LAIT MÉLANGÉ M SANG
Il est une autre espèce d’altération du lait que je n’ai pas encore rencontrée chez la femme mais que les animaux m’ont offerte plusieurs fois ; c’est un mélange de sang avec le lait; deux ânesses m’ont été indiquées par M. Damoiseau comme fournissant du lait altéré, quand elles étaient trop fatiguées ou que l’on poussait la traite trop loin ; ce lait avait une légère teinte rousse ; je l’examinai au microscope , et je découvris au milieu des globules laiteux un certain nombre de globules sanguin^, reconnaissables à leur forme et même à leur couleur jaune qu’ils conservaient parfaitement ; un peu d’ammoniaque fit entièrement disparaître ces globules, et ceux du lait restèrent seuls intacts. Ce lait, après un repos de plusieurs heures, laissait déposer à la partie inférieure du flacon du sang pur et d’un beau rouge ; les premières portions
‘ Le 9 mars i84i , M. Dubois m’envoie vers le milieu de la journée un échantillon de lait, elle soir un second échantillon.
Je réponds que ces deux laits sont riches en globules laiteux de moyen diamètre, qu’ils sont mélangés de quelque corps granuleux et de globules muqueux, puis de quelques rares globules san^ guins ; qu’ils sont d’ailleurs très-semblables l’un à l’autre.
Et en effet, ce lait provenait de la même femme accouchée depuis 12 jours, et dont l’enfant languissait par une cause dont M. Dubois ne pouvait pas se rendre compte autrement qu’en supposant le lait de mauvaise nature ; on voit en effet que ce lait contenait des corps granuleux de colostrum.
Les globules de sang provenaient d’une petite fissure du mamelon.
L’enfant est changé de nourrice ; en quelques jours les selles qui étaient vertes, liquides et fréquentes, redeviennent naturelles.
données par l’animal au commencement de la traite^ et qui passaient pour très-pures , contenaient également quelques globules de sang.
Parmi les maladies dignes d’attirer mon attention , sous le rapport de leur influence sur la composition du lait des nourrices , il en est une qui méritait un examen particulier, à cause de sa nature contagieuse et de la facilité avec laquelle elle se transmet des nourrices aux enfants; je veux parler de l’affection syphilitique.