ET DES MOYENS DE RECONNAÎTRE LA PRÉSENCE DE LA LIQUEUR SPERMATIQUE
Il y aurait un long chapitre à faire sur çe sujet , si j’entreprenais de le traiter d’une manière générale et complète; mais je n’en toucherai que quelques points, qui acquièrent un intérêt particulier depuis le travail récent d’un médecin d’une grande réputation, qui vient d’attirer de nouveau l’attention sur cette matière dans un ouvrage consacré aux pertes séminales involontaires,
Ce sujet n’est pas aussi neuf que le dit M. Lallemand dans son livre, et ce que la science possède à cet égard ne se borne pas à ce qu’en a écrit Wickmann en 1782, et aux commentaires de Sainte-Marie^ ; l’observation des pertes séminales remonte bien plus haut, comme on le voit par le passage suivant d’Hippocrate, qui ne laisse rien à désirer :
« La consomption dorsale vient de la moelle épinière, elle est fréquente chez les nouveaux mariés et les libertins. Il ii’y a point de lièvre, l’appétit se conserve, mais le corps tombe en consomption. Si vous interrogez les malades, ils répondent qu’ils sentent comme des fourmis qui descendent de la tête le long de l’épine. En urinant ou allant à la selle , ils rendent beaucoup de semence liquide. S’ils voient des femmes, ils n’engendrent point; ils perdent la semence dans le lit, qu’ils aient
‘ Dissertation sur la Pollution diurne involontaire, trad. du latin, et augmenté de notes par Et. Sainte-Marie, Lyon, 1817, in-8‘’.
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des songes lascifs ou non; ils la perdent à cheval, en marchant, de toute manière. Pour le dire brièvement, ils tombent dans des difficultés de respiration, dans un grand état de faiblesse , avec des pesanteurs de tête et un bourdonnement aux oreilles. Si , dans cet état, ils sont atteints d’une forte fièvre, ils meurent lipyriques , etc. » {Traité des Maladies ^ liv. 1 1 , extrait du Dictionnaire historique de la Médecine y de M. Dezeimeris , art. Hippocrate. )
Les observations du professeur de Montpellier ont principalement porté sur les lésions pathologiques que l’on trouve, d’après lui, chez les individus qui ont succombé à la spermathorrée intense, sur les symptômes généraux qui accompagnent cette affection, et sur son traitement ; il s’est peu occupé des moyens de constater la présence du sperme, de le distinguer de toute autre matière, ou du moins, les caractères qu’il donne sont tout à fait insuffisants ; M. Lallemand ne peut pas croire, en effet, qu’il suffise d’un certain aspect des urines pour affirmer qu’elles contiennent de la semence, et l’on peut s’étonner qu’un médecin aussi distingué s’exprime ainsi, dans une circonstance de ce genre : « L’aspect des urines me prouva que j’avais devine juste ; elles étaient troubles , épaisses , d’une odeur fétide et nauséabonde, semblable a de l’eau dans laquelle des pièces anatomiques seraient restées longtemps en macération. En les transvasant lentement, je vis s’écouler un nuage floconneux, comme une décoction d’orge très-épaisse; une matière glaireuse, filante et verdâtre resta fortement adhérente au fond du vase; enfin des globules épais , d’un blanc jau-
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nâtre et non adhérents^ étaient mêlés a ce dépôts comme des gouttes de pus. Je restai convaincu, dés lors, quil existait, non-seulement une perte séminale, mais encore une inflammation chronique de la prostate et une suppuration des reins.... » Et dans un autre cas M. Lallemand dit encore : a Je trouvai les urines rouges, épaisses, fétides, troublées par un nuage floconneux qui nageait suspendu dans le liquide ; les parois du xase étaient tapissées par une poudre hriquetée ; un sédiment glaireux et filant restait adhérent au fond , etc. »
Tels sont toujours les caractères auxquels M. Lallemand reconnaît la présence de la liqueur séminale dans les urines, et ils lui paraissent même tellement positifs et concluants, que le plus souvent il se contente de dire simplement qu’il reconnut que les urines contenaient du sperme , comme s’il ne pouvait y avoir aucune difficulté à cet égard et qu’il ne fût jamais possible de confondre le dépôt de cette liqueur avec ceux formés par toute autre matière. Or , il suffit d’avoir observé les urines dans un certain nombre de maladies pour savoir qu’il y a une fouie de dépôts de matières muqueuses, purulentes, salines, etc. , qu’il est impossible de distinguer entre eux à la simple vue , et que l’on risquerait de confondre à chaque instant avec de la liqueur séminale, si l’on n’avait pas d’autres moyens d’analyse ; s’il restait des doutes à ce sujet dans quelques esprits et dans celui du savant professeur de Montpellier lui- même, ils seront levés tout à l’heure par des expériences qui démontreront que non-seulement il n’est aucun des caractères signalés par M. Lallemand
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qui appartienne au sperïne eu particulier, mais qtie des urines contenant de la liqueur séminale, même en quantité notable, ne présentent souvent rien de semblable.
