LE CHYLE ET LA LYMPHE
Nous ne pouvons rien faire de mieux, pour faire con-^ naître cette substance dans les différentes circonstances physiologiques où elle se présente , que de citer les observations suivantes de MM. Gruby et Delafond; ces observations s'accordent parfaitement avec le peu de recherches que nous ayons faites nous-même à ce sujet, et elles nous semblent donner une idée très-nette et très-juste de la composition du chyle, sur laquelle on a professé beaucoup d'erreurs jusqu'ici.
D'après MM. Gruby et Delafond « le chyle pris , l'ani^ mal étant à jeun, dans les vaisseaux chylifères des parois de l'intestin grêle et du mésentère , avant l'entrée de ces vaisseaux dans les ganglions, et après leur sortie de ces organes , contient un liquide qui , vu au microscope, est composé de quelques globules granulés, na-
'«0 COUKS DE MICIIOSCOPIE.
gcant dans un liquide parfaitement limpide, et semblables aux globules que l'on rencontre dans un vaisseau lympbatique quelconque du même animal.
« Le chyle pris dans les mêmes points, pendant la cliylification d'un animal alimenté avec des substances animales ou végétales, contient un liquide blanchâtre, lactescent, composé de quelques globules granulés, identiques avec ceux circulant dans les vaisseaux lymphatiques ordinaires , et nageant dans un liquide blanc, opalin, composé d'une infinité de molécules d'une petitesse extrême, paraissant avoir un millimètre de diamètre.
« Le chyle examiné dans le canal thoracique d'un animal vivant et à jeun , est transparent, incolore, et composé de quelques globules granulés qu'on rencontre dans les vaisseaux lymphatiques , et nageant dans un liquide homogène et aqueux.
«Le chyle pris dans le même point chez un animal vivant bien nourri et digérant des substances animales ou végétales, est blanc , opalin, non coloré en rouge, et composé de quelques globules granulés, semblables aux globules de la lymphe ordinaire , lesquels nagent dans un liquide blanc, opalin, formé d'une infinité de petites molécules semblables à celles qui ont été indiquées comme existant dans les vaisseaux chylifères de l'intestin et du mésentère.
« Dans le véritable chyle on ne rencontre aucun des globules signalés par les physiologistes.
Le chyle circulant dans le canal thoracique ne diffère du chyle pris dans les vaisseaux chylifères des parois de l'intestin et du mésentère, avant leur arrivée aux
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ganglions, que par un plus grand nombre de globules de lymphe , qui lui sont apportés par les lymphatiques proprement dits, lesquels viennent se rendre dans le réservoir sous-lombaire.
« Le chyle tel qu'il a été décrit entre dans le sang.
« Le chyle des animaux étant à jeun etpendant la vie, lorsque la circulation du canal thoracique est interrompue , coagule en donnant un caillot composé d'une substance fibriliaire très-mince et très-transparente , renfermant des globules de lymphe granulés, dont il a déjà été question , et un liquide incolore très-clair, ne renfermant aucun globule ni molécule visible.
« Le chyle d'un animal vivant, pris pendant la chylifîcation, coagule dans les n)êmes circonstances, et donne également un caillot et un liquide : le caillot est blanc, opalin et renferme, outre quelques globules de lymphe et la substance filamenteuse, une énorme quantité de petites molécules dont il a été question; le liquide est blanc, lactescent et composé d'une grande quantité des mêmes molécules sans globules quelconques.
ce La coloration eu rouge ou en jaune du chyle contenu dans la partie terminale du canal thoracique , est due aux reflux du sang de la veine dans laquelle ce canal vient se terminer.
«Le chyle lactescent d'un animal vivant, ainsi associé à une quantité de sang veineux, contient, indépendamment des éléments ci-dessus énoncés , des globules de sang.
«Ce dernier chyle, mis en repos en contact avec l'air, forme un caillot légèrement rougcatre à sa surface , et donne un liquide blanc et opalin ; la couleur i-ougcàtre
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est (Ilu! à (les globules du sang emprisonnés clans le caillot et qui subissent le cbangement ordinaire des globules sanguins exposés à l'air; ce qui tend à prouver qu'il en est ainsi , c'est que le liquide qui s'écbappe du caillot et qui ne contient pas de globules du sang, conserve sa couleur blancbe opaline.
« Le cbyle blanc du canal tlioracique pur qui ne contient pas de globules du sang, ne se colore point en rouge après sa coagulation. »