des chancres , lorsqu’ils n’ont pas été traités par des applications topiques *, contient des vibrions nombreux et d’une grande ténuité {fig. 40)5 que le pus de la simple balanite présente les mêmes animalcules, tandis qu’on ne les rencontre pas dans le pus des chancres secondaires, pas même dans celui des bubons, qui, d’après les expériences de M. Ricord, est susceptible de donner naissance à un chancre par inoculation. Que conclure de ces différents faits, si ce n’est que la présence de cet infusoire paraît être purement accidentelle et sans aucun rapport avec la nature même de la maladie

' Il serait curieux de voir si ces animalcules disparaîtraient sous l’influence d’un traitement général spécifique , de l’administration du mercure à l’intérieur, par exemple, sans aucune application externe.

Voici comment je m’exprimais relativement au pus des chancres et des bubons syphilitiques , dans un Mémoire sur le mucus et le pus, publié en 1837 ;

« Ce pus ofli’e généralement des globules moins nets et moins réguliers dans leurs formes que le pus phlegmoneux ordinaire, et surtout le liquide dans lequel ils nagent contient des parcelles étrangères, comme si un certain nombre des globules s’étaient dissous, et que leurs débris fussent répandus dans le liquide.

<c Ces particules étrangères donnent à l’image un aspect peu net, pointillé, comme parsemé de petites granulations. On dirait, et c’est ce qui rend mieux ce que je cherche à faire comprendre, cju’une poussière très-fine est mêlée aux globules eux-mêmes,

<t En poursuivant attentivement l’examen microscopique, on. découvre de notables différences, suivant la nature des ulcères d’où provient le pus.

«Dans les chancres situés sur le gland, ou entre le prépuce et le gland, le pus m’a toujours offert un grand nombre d’animalcules ajant la forme des vibrions décrits par Müller sous le nom de vibrio liiieola. Je n’avais jsas, au premier abord, attaché d’importance à la présence de ces vibrions qui sont si communs , et qui se multiplient avec tant de rapidité dans les matières animales eu putréfaction, et dans une foule d’infusions; je n’avais, il est vi'ai, remarqué rien de semblable dans les autres espèces de pus que j’ai soumises à l’inspection microscopique ; mais je pensais que la présence de ces animalcules dans le pus, comme celui dont nous parlons , qui est soumis au contact de l’aii’, n’avait rien de particulier ; ce n’est qu’après ^oir recherché en vain les mêmes petits vers dans des pus provenant de differentes plaies, dans des pus fétides, altérés par les influences de l’air, que ce caractère particulier de la sécrétion purulente des chancres du gland a frappé mon attention. Ainsi j’ai eu à ma disposition du pus infect, fourni par une plaie du col, à la suite d’une opération pratiquée par M. YelpeaU; ce pus était profondément altéré , les globules étaient en partie dissous, et cependant il ne contenait pas de vibrions. Le pus grisâtre des ulcères situés sur toute autre partie du Corps ne m’a pas non jjIus offert d’animalcules; la putréfaction elle-même n’en développe que très-lentement dans le pus conservé , même pendant les chaleurs de l’été; ainsi, tandis qu’au bout de deux jours il existe déjà un grand nombre de vibrions dans du sang exposé à l’air, le pus n’en présente pas encore ordinairement après six ou huit jours. Enfin , ayant rencontré des vibrions dans le pus pris chez la femme dans les mêmes circonstances , c’est-à-dire dans le cas de chancres à la vulve , j’ai pensé que ce fait méritait attention.

« Les animalcules en question sont-ils caractéristiques du virus syphilitique, ou du moins jouent-ils un rôle dans la transmission des affections vénériennes , et particulièrement dans la production du chancre ? Telle est la question qui se présente la première à l’esprit.

« La tendance à expliquer la propagation des maladies conta-

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