‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales [electronic resource]Chapitre 115 sur 129 · OEIL · texte numérisé non relu

OEIL

qu'ils sont plus ou moins apparents, plus ou moins opaques, qu'ils existent en plus ou moins grand nombre, suivant les individus, et que leur étude présente de l'intérêt, au point de vue surtout de l'observation microscopique.

Nous n'avons parlé jusqu'ici de ces corps qu'en général, mais nous devons entrer dans les détails de leur structure, établir des distinctions, des catégories entre eux, attendu qu'ils sont de plusieurs espèces.

Les mouches volantes, les filaments, les toiles d'araignée, existent dans tous les yeux, et je n'ai encore rencontré personne qui ne se plaignît d'en être affecté à un plus ou moins haut degré; c'est le premier objet que l'on aperçoit dès que l'on s'occupe du phénomène que nous étudions, et rien n'est plus facile que de le faire apparaître. 11 suffit de cligner les yeux en regardant un point bien éclairé , un mur ou mieux des nuages blancs, un globe de lampe, la flamme même d'une bougie , pour distinguer ces filaments avec la forme qui leur est propre dans chaque individu; ils passent devant les yeux en s'abalssant , en tombant pour ainsi dire vers la partie la plus déclive, et si on les examine avec attention, on voit que ces filaments ne sont pas simples dans leur structure; ils paraissent composés de petits globules fixés à une certaine distance les uns des autres, et pour donner une idée juste de leur apparence, on dirait de petits vaisseaux contournés sur euxmêmes, en partie vides et en partie remplis de petits globidcs arrêtés et immobiles ; aucun signe de mouvement, de circulation ne se manifeste dans l'inléiieur de ces espèces de canaux, T.a Jig. 83 représente l'aspect

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que ces filaments affectent dans l'un de mes yeux et dont la disposition est stable.

La meilleure manière d'observer ces filaments est de regarder, à travers un trou d'épingle percé dans une carte, un point bien éclairé. Ces filaments viennent fréquemment s'interposer entre l'œil de l'observateur et le champ du microscope, dans lequel on cherche de petits objets, et gêner l'observation ou simuler des mouvements dans la matière que l'on examine.

Certaines personnes, non pas toutes, découvrent par ce même procédé, d'autres globules d'un aspect remarquable, composés de deux anneaux concentriques dont l'interne est très-prononcé, très-noir, et avec un point brillant au centre {fig. 84); ces globules rares et dispersés sont libres et non liés entre eux; ils n'occupent pas toujours le même point dans le champ de la vision; tantôt on n'en trouve aucun, tantôt on en voit passer plusieurs, et il arrive souvent qu'un d'entre eux vient se fixer dans l'axe même du rayon visuel, de manière à gêner beaucoup la vue lorsqu'on veut étudier de très-petits détails au microscope; lorsque cette circonstance se présente et surtout lorsqu'on est une fois préoccupé de ces petits corps, qui accompagnent l'œil dans tous ses mouvements, marchant à droite, à gauche, en haut, en bas, suivant qu'on porte l'œil dans ces différentes directions , il faut renoncer pour le moment à l'observation microscopique et la reprendre un peu plus tard.

Enfin, en considérant avec encore plus d'attention le champ de la vision à travers un trou d'épingle, ainsi que nous l'avons dit, on voit que ce champ tout

OEIL. 489 entier est rempli par de très-petits globules, très-ti'ausparents, serrés les uns contre les autres {fig. 85) et occupant absolument tout l'espace que la vue embrasse. Tout le monde ne réussit pas du premier abord à voir cette dernière espèce de globules, et il faut quelquefois des observations répétées pour les découvrir; il est donc inutile de dire que ces globules ne viennent jamais gêner ni troubler l'observation microscopique.

Tels sont les différents objets qui apparaissent en certaines circonstances au-devant de l'œil, et qui font illusion aux débutants; il suffit d'être averti pour échapper à cette cause d'erreur; rien de plus facile en effet que de distinguer ces apparences de la réalité; on peut toujours s'assurer qu'elles dépendent de l'œil en remarquant qu'elles suivent tous les mouvements de cet organe, qu'elles sont liées à toutes ses évolutions, qu'elles subsistent indépendamment des objets en expérience, et que par conséquent elles n'appartiennent pas à la matière placée sur le porte-objet du microscope.

Maintenant si on me demandait mon opinion sur le siège de ces corpuscules voltigeants, sur le point de l'œil qu'ils occupent, je dirais que suivant moi, c'est à la capsule antérieure du cristallin, à l'humeur de Morgagni et au cristallin lui-^même qu'il faut les rapporter ; mais ce n'est là qu'une opinion.

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