‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales [electronic resource]Chapitre 114 sur 129 · OEIL · texte numérisé non relu

OEIL

DES OBJETS APPARTENANT A 1,'œiL MÊME DE L'oBSEnVATEi r. , ET QUI PEUVENT ÊTRE CONFONDUS AVEC LES OBJETS RÉELS QUE l'oN EXAiMINE AU MICROSCOPE.

On connaît les mouches volantes ^ les filaments qui passent devant les yeux, qui semblent voltiger dans l'air quand on regarde le ciel, et qui dépendent de l'organe même de la -vision ; tout le monde a plus ou moins de disposition à voir ces objets, et quelques per- • sonnes en sont affectées au point de s'inquiéter, de se croire menacées de cataracte ou de quelque autre trouble de la vue; il est bon de savoir à quoi s'en tenir sur ces objets, afin de rassurer les personnes qui s'exagèrent l'inconvénient de cette circonstance, et qui croient être atteintes d'une infirmité qui n'est qu'une disposition générale et universelle; mais les mouches volantes intéressent particulièrement les micrographes et surtout les débutants, qui ne savent pas toujours distinguer ce qui vient de leur œil de ce qui appartient à l'objet examiné; rien de plus commun , par exemple, que d'attribuer un mouvement à des objets immobiles, uniquement par suite du déplacement de ces petits filaments en forme de chapelets qui voltigent entre l'œil et le champ du microscope. Nous devons donc faire une étude spéciale de ces particules sous le rapport de leur cause, de leur nature, et des formes qu'elles affectent ordinairement.

Quant au premier point, on ne peut leur attribuer d'autre origine et d'autre siège que l'œil lui-même, et d'autre nature que celle de certaines parties constituantes de l'organe de la vision; ce n'est ni dans l'es-

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pace qu'exislcnt ces objets, ni dans les matières que l'on examine; on peut s'en assui-er en passant la main devant soi, en agitant l'air dans le point qu'ils semblent occuper, en les considérant dans diverses directions et dans divers points du ciel, ou bien en regardant dans un microscope éclairé, mais dépourvu d'objets à examiner; on remarquera que ces particules suivent tous les mouvements des yeux, et qu'elles conservent toujours les mêmes formes. Appartiennent-elles aux parties extérieures du globe oculaire, sont-elles dans les larmes qui lubrifient la surface de l'œil, ainsi qu'on a voulu le prétendre? assurément non, car les frottements exercés sur les yeux, ne cbangent rien à ces filaments, dont la disposition et la forme sont à peu près constantes dans cbaque individu.

Il est beaucoup plus probable que ce sont les parties intérieures, les globules de quelqu'une des humeurs internes que l'on aperçoit dans son propre œil; et ce n'est pas seulement parce que nous trouvons, dans les humeurs de l'œil , des globules à peu près semblables pour l'aspect à ceux dont se composent ces filaments , que nous émettons cette opinion; mais où placer le siège de ces particules, de ces filaments, lorsque nous voyons qu'ils suivent tous les mouvements que l'on imprime au globe oculaire, qu'on augmente à volonté leur dimension en regardant près ou loin dans l'espace, et que rien de ce qui vient changer les circonstances extérieures, n'a d'influence sur la forme et la disposition de ces mouches volantes?

Dans tous les cas, et quels que soient le siège et la nature de ces corps, toujours est-il que chacun les voit,

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