ACTION DE LA SADIVE
L’action de la salive est assez singulière : d’abord les animalcules spermatiques vivent très-peu dans ce liquide; il les tue rapidement, mais avec cette circonstance que leur corps se contourne toujours sur lui-mêrne, de manière à ce que la queue forme une espèce de nœud ou d’œillet. La salive de l’homme et celle de la femme agissent de la même manière, et j’ai eu soin de la prendre chez des individus sains , ne présentant aucune altération de ce fluide : il était donc légèrement alcalin et ramenait au bleu le papier rouge de tournesol.
ACTION DE d’üRINE.
Les animalcules spermatiques mis dans l’urine meurent instantanément, et leur corps reste toujours allongé en ligne droite, de manière que la queue ne forme aucun angle avec la tête, du moins quand l’urine est claire et que les animalcules sont librement suspendus dans ce liquide.
Je reviendrai sur la présence des zoospermes dans l’urine , à propos des pertes séminales; pour le moment, il suffit de rappeler que l’urine est acide ; voici deux liquides, l’un alcalin , la salive, l’autre acide, l’urine, dans lesquels les animalcules ne peuvent pas vivre; généralement pourtant ils vivent mieux dans un liquide
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légèrement alcalin que dans les acides même très-faibles: le sang et le {ait sont , comme on sait , deux fluides alcalins.
ACTION DE LA MATIÈRE PüRüLENTE.
Les espèces de pus dont j’ai observé l’action sur les animalcules spermatiques provenaient du vagin, soit dans le cas de chancres, soit dans le cas de blennorrhagie vaginale; ces petits êtres n’ont paru nullement affectés par le contact de ces matières ; ils ont continué à se mouvoir comme d’habitude, et ils ne m’ont point paru vivre moins longtemps dans cette substance que dans la liqueur séminale elle-même. La même observation a été faite pour la matière muco-purulente de la leucorrhée utérine.
DE l’action EXERCÉE PAR LES MATIÈRES MUQUEUSES DU VAGIN ET DE l’utérus SUR LES ANIMALCULES SPERMATIQUES.
Comme on devait §’y attendre, les zoospermes vivent parfaitement dans le mucus sécrété par le vagin à l’état normal ; on les trouve encore pleins de vie plusieurs heures après les avoir mis en contact avec ce mucus; celuirci peut même subir des altérations notables sans exercer d’influence délétère sur les animalcules; ainsi je viens de dire que l’état purulent de ce mucus, soit dans le cas de vaginite, soit dans le cas de chancres , ne paraît pas nuire à la vitalité des zoospermes; il était curieux d’examiner si la présence des animalcules particuliers que j’ai signalés dans la matière de l’écoulement résultant d’une blennorrhagie vaginale, avait quelque influence sur les animalcules spermatiques. J’ai donc mis des zoospermes eu contact avec de la matière
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purulente contenant des tricho-monas , et j’ai observé attentivement au microscope ; les deux espèces d’animalcules ont continué à vivre et à exécuter leurs mouvements chacun de leur côté, sans aucune influence réciproque apparente ; la vie des uns et des autres s’est maintenue pendant plusieurs heures, comme de coutume.
Le mucus vaginal à l’état normal est toujours acide, ainsi que je l’ai montré ; ce léger degré d’acidité, comme on vient de le voir, n’est pas nuisible aux animalcules spermatiques; mais l’acidité du mucus sécrété par le vagin devient telle dans quelques circonstances, comme lorsqu’il y a congestion , irritation vive ou inflammation de cet organe, que les zoospermes ne paraissent pas pouvoir y vivre plus de quelques instants; je les ai vus particulièrement ne plus donner aucun signe de vie, en moins d’une minute ou deux, dans le mucus vaginal d’une femme de vingt-deux ans , affectée d’un écoulement extrêmement acide; le même phénomène s’est reproduit d’une manière aussi prononcée chez une autre femme hystérique, également atteinte d’un écoulement vaginal d’une acidité très-marquée ; dans d’autres cas, les animalcules ont cessé plus lentement de perdre tout mouvement, mais il était évident qu’ils mouraient plus rapidement que dans le mucus ordinaire. Ce qui me paraît remarquable, c’est que le mucus vaginal recueilli chez des femmes enceintes m’a généralement paru contraire à la vie des zoospermes, et en effet, l’état de congestion qui existe dans ces parties pendant le temps de la grossesse s’accorde ordinairement avec une acidité très-prononcée du mucus sécrété par le vagin.