J’ai déjà témoigné ailleurs mon étonnement de ce que M. Lallemand ait pu s’occuper d’un pareil sujet à l’époque actuelle, lorsque les observations microscopiques sont si répandues êt rendent chaque jour tant de services, sans appeler à son aide un moyen si puissant et si sûr dans des cas séniblables; je conçois la crainte des illusions microscopiques de la part de certaines personnes prévenues ou peu exercées, lorsqu’il s’agit d’appliquer le microscope à des observations nouvelles, à des sujets nouveaux , à des corps peu connus ; mais pour la liqueur séminale dont tant d’observateurs , depuis Leeuwenhoek jusqu’à nos jours, ont constaté la nature, pour les animalcules quelle contient dont l’existence est unanimement reconnue et dont les formes sont si caractéristiques, on peut considérer sans crainte ce moyen comme infaillible, ou du moins il ne semble pas permis d’entreprendre un travail quelconque sur cette matière sans y avoir recours.
Je me hâté de dire que l’ôubli dê ce procédé, dont il n’est pas fait mention dans ce qui a paru de l’ouvrage de M. Lallemand, n’est point à mes yeux Une raison pour infirmer le résultat dé ses recherches, et pour contester l’exactitude de toutes Ses observations de pertes séminales; plusieurs de ces observations sont curieuses et pleines d’intérêt, et leur auteur a rendu un véritable service en appelant de nouveau l’attention , et d’une manière plus pressante qu’on ne l’avait fait jusqu’ici, sur un sujet du plus grand intérêt pour la pathologie.
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D’ailleurs la présence du sperme dans l’urine n’est pas le seul moyen que l’on ait à sa disposition pour reconnaître la perte séminale ; l’écoulement involontaire de la semence n’a pas toujours lieu avec les urines ; il se produit de différentes manières et dans des circonstances plus faciles à apprécier que lorsque la liqueur se trouve mêlée à une grande quantité d’urine. Déjà Hippocrate a signalé dans le passage que j’ai cité plusieurs de ces circonstances : « Les malades, dit-il, rendent beaucoup de semence liquide en allant à la selle , ils la perdent dans le Ht, en allant à cheval, en marchant , de toute manière , etc. »
M. Lallemand rapporte un grand nombre de cas semblables , et son diagnostic est souvent fondé sur la perte de la liqueur séminale en nature, soit pendant des efforts , soit naturellement et par le seul mouvement de la marche : or, l’on conçoit qu’il est beaucoup plus facile de reconnaître la semence lorsqu’elle est ainsi rendue dans son étal de pureté, que lorsqu’elle est suspendue dans les urines et mêlée à beaucoup de substances d’une autre nature. Il vaudrait mieux sans doute, dans tous les cas, soumettre la matière à l’inspection microscopique avant de prononcer, et pour moi j’avoue que je ne me croirais jamais autorisé à affirmer qu’une substance est du sperme avant de l’avoir examinée au microscope; mais il est surtout important, indispensable de se livrer à ce moyen d’analyse lorsqu’il s’agit de rechercher la liqueur séminale dans une masse de liquide. Cet examen est la base essentielle du diagnostic en pareille matière ; car comme il résulte des travaux de M. Lallemand lui-même que les symp-
tomes de l’affection dont il s’agit se confondent avec ceux de plusieurs autres maladies, avec des lésions du système nerveux en particulier, il est évident que la première chose à faire est de s’assurer que la perte de semence a lieu, et l’on ne peut rien décider avant cet examen préliminaire ; c’est du moins ce qu’ont cru devoir faire les médecins qui m’ont fourni l’occasion de remplir une lacune dans l’histoire des pertes séminales, et ils me paraissent avoir soutenu en cela la bonne réputation que s’est particulièrement acquise la faculté de Paris sous le rapport de l’exactitude du diagnostic.