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L’acidité du mucus en question , portée au point de tuer les animalcules spermatiques , peut-elle donc être considérée comme l’une des causes de la stérilité chez quelques femmes? Je reviendrai sur ce point après avoir parlé du mucus utérin , de ce mucus albumineux qui existe toujours en plus ou moins grande quantité à l’orifice du col de la matrice , dont il semble boucher l’entrée. J’ai décrit ses propriétés physiques et chimiques, ainsi que celles du mucus vaginal; j’ai montré que ces deux fluides ne diffèrent pas moins par leur composition que par leur aspect : le mucus vaginal est blanc , opaque, d’une consistance crémeuse, et sans ténacité; il se compose d’espèces de petites écailles nageant dans un liquide toujours acide; le mucus utérin, au contraire, dans son état de pureté , est transparent, filant et tenace , analogue pour l’apparence à l’albumine sortant de l’oéuf; sa transparence est souvent troublée par le mélange d’une matière purulente , et alors , en l’observant au microscope , on voit dans l’intérieur des flocons, une foule de globules semblables à ceux du mucus bronchique ou du pus; mais dans tous les cas, quelles que soient les modifications de ses propriétés physiques, z7 est toujours alcalin^ et ramène au bleu le papier de tournesol rougi, tandis que le mucus du vagin rougit toujours le papier bleu.
L’action de ce mucus sur les animalcules spermatiques est bien différente suivant les circonstances , et elle mérite aussi d’être étudiée à cause des rapports qui lient cette action aux phénomènes de la fécondation et aux causes de la stérilité.
Généralement les zoospermes , mis en contact avec le
mucus utérin j n’eu paraissentéprouver aucune influence délétère , même lorsque ce mucus a perdu son état de puretéj et qu’il est plus ou moins purulent; nousavons déjà vu en effet que le pus ne paraît pas nuisible aux animalcules spermatiques, puisqu’ils vivent aussi bien dans ce liquide que dans la liqueur séminale ellerniême. Lorsqu’on les met dans du mucus recueilli à l’orifiee du col Utérin, ils continuent à se mouvoir avec agilité, et la vie ne s’éteint pas eu eux plus tôt que dans le mucus vaginal ordinaire; mais il n’en est pas toujours ainsi. Certaines espèces de mucus utérin tuent les animalcu^ les avec la plus grande rapidité ; ainsi , tandis qu’on les voit se mouvoir et s’agiter en tous sens dans certains mucus utérins, et qu’on les retrouve encore vivants au bout de plusieurs heures , on les voit périr à l’instant, et perdre tout mouvement dans d’autres mucus recueillis en même temps sur d’autres femmes , et mis en contact avec eux dans les mêmes circonstances. J’ai eu l’occa^ §ion d’observer cette action plusieurs fois , de la part de certains rnUCus utérins qui ne présentaient au premier abord rien de particulier; ainsi, dans le nombre des femmes dont j’ai pu examiner le mucus provenant du col de la matrice, et le mettre en contact avec les aoospermes, j’en ai trouvé six dont le mucus était im^ propre à entretenir la vie des animalcules, et dans lequel ils périssaient en quelques instants. Dans les autres , au contraire , il y avait encore des zoospermes vivants plus de quatre heures après l’expérience.
Il était très -important de rechercher si le mucus utérin dans lequel les zoospermes ne pouvaient pas vivre , se distinguait par quelque caractère particulier appré-
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ciable, soit au microscope, soit par tout autre moyen. Voici ce que j’ai observé à cet égard : tous ces mucus étaient alcalins comme l’est toujours le mucus utérin , et tantôt ils étaient purs et transparents , tantôt ils étaient opaques , contenant des globules et à l’état que l’on désigne habituellement sous le nom de muco-pus ; ainsi le mucus, pris à l’orifice du col de la matrice chez une jeune fille vierge, était ti’ansparent, tout à fait pur et sans aucune altération apparente; en quelques secondes , de plusieurs centaines d’animalcules mis dans ce mucus, aucun ne donnait signe de vie; dans nn cas d’ulcération légère du colj sans hypertrophie, chez une femme n’ayant pas eu d’enfants le mucus utérin ne présentait que l’opacité habituelle dans ces circonstances; il en était de même chez une autre femme affectée de leucorrhée; dans un cas, lé mucus provenant d’un col saignant avec facilité , était légèrement sanguinolent; mais on ne peut attribuer une influence particulière à la présence d’un peu de sang, puisque l’on a vu que ce fluide n’exerçait aucune action délétère sur les animalcules. J’ai cru remarquer au microscope une disposition particulière des globules dans le mucus qui tuait les animalcules, mais cette observation demande à être vérifiée , et d’ailleurs, du mucus parfaitement pur et sans globules a été, comme je viens de le dire, mortel aux zoospermes. La cause la plus probable à laquelle on doive attribuer, suivant moi , l’action délétère exercée par certains mucus utérins sur les zoospermes, est l’excès d’alcali que paraît contenir ce mucus dans quelques circonstances; j’ai dit précédemment qu’il agissait quelquefois sur le papier rouge de tournesol.
comme le ferait de l’eau de savon; le papier rouge, mis en contact avec du mucus, prend souvent instantanément une teinte bleu foncé; un tel degré d’alcalinité me paraît incompatible avec la vie des animalcules spermatiques , aussi bien qu’un degré trop prononcé d’acidité.
Il est digne de remarque que deux des femmes dont le mucus a tué les zoospermes, n’avaient point encore eu d’enfants , une autre n’était pas redevenue enceinte depuis sa première couche, et une troisième enfin était, je crois , nourrice. Or, on sent combien il serait intéressant de s’assurer si la propriété singulière que je viens de signaler dans le mucus utérin coïncide effectivement avec la stérilité, et si les femmes chez lesquelles on la rencontre sont inaptes à concevoir; mais de semblables recherches présentent des difficultés de plus d’un genre , qu’il n’est pas possible de lever à son gré ; il faut attendre des circonstances favorables, que la discrétion ne permet pas de faire naître, et dont on ne peut même pas toujours profiter. Quant aux expériences sur les animaux, je vais en citer quelques-unes faites depuis longtemps dans un autre but par un homme dont les observations sont restées comme des modèles d’exactitude et de bonne foi ; il y a dans ces expériences quelque chose de favorable à l’opinion que je cherche à établir ici sur les causes de la stérilité.
Il faut d’abord savoir que Leeuwenhoek croyait que la fécondation pouvait bien ne pas suivre immédiatement l’acte du coït, mais avoir lieu au bout d’un certain temps
* « Animo prœsumebam meo , nostrœ mulieres non prcecise eo die, sive tempore, quo cum mro rem hubuerunt, fécondas sive
ZOOSPERMES.
Ceci est évidemment une hypothèse; mais ce qui n’en est point une, ce sont les expériences suivantes, desquelles il résulte que les animalcules spermatiques ont été trouvés vivants par Leeuwenhoek dans la matrice et dans les trompes d’une chienne après l’acte du coït ; voulant répondre aux objections qu’on lui adressait relativement au rôle qu’il attribuait aux animalcules dans la reproduction , et convaincre surtout ceux qui prétendaient qu’aucune partie de la liqueur séminale ne parvenait jusque dans la matrice, il accoupla une chienne avec son mâle à plusieurs reprises pendant deux jours; ensuite il lui donna la mort, et il examina l’intérieur des trompes eu différents points , ainsi que la matrice ; on ne peut rien de plus précis que les passages suivants : « Niido conspiciens ocalo nullum masculiim semen canis in ea esse dicere dehuissern; at eaindem mediante bono micro s copia ^ summœ meœ voluptati iminensam viventium animalculoruni multiludinem ; semen nempe canis mascidum contemplabar. His peractis , dictam aperiebam tiibam , in fine suce crassitiidinis , ac ibidem quoque magnam seminis masculi canis contemplabar copiam, quod semen illic vivebat, et hoc modo quoque
gravidas fieri; sed easdem post oclo , aut decem , itno plures quidem dies, postqimm coiverunt, gravidas passe fieri, quia post aliquot coitus dies ex multis saltem animalculis , unuin animalculum eousque pervenire potest, ut punctum sive ^punctulum istud, animalculum fovendo aptum, atlingat i si enim animalcula plures quam septem intégras dies in tuba vitrea vivere possint, quantum temporis ilia in matrice, his animalculis recipiendis ac fiovendis unice constituta vivere quidem passent? » (Leeuwenhoek, tom. I“, pag. i5o, édit, in-4® de 1722. )
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cum dexlraegi tubâ, ac in eadéni quoque immensam seminis vwentis canis masculi copiarri observait . . i . Materiarn , qua matnx concita est, ohservans , majoran adhuc viventium anintülcülonim copiam deprehendebam. .... »
Plus de trois heures après, Leeuwenhoék répéta ses expériences devant un anatomiste distingué, dit-il, et ils purent encore constater ensemble l’existence d’une grande quantité d’animalcules vivants, quoique le temps fût très-froid; « ac tiim ille adhuc mecum vU débat magnam copiam 'viventium animalculorum. .
Ces expériences établissent d’une manière incontestable la présence des zoospermes vivants dans la ma^ trice et dans les trompes, plusieurs heures après l’acte de l’accouplement : or, cette vitalité n’est-elle pas une condition essentielle à la fécondation, et peut-on supposer que si ces animalcules viennent à être tués par une cause quelconque , cela soit indifférent au résultat qu’ils paraissent chargés d’accomplir? Il n’est guère possible d’admettre une pareille opinion , surtout aujourd’hui , après les travaux de MM. Prévost et Dumas , et les expériences de Spallanzani sur la fécondation des œufs de batraciens avec des animalcules morts ne méritant plus grande confiance.
Et d’après cela, les^ faits que j’ai signalés ne portentils pas à admettre que les altérations de la sécrétion vaginale et utérine jouent un rôle important dans les causes de la stérilité , et que les fluides viciés , sécrétés dans quelques cas par les organes génitaux de la femme, peuvent mettre obstacle à là fécondation , en frappant de mort le liquide fécondant ? De ce point de vue on
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entrevoit quelque lumière dans l’histoire encore obscure de la stérilité j et l’on peut non-seulement espérer de découvrir ses véritables causes dans bon nombre de circonstances, mais même d’y apporter un remède efficace et rationnel.
Je ne veux pas m’arrêter à discuter ici ce que l’on a dit jusqu’à présent sur la stérilité, sur ses causes et sur les moyens d’y remédier; à part ce qui concerne les anomalies anatomiques , les vices de conformation des organes ou leurs altérations profondes, on est dans une complète ignorance sur les causes de la stérilité chez les femmes ; tout ce que l’on a écrit sur les causes générales inhérentes à la constitution , sur les dispositions physiologiques et les tempéraments, est sans fondement, et très-souvent contradictoire; que dire des cachexies scorbutique, vénérienne , scrofuleuse, cancéreuse, des tempéraments lymphatique , sec ou froid, de l’obésité , etc. , que l’on considère dans les livres comme autant de causes de la stérilité, et auxquelles l’expérience vient chaque jour donner un démenti?
Quant aux méthodes de traitement, on sait combien elles sont vaines et ridicules; sans compter la foule de drogues dont le charlatanisme a fait spéculation, toute la matière médicale a été passée en revue, et beaucoup de médicaments ont été pi’éconisés comme merveilleux.
Toutefois, parmi la multitude de causes dont on a fait dépendre la stérilité, il me paraît hors de doute que l’on a dû rencontrer juste quelquefois; mais comme on n’était guidé par aucune observation précise^ comme on raisonnait a priori ^ et pour ainsi dire au hasard.
on a eu le tort de généraliser des faits particuliers, et de confondre ensemble des cas très-différents les uns des autres; je suis loin assurément de prétendre lever tous les mystères qui environnent un pareil sujet , mais il me semble que mes expériences permettront d’agir avec plus de discernement ; ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, la leucorrhée a été mise au rang des causes de la stérilité par la plupart des auteurs , et cette opinion est même assez généralement répandue dans le monde ; il est évident que c’est une erreur, puisqu’une multitude de femmes affectées de flueurs blanches sont fécondes et même très-fécondes; mais s’il y a, comme je l’ai démontré, des différences essentielles dans la nature des produits de la sécrétion vaginale et utérine, si telle espèce d’écoulement leucorrhéique est compatible avec la vie des zoosperraes , tandis que telle autre possède des propriétés mortelles à ces animalcules, on se rendra compte de la diversité des opinions sur l’influence de la leucorrhéè; on comprendra que l’opinion admise par une foule d’observateurs ne peut pas être généralisée comme on l’a fait, mais qu’elle ne doit pas non plus être entièrement rejetée; il s’agit seulement de distinguer les faits. Je ferai une remarque analogue relative aux divers moyens proposés pour combattre la stérilité des femmes ; parmi ces moyens , les eaux alcalines de Vichy ont joui d’une assez grande faveur; or, en considérant que l’humeur sécrétée par le vagin devient quelquefois tellement acide que les zoospermes ne peuvent y vivre , on comprend le succès que ces eaux ont pu avoir dans des cas de ce genre; mais on voit en même temps que ce remède ne peut pas être
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employé indistinctement, et que s’il a pu réussir en diminuant le degré d’acidité du mucus vaginal, il serait tout à fait inutile contre les altérations du mucus utérin qui ne pèche que par un excès contraire, et ne cesse jamais d’être alcalin.
De ces deux causes d’obstacle à la fécondation, la trop grande acidité du mucus vaginal et l’excès d’alcalinité du mucus utérin , qui tuent l’une et l’autre les animalcules, celle-ci m’a paru agir avec plus de force que l’autre ; j’ai voulu me livrer à quelques expériences, dans le but de constater d’une manière directe l’influence des altérations du mucus vaginal et utérin, au moyen des acides et des alcalis, sur la fécondation. De l’eau acidulée a été injectée dans le vagin de plusieurs femelles de lapin , immédiatement avant de les livrer au mâle; et après l’accouplement opéré, elles ont été séparées pendant un mois ; ces femelles sont devenues pleines comme dans les circonstances ordinaires, elles ont mis bas à l’époque accoutumée , et la présence de l’acide n’a paru nuire ni à la fécondation, ni au développement des petits ; ces expériences ont été répétées à plusieurs reprises , sur trois femelles différentes , avec les mêmes résultats.
Mais en observant attentivement ce qui se passe dans l’acte de l’accouplement chez ces animaux , on s’aperçoit qu’avant de s’y livrer, ils pratiquent certaines manœuvres qui annulent l’expérience; les parties sont nettoyées et essuyées de telle façon, qu’il ne peut rien rester des matières étrangères injectées ; peut-être ces préliminaires de l’accouplement sont-ils l’effet d’une prévoyance de la nature et u’ont-ils même pour but que
d’enlever du vagin tout ce qui pourrait nuire à la fécondation, en altérant la vitalité de la liqueur séminale? On aurait pu museler le mâle pour s’opposer à cet inconvénient dans mes expériences, mais je ne l’ai pas fait et je n’ai pas poussé plus loin çes recherches.
N’est-il pas remarquable que les moyens qui paraissent avoir été employés avec le plus de succès contre la stérilité, tels que les bains de mer, par exemple, soient, en même temps qu’ils agissent sur l’économie en général, de puissants modificateurs des sécrétions?