Avant de parler des faits particuliers de pertes séminales, il ne sera pas inutile de dire quelques mots des procédés que j’ai mis en usage dans la recherche de la liqueur spermatique; il y a quelques précautions à prendre sans lesquelles on arriverait difficilement à la découverte d’une petite quantité de sperme étendu dans une masse de liquide; il faudrait au moins faire un bien grand nombre d’essais avant de rencontrer les animalcules épars çà et là, et d’ailleurs on verra plus tard qu’il n’est pas sans intérêt de pouvoir estimer jusqu’à un certain point la quantité de semence perdue. Je m’occuperai donc surtout des moyens de constater la présence du sperme dans l’urine; c’est en effet la circonstance qui offre le plus de difficultés. Lorsque la semence est rendue en nature et à peu près pure , il suffit de la première inspection microscopique pour reconnaître des centaines de zoospermes.
Ces animalcules ne passant pas au travers du papier, le premier moyen qui s’offre pour les réunir et les séparer de la masse de l’urine , est de filtrer la liqueur ; ils
restent sur le filtre où il est assez facile de les retrouver, en ayant soin toutefois de conserver au fond du filtre une petite quantité de liquide; car si ou laissait écouler toute l’urine et dessécher le papier, on risquerait beaucoup de perdre les animalcules.
J’ai commencé dans mes expériences par employer ce procédé d’après l’avis de M. Dujardin; il m’a bien réussi; mais je préfère le suivant qui est plus rapide, plus commode et en même temps plus sûr.
La pesanteur spécifique des zoospermes étant plus grande que celle de l’urine, ils tombent naturellement au fond des vases par le repos. Je laisse donc tout simplement l’urine que je veux examiner déposer pendant plusieurs heures dans des éprouvettes longues et étroites; quand le dépôt est entièrement formé , je le sépare soit à l’aide d’une pipette, soit par la décantation , et je recherche les animalcules dans ce dépôt en l’examinant successivement et par gouttes étendues sur une lame de verre placée sous le microscope. Pour peu que le liquide contienne de sperme , on ne tarde pas à rencontrer des animalcules dont la forme caractéristique ne peut laisser aucun doute. J’ai éprouvé plusieurs fois qu’une seule goutte de sperme , prise au bout d’une baguette de verre et mise dans plus d’un demi-litre d’urine, permet de retrouver au microscope des quantités notables d’animalcules. Je citerai plus loin quelques exemples remarquables de l’exactitude de ce procédé.
11 y a ici plusieurs remarques à faire sur la manière dont se comportent les animalcules dans l’urine , ou plutôt sur quelques circonstances accompagnant leur présence dans ce liquide, et qui pourraient induire en
erreur ou embarrasser les observateurs ; lorsque les urines contiennent en même temps une grande quantité de sels qui cristallisent et se déposent par le refroidissement et le repos , les zoospermes se recouvrent d’une multitude de petits cristaux, ils se perdent et se confondent au milieu du dépôt , et l’on a quelquefois de la peine à reconnaître leurs formes altérées en apparence; mais il est facile de rendre à l’observation toutes ses conditions favorables, et de lever les doutes; il suffit d’étendre le dépôt d’une quantité d’eau capable de dissoudre les sels, et si l’on n’y parvient pas par ce moyen, de faire chauffer pour débarrasser les animalcules des cristaux attachés à leur corps; on les voit alors reparaître intacts et sans aucune altération de leurs formes.
On s’étonnera peut-être de voir de si petits animalcules résister à ces diverses manœuvres, et surtout à l’ébullition; mais c’est précisément un des caractères les plus remarquables des zoospermes que cette propriété de résister à des agents qui sembleraient devoir anéantir de si petits êtres, et qui détruisent en effet avec la plus grande facilité la plupart d^s autres animalcules. L’organisation des zoospermes, sous ce rapport , est très-curieuse, et se distingue éminemment de celle des infusoires, qui est si fragile; leur faculté de résistance est telle , qu’on les retrouve intacts dans l’eau et dans l’urine, où on les a laissés séjourner peu* daut plus de trois mois; je pense même qu’ils doivent se conserver indéfiniment.
On sent combien cette propriété des zoospermes est importante à considérer dans les recherches dont nous nous occupons ; non-seulement elle rend toute confu-
sion impossible avec toute autre espèce d’animalcules , mais elle permet de rechercher et de retrouver la semence dans l’urine conservée depuis un temps plus ou moins long, aussi bien que dans l’urine fraîche; il m’est arrivé plusieurs fois de constater la présence de la liqueur séminale dans des urines rendues depuis plusieurs jours, qui m’étaient envoyées d’une certaine distance , et au milieu du dépôt très-abondant de diverses matières; il serait tout aussi facile de faire l’analyse au bout d’un temps beaucoup plus long.
J’ai dit que les pertes de semence se produisaient de différentes manières, ainsi que cela a été reconnu depuis Hippocrate jusqu’à M. Lallemand. Je vais entrer dans quelques détails à ce sujet, et tâcher d’apporter un peu plus de précision dans cette matière, de distinguer plus nettement les faits, afin de mieux apprécier leurs conséquences.
Les pertes séminales involontaires peuvent donc se faire , comme on l’a vu , en nature , c’est-à-dire que soit en allant à la garde-robe, soit en montant à cheval, soit en faisant quelque effort, soit de toute autre manière, la liqueur spermatique s’écoule en plus ou moins grande quantité par l’urètre , en conservant à peu près toutes ses propriétés ordinaires. On trouve dans les auteurs, et en particulier dans l’ouvrage deM. Lallemand, plusieurs cas de ce genre , et j’en rapporterai moi-même quelques-uns.
La perte de semence peut avoir lieu la nuit , au milieu de rêves lascifs; c’est ce qui constitue les pollutions nocturnes : portées à un certain degré de fréquence, ces perles peuvent devenir une cause d’affaiblissement
COURS DE mCROSCOPIE.
et de maladies, tandis que dans un degré modéré, chez un individu robuste et continent, «eZ/ej- produisent, comme le dit M. Lallemand , un effet analogue aux épistaxis, si communes et si utiles dans le jeune âge; mais elles peuvent devenir excessives, survivre au besoin par une sorte d’habitude; elles ont alors, comme les Hémorragies nasales , des inconvénients proportionnés a leur fréquence, a leur abondance, a la constitution du sujet , etc. y) Enfin l’évacuation du sperme peut avoir lieu sans érection et sans aucune sensation pendant l’émission des urines, ou du moins la semence se trouve mêlée aux urines sans que l’on puisse encore dire , dans tous les cas , si les urines ne font qu’entraîner en passant la liqueur déposée dans l’urètre, ou si la semence reflue dans la vessie; ce dernier cas se présente lorsqu’il y a disposition vicieuse des canaux éjaculateurs, comme l’a observé Lapeyronie. ( Mémoire de V Académie de chirurgie , tome I®*’. )
Mes recherches ne me permettent pas d’affirmer que ce soient là les seules manières dont se fassent les pertes de la semence; mais, d’après les auteurs et d’après mes propres observations, ce sont là réellement les trois formes principales de pertes séminales. M. Lallemand en admet une quatrième , mais qui me semble rentrer dans la catégorie des pollutions nocturnes excessives. « Un état d’irritation, persistant dans
les organes spermatiques apres des excès de coït ou de masturbation , peut entretenir une sécrétion exagérée de matière séminale , et provoquer des éjaculations précipitées, sous l’irfluence d’ érections incomplètes et presque sans plaisir, etc, »
Il semblerait que ces différentes espèces de pertes doivent se confondre le plus souvent entre elles et exister simultanément chez le même individu ; il n’en est rien pourtant, et l’on volt tel malade perdre la semence avec les urines sans avoir jamais ni pollutions nocturnes, ni évacuation de sperme en allant à la selle, et tel autre , au contraire , rendre une quantité notable de semence dans les efforts, sans qu’il s’en trouve ordinairement dans les urines , etc.
M. Lallemand pense que les différents aspects sous lesquels peuvent se présenter les pertes séminales ne sauraient être séparés ni en théorie ni en pratique , parce que, dit-il, toute évacuation exagérée de sperme est susceptible de produire les mêmes effets sur V économie, de quelque manière quelle ait lieu, Nous sommes de l’avis du savant professeur de Montpellier ; toutefois il y a , suivant nous, une distinction à faire entre les pertes séminales involontaires dont on a conscience, qui se produisent avec sensation, et celles qui ont lieu insensiblement et sans que le malade s’en aperçoive ; du moins les faits que nous avons eu l’occasion d’observer jusqu’ici , bien moins nombreux à la vérité que ceux de M. Lallemand , sont favorables à cette manière de voir, et portent à penser que généralement la perte insensible de sperme, non déterminée par des efforts, est un cas plus grave que les évacuations nocturnes dont on a conscience , quelque répétées qu’elles soient.
Pour bien apprécier l’importance que l’on doit attacher à la présence de la liqueur séminale dans l’urine , il était nécessRire d’abord de s’assurer par de nouvelles
recherches s’il ne s’en trouve jamais dans celle des individus en parfaite santé, et ensuite de tâcher d’estimer approximativement la quantité qui peut s’en écouler dans un temps donné; il fallait, en un mot, se mettre en état de répondre à la question suivante : suffit-il de la plus petite proportion de sperme dans les urines pour constituer la perte séminale , et peut-on attribuer au moindre écoulement involontaire de la semence une influence notable sur le trouble des fonctions de l’économie?
Je me suis assuré, par un grand nombre d’expériences, que les urines, dans l’état normal , et à moins de circonstances dont je parlerai tout à l’heure, ne contiennent jamais de sperme; l’exactitude du procédé que j’emploie me permet de poser cette règle d’une manière positive , car on se rappelle qu’il suffit d’une goutte de semence prise au bout d’une baguette de verre et étendue dans plus d’un demi-Utre d’urine, pour permettre de retrouver des animalcules; mais il est des circonstances où l’on est sûr de rencontrer une certaine quantité de sperme dans les urines, sans que cela puisse être attribué à un état de maladie ; cette quantité est ordinairement très-petite, et prouve encore combien la présence des animalcules échappe difficilement à un examen méthodique et attentif.
Lorsqu’il y a eu émission de sperme d’une façon quelconque, soit par pollution, soit dans l’acte du coït, soit enfin de toute autre manière , la première évacuation d’urine qui se fait à la suite contient toujours de la semence, et l’on y retrouve des animalcules; la petite quantité de sperme restée dans l’urètre est en-
traînée par le passage de l’arine et se mêle avec elle dans le vase ; hors ces circonstances , jamais, je le répète, je n’ai pu trouver la moindre trace de liqueur séminale dans l’urine, si ce n’est dans les cas de perte de semence ; aussi je crois que l’on doit attacher une grande importance à la présence du fluide spermatique, même en très-petite proportion, excepté dans les circonstances particulières que je viens de signaler, puisque cette proportion , quelque petite qu’elle soit , indique, dans l’état ordinaire , l’existence d’un flux insensible et prohablement continuel de liqueur séminale